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Didier Trono, membre de la Task Force Covid de la Confédération: «L’idée de bloquer certains pays s’avère peu judicieuse»
Didier Trono, membre de la Task Force Covid de la Confédération: «L’idée de bloquer certains pays s’avère peu judicieuse»Image: Shutterstock/Keystone/montage watson
Interview

Pourquoi la Suisse n'interdit pas les vols vers l'Inde ou le Brésil?

La Suisse n'interdit aucun trajet en avion vers un pays fortement touché par le virus. Le virologue Didier Trono, membre de la Task Force, nous explique pourquoi.
04.05.2021, 11:5904.05.2021, 14:49
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Le Canada et le Maroc ont fermé leurs liaisons aériennes avec l'Inde et la France l'envisage. Pourquoi pas la Suisse?
Didier Trono: Nous faisons face à des situations rapidement évolutives, où le variant qui porte le nom d’un pays se retrouve très vite dans beaucoup d’autres pays que celui en question. Ce qu’on appelle le variant indien, on le trouve à Singapour, dans plusieurs pays d’Europe, etc. On l’a vu aussi avec le variant anglais: lorsque nous avons voulu fermer les allées et venues, c’était déjà trop tard. L’idée de bloquer certains pays s’avère donc peu judicieuse au regard de la manière dont les choses se passent. Une utilisation habile des mesures de quarantaine apparaît préférable.

Qu'en est-il du variant brésilien? Des voix s'élèvent pour une stratégie européenne commune de lutte contre cette forme de virus plus contagieuse.
Nous avons en Suisse depuis un bon moment des infections au variant dit brésilien, mais elles sont à chaque fois bien contrôlées. Les mesures de quarantaine (10 jours d'isolement, et un test peut être fait après 7 jours) s'appliquent comme pour tous les pays à risque. Nous n'avons pas affaire à un variant qui se propagerait avec une contagiosité telle qu’il entrerait en compétition avec les autres. Et les vaccins administrés à l'heure actuelle sont efficaces contre les variants qui sont en train de circuler. Je dirais donc que la situation est maîtrisée, même si elle demande la plus attentive des surveillances.

On a parfois l'impression que la Suisse, et notamment la Task Force, réfléchit seule dans son coin. C'est vrai?
Non, nous avons au sein de la Task Force des contacts réguliers avec celles de nombreux autres pays. Tous ces groupes se trouvent dans la même situation que le nôtre: il y a des données scientifiques, des discussions et ce qui en ressort est de l'ordre de la recommandation et non de la décision, qui elle est politique.

Le fait que nous ne soyons pas tous alignés sur les mêmes recommandations s'explique déjà par la diversité des profils qui sont ceux d'une task force. Aussi, les écarts entre pays tiennent à des différences de sensibilités locorégionales, d'une part, et de situations sanitaires, d'autre part. Par exemple, le taux de personnes les plus fragiles à avoir pu se vacciner est déterminant. Face à l'incertitude de cette crise, seuls le pragmatisme et l'humilité sont de mise.

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source: sda / clemens bilan
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Péril Jeune Océane

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