Frappes en Iran: les radars montrent un étrange évitement de la Suisse
Depuis le début des frappes américaines contre l’Iran, un détail attire l’attention des observateurs du trafic aérien militaire: de nombreux appareils américains contournent systématiquement l’espace aérien suisse. Comme le rapporte 24 heures, des ravitailleurs et avions de transport de l’US Air Force dessinent régulièrement un large arc autour de la Suisse – et de l’Autriche – lorsqu’ils se dirigent vers le Moyen-Orient.
Les trajectoires observées ces derniers jours concernent notamment des chasseurs F-15E Strike Eagle partis de la base britannique de Lakenheath. Selon les données de suivi relayées par le site spécialisé Itamilradar, ces appareils ont traversé l’Europe du Sud pour rejoindre le Moyen-Orient, accompagnés d’avions ravitailleurs KC-135 et KC-46A Pegasus chargés d’assurer leur ravitaillement en vol.
Les données radar analysées par les observateurs montrent que ces appareils semblent suivre des itinéraires tracés pour éviter l’espace aérien suisse. Les ravitailleurs jouent un rôle central dans ce dispositif: ils permettent aux chasseurs de parcourir de longues distances tout en arrivant dans la zone d’opérations avec une pleine capacité de mission, analyse le site spécialisé.
Et hop, un exemple de contour 👇
Cette prudence s’explique aussi par les règles suisses en matière de survols militaires. En Suisse, les aéronefs militaires étrangers doivent obtenir une autorisation de l’Office fédéral de l’aviation civile (Ofac). Lorsque la demande concerne la préparation ou le soutien d’opérations militaires, la décision revient au Conseil fédéral.
C'était cette semaine 👇
Pour la spécialiste en droit international Evelyne Schmid, citée par nos confrères de 24 heures, plusieurs éléments suggèrent que le droit de la neutralité pourrait s’appliquer. L’ampleur des moyens engagés, l’intensité des destructions et l’extension géographique du conflit sont, selon elle, des indices d’un niveau de violence élevé.
Du coup, il a décidé quoi le gouvernement?
Le conseiller fédéral Ignazio Cassis (PLR/TI) se montre toutefois prudent. Interrogé par la chaîne alémanique SRF, le chef de la diplomatie suisse estime qu’il est encore trop tôt pour déterminer si les conditions permettant d’invoquer le droit de la neutralité sont réunies. Si tel devait être le cas, l’espace aérien suisse serait fermé aux avions militaires américains.
En attendant une décision de Berne, les trajectoires observées suggèrent que Washington préfère déjà éviter toute friction diplomatique avec la Suisse, analyse 24 heures. (jah)
