Le Jura ne peut pas interdire à Denis Vipret d'exercer
Denis Vipret ne peut pas, à ce stade, être interdit d'exercer dans le canton du Jura. Le magnétiseur fribourgeois est toujours présumé innocent dans le cadre des deux instructions pénales en cours, et la pratique du magnétisme et du «soin par imposition des mains» n'est pas soumise à autorisation de pratiquer, explique le Gouvernement dans sa réponse à une question écrite.
La députée Marion Stadelmann (PS) souhaitait savoir pourquoi et comment Denis Vipret était encore autorisé à venir régulièrement en consultation dans le Jura, notamment à Porrentruy.
Tout en évoquant des «inquiétudes légitimes», le Gouvernement rappelle que la condamnation prononcée en mai 2024 par la Cour d'appel pénale du Tribunal cantonal fribourgeois est entrée en force, mais qu'elle porte sur une contravention. Une amende de 2000 francs lui avait été infligée pour «désagréments causés par la confrontation à un acte d'ordre sexuel», en raison de gestes déplacés.
Si deux instructions pénales distinctes sont en cours dans le canton de Fribourg et auprès du Ministère public Jura bernois-Seeland, le magnétiseur continue de bénéficier de la présomption d'innocence, précise l'exécutif cantonal dans sa réponse, publiée lundi. Pour rappel, la RTS a dévoilé il y a une année que le magnétiseur était accusé par plusieurs personnes d'agressions sexuelles.
Pas de régime d'autorisation
Le canton du Jura ne dispose actuellement ni d'un régime d'autorisation, ni d'un registre obligatoire pour les médecines dites alternatives ou complémentaires. Ainsi, aucune autorité jurassienne n'est compétente pour autoriser ou interdire l'activité de tels praticiens.
Mais toute personne s'estimant victime d'agissements pénalement répréhensibles est invitée à la signaler à la police, au Ministère public ou auprès d'un centre LAVI, précise le Gouvernement.
Loi sanitaire en révision
Par ailleurs, les travaux de révision totale de la loi sanitaire sont en cours. Le texte prévoit, d'une part, la soumission à autorisation des détenteurs du diplôme fédéral de praticien en naturopathie ou de thérapeute complémentaire et, d'autre part, l'inscription dans la loi de conditions générales d'exercice pour l'ensemble des thérapeutes en médecines complémentaires.
Le Gouvernement ne peut pas dire à ce stade si cette loi permettrait d'entraver les activités de Denis Vipret dans le Jura, «une telle appréciation supposant une instruction individuelle dans le respect du droit d'être entendu et au regard des décisions de justice entrées en force».
L'exécutif n'est pas non plus en mesure de déterminer à quelle date la loi révisée sera soumise au Parlement, et ce, «compte tenu de la complexité du dossier, des priorités actuelles et des ressources disponibles». (sda/ats)
