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Interview

Trop d’initiatives sur le climat «peut décourager le corps électoral»

Notre expert est formel: la multiplication des initiatives qui touchent au climat ou à l’environnement ne risque pas de lasser la population. Du moins à court terme…



La nouvelle initiative lancée par les Jeunes vert.e.s est la dernière d’une longue série de textes touchant au climat ou à l’environnement. Cela ne risque pas d’être contreproductif pour la cause climatique? Que nenni, estime Roberto Di Capua, politologue à l’Université de Lausanne. Quoi que…

Est-ce que la multiplication des initiatives qui touchent de près ou de loin au climat risque d’être contreproductive pour la cause climatique?
Roberto Di Capua: D’un point de vue démocratique, on ne peut jamais dire qu’il y a «trop» d’initiatives populaires. Je m’explique: l’initiative est un outil de la démocratie directe qui doit permettre au corps électoral d’exprimer sa volonté en outrepassant leurs représentants, mais aussi de faire pression sur ces derniers.

Ainsi l’initiative peut constituer un outil d’innovation politique mais également de mise sous pression des élus: une initiative qui est refusée dans les urnes ne se traduit pas nécessairement en un échec politique ipso facto, dans la mesure où elle peut pousser les élus à devoir mettre à l’agenda certaines questions ou à prendre position sur une thématique initialement rendue visible par une initiative.

C’est donc une façon de maintenir une thématique dans l’agenda politique…
En effet, la multiplication des initiatives sur un sujet ne peut qu'accentuer cet effet de pression sur les représentants. Ce n’est pas forcément contreproductif, que cela soit pour la «cause» climatique ou pour toutes autres questions.

Mais bon, le peuple peut dire non et ne plus avoir envie qu’on lui pose des questions proches régulièrement.
Il ne faut pas uniquement voir l’initiative comme un outil qui permet strictement l’expression de la population votante, mais il faut également la voir comme un outil politique visant à populariser des enjeux et dévoiler des intérêts sociaux divergents.

Donc aucun risque à voir une population lassée?
Le taux de participation politique étant déjà relativement bas en Suisse, il y a bien un risque que la multiplication d’initiatives sur un même sujet puisse à terme décourager le corps électoral, surtout si ces initiatives se ressemblent ou que la population n’arrive pas à se sentir directement concernée. L’intérêt ou le désintérêt dépendra donc surtout du contenu de ces propositions et de l’impact positif ou négatif qu’elles pourront avoir sur la vie quotidienne des gens.

Je peux ainsi admettre qu'à moyen terme il y a un risque que la multiplication d’initiatives sur la question climatique puisse produire du désintérêt sur ces questions: une partie importante de la population a sans doute envie que la politique se soucie davantage de ses conditions de vie quotidienne et de problèmes qui l'affectent souvent plus directement (coût du logement ou des transports, conditions de travail, qualité du système de santé, etc.).

Il faut donc garder la même thématique, mais en parler autrement?
Le maintien de l’intérêt sur les questions climatiques, surtout pour les couches de la population qui ont tendance à moins participer politiquement, dépendra surtout de la capacité de ces initiatives à lier leurs propositions à des problèmes quotidiens de la population, sans chercher à les moraliser ou à les culpabiliser. L’initiative visant à promouvoir la gratuité des transports publics sur le sol vaudois peut être un bon exemple à ce niveau.

Le covid est toujours là…

Vidéo: watson

Et les ouragans aussi…

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L'ouragan Henri submerge les Etats-Unis
source: sda / cj gunther
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