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Salon de l'Auto de Genève: «Nous avons dû réduire la voilure»

L'édition de 2019.
L'édition de 2019.Image: KEYSTONE
Interview

«Nous avons dû réduire la voilure»: le patron du Salon de l'auto se confie

Le Salon de l'auto revient à Genève après quatre ans d'absence et une édition réduite. Son directeur Sandro Mesquita explique ce choix et pourquoi plusieurs marques ne vont pas venir.
22.02.2024, 18:46
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Plus compact, plus court, plus petit. Le Salon international de l'automobile de Genève (GIMS) revient sur les rives du Léman la semaine prochaine avec un format réduit, après quatre ans d'absence et une édition organisée au Qatar en 2023.

La nouvelle édition «marque une évolution profonde dans l'approche du Salon», assurent les organisateurs. Le GIMS 2024 «se réinvente» et mise «plus que jamais» sur l'expérience, en proposant notamment aux visiteurs des ateliers thématiques. Reste que très peu de constructeurs ont répondu à l'appel: une trentaine d'exposants contre 70 à 90 par le passé. A l'exception de Renault et de Dacia, les principaux acteurs de la branche ne feront pas le déplacement. Une semaine avant l'ouverture, nous avons posé quelques questions à Sandro Mesquita, directeur général du Salon.

L'édition 2024 du GIMS présente un nombre de marques réduit et met en avant l'expérience des visiteurs. S'agit-il d'une volonté ou d'une adaptation à des circonstances défavorables?
Non, ce sont des changements souhaités. Le nouveau concept a été développé avant qu'on le présente aux marques et qu'on ait le résultat des inscriptions. La direction que nous avons donnée au Salon a été décidée il y a plusieurs mois déjà.

Qu'est-ce qu'a motivé ce changement?
Deux éléments, essentiellement. Nous avions senti, avant la pandémie déjà, que les salons automobiles commençaient à s’essouffler, et Genève ne faisait pas exception. L'édition qu'on avait préparée en 2020 devait par ailleurs marquer un changement important.

«Malheureusement, nous n'avons pas pu le démontrer, parce que le Conseil fédéral a annulé la manifestation trois jours avant l'ouverture. L'édition 2024 marque donc une continuité»

Et le deuxième?
Les marques nous avaient demandé de faire des efforts pour réduire les coûts, pour rendre leur participation plus attractive en termes de budget et pour qu'il y ait un meilleur retour sur investissement. Nous avons pris des mesures dans ce sens, et avons réduit la voilure. Tant au niveau du nombre de jours, passés de douze, avec les journées presse, à sept, qu'au niveau de la taille de la manifestation, réduite à trois halles.

Sandro Mesquita dirige le Salon international de l'automobile de Genève depuis mai 2020.
Sandro Mesquita dirige le Salon international de l'automobile de Genève depuis mai 2020.Image: GIMS

Au-delà de quelques exceptions, les principaux acteurs de la branche ne seront pas de la partie. Pourquoi?
Pour qu'une marque décide de venir à un salon, il faut que le concept soit attractif, mais également qu'elle ait une nouveauté à présenter et le budget pour venir. Il faut être honnête: nous avons été absents depuis quatre ans et sommes sortis des radars des constructeurs. De grands groupes ont décidé de venir au Qatar, mais pas à Genève.

«D'autres se sont désinscrits, soit parce que le véhicule qu'ils voulaient présenter n'était pas prêt, soit parce qu'ils ont eu des restrictions budgétaires»

Cette situation reflète une certaine fragilité caractérisant le secteur automobile. Ce dernier est actuellement confronté à beaucoup de changements, et ces incertitudes se répercutent sur notre organisation. Quelque chose qui était presque acquis par le passé, avec les marques qui revenaient chaque année, ne l'est plus vraiment. Nous devons nous adapter.

Avez-vous des regrets en ce qui concerne certaines marques qui ont décidé de ne pas venir?
Non, je n'ai pas de regrets particuliers, la décision finale revient aux marques, c'est leur choix. En tant que directeur du Salon, j'aurais évidemment voulu accueillir plus de fabricants, mais maintenant il faut se focaliser sur ceux qui sont là. Je voudrais souligner que, même s'il y a moins de marques, elles ont toutes des exclusivités à présenter. Cela fait partie de l'ADN de Genève, c’est très important pour moi. De plus, nous avons une large majorité de nouveaux exposants, ce qui démontre que l'on exerce toujours un attrait, et que beaucoup de nouveaux acteurs arrivent sur le marché automobile.

Vous avez dit que vous êtes sortis du radar des marques. Qu'en est-il des visiteurs?
Je pense que la situation est différente pour les visiteurs. Nous constatons que nous pouvons compter sur une large base de fans. Il s'agit de passionnés de l'automobile et ils se réjouissent beaucoup de venir. Une journée affiche déjà presque complet. Je sens de l'impatience, de l'engouement. Il y a un intérêt de la part du public, et je pense que c'est important que les marques le comprennent.

«Aujourd’hui, on oppose souvent les salons aux plateformes digitales, mais il s'agit de deux dimensions complémentaires. Les salons restent un lieu d'émotion»

Quel est votre objectif?
Nous misons sur 200 000 visiteurs. Comme je vous le disais, le Salon sera plus compact par rapport au passé. Nous avons donc des ambitions plus réduites en termes de public. Mais ce n'est pas la taille qui compte, c'est la qualité. L'objectif n'est pas forcément de grandir tout de suite, mais de garantir la qualité de la manifestation.

La dernière édition prévue à Genève a été annulée à cause des restrictions sanitaires. Pourquoi avez-vous attendu quatre ans avant de revenir?
Organiser une édition en 2022 aurait été trop dangereux, la pandémie battait encore son plein. On aurait pu effectivement revenir en 2023. Je l'aurais souhaité et j'avais beaucoup poussé pour que ce soit le cas. Le comité en a décidé autrement, en choisissant de donner la priorité au Qatar. C'est un choix que je respecte.

2019: la dernière édition genevoise du Salon.
2019: la dernière édition genevoise du Salon.Image: GIMS

La survie du Salon a-t-elle été en question, pendant la pandémie?
Il y a eu un vrai questionnement. Quand j'ai pris mes fonctions, en mai 2020, j'ai constaté qu'il n'y avait plus assez de liquidités pour lancer une nouvelle édition. J'ai donc dû chercher des solutions. Il faut être clair: sans le partenariat avec Qatar Tourisme, on n'aurait pas pu revenir. Grâce à cette opportunité, nous nous sommes étendus à l'étranger, mais elle nous a également permis de relancer Genève.

Quelle sera la place de la mobilité électrique dans la prochaine édition du Salon?
Le Salon est le miroir du marché et, en ce sens, l’électromobilité occupe forcément une place prépondérante. La large majorité des acteurs que l'on accueille sont tous très impliqués dans la mobilité électrique, et beaucoup des nouveautés présentées seront liées à l'électrique. Cela dit, nous n'avons pas le souhait d'être un salon avec une thématique technologique unique.

«Nous voulons nous adresser au secteur automobile dans son entier et présenter toutes les nouvelles technologies disponibles»

Vous misez sur l'expérience. Vendre des voitures sera-t-il toujours important?
Oui, beaucoup. Je sens que les marques participantes viennent avec des objectifs de vente. C'est donc un élément qui sera très présent, cette année comme à l'avenir. Nous n'avons jamais interdit la vente de voitures sur le Salon, ça a toujours été une décision des exposants. Par contre, nous ne sommes pas qu'un show room. L'expérience reste importante.

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