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Marinette sans supérette

En février, je vais (essayer) de bouffer sans Migros, ni Coop

Episode 1: Chaque année en février, quelques milliers de consommateurs suisses décident de boycotter les supermarchés pour consommer autrement. Grande accro à Coop et Migros, j'ai décidé de franchir le pas. Et ça s'annonce terrible.
04.02.2022, 11:37
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En février 2022, ma vie va changer. Mais non, je rigole. Je vais juste me lancer un défi de bobo citadin à la mode.

Nom de code: «Février sans supermarché».

But: Ne pas se rendre dans un supermarché durant tout le mois de février.

Concept: C'est une sorte de «Dry January» ou de «Veganuary» qui s'adresse au consommateur de la couche moyenne-supérieure, repenti, désireux de changer ses habitudes et de donner un coup de pouce aux petits commerces, artisans et producteurs locaux. Jusqu'ici donc, totalement louable.

Niveau de difficulté: Pour moi, maximal.

Comme je vous l'expliquais en janvier, ces boycotts en tous genres, c'est pas trop mon truc.

Le but de la manoeuvre

Vous vous en doutez, l'initiative ne vient pas de moi. J'en avais déjà vaguement entendu parler en 2020, lors du premier semi-confinement. Le fait d'être tous coincés à la maison à faire notre pain maison avait notamment jeté la lumière sur ce défi au succès encore (très) discret.

Et voilà que cette bonne résolution s'est imposée à moi fin janvier, en naviguant sur Internet à la recherche de sujets marrants.

Quelques clics plus tard, me voilà plongée dans le site «En vert et contre tous» qui détaille les règles du jeu de cette initiative. Il s'agit d'abord de nous motiver avec tous les nobles objectifs de la démarche:

«Encourager les commerces indépendants, redécouvrir les épiceries de quartier, soutenir les petits producteurs, favoriser la vente en vrac et le commerce local, repeupler les marchés ou encore réapprendre à n’acheter que l’essentiel.»
envertetcontretout.ch

Mais encore?

«Ce défi est également l’opportunité de faire savoir aux grandes surfaces que nous ne sommes pas d’accord avec le sur-emballage, le kilomètre alimentaire qui explose les scores, l’exploitation des personnes ou encore les politiques de prix qui écrasent les petits producteurs et tuent le commerce de proximité.»
envertetcontretout.ch

Aux origines de «Février sans supermarché»

Selon mon nouveau site de référence envertetcontretous.ch (bye bye AuFeminin.com, je passe du côté vert de la force), j'apprends que le défi est né en 2007 en Angleterre (comme souvent, les idées bizarres, ça part de chez eux). Puis la tendance s'est étendue à la France grâce à une journaliste parisienne, «convertie» en 2016.

Ben oui, parce qu'il faut quand même réaliser que la démarche a méchamment l'air d'un défi tout adressé aux citadins. Facile de boycotter les grandes enseignes quand vous avez 200 000 boulangeries et petits commerces à portée de main, dans la seule périphérie de votre quartier.

Bref, trêve de critiques, je finis mon histoire. «Février sans supermarché» finit par débarquer à Neuchâtel en 2017, sur un petit groupement régional de consommation durable. Mon nouveau gourou, alias l'association «En Vert Et Contre Tout», décide alors d’étendre le défi à toute la Suisse romande par le biais de groupes cantonaux.

En 2020, l'initiative prend de l'ampleur. Selon le site, près de 50 000 personnes y auraient pris part dans le monde. Ouais, autant dire que face aux plus de 680 000 participants internationaux annoncés du site de «Veganuary» (le janvier vegan), la démarche semble réservée à un cercle plus... intime.

A propos de veganuary, ma collègue Alice a voulu tenter...

Pourquoi je fais ça?

Peu importe, me voilà intriguée. Et plongée dans des réflexions hautement philosophiques sur mon mode de consommation discutable.

Je l'avoue sans honte: je suis complètement dépendante des supermarchés. C'est pratique, rapide, efficace et surtout, sur mon chemin en rentrant du boulot. La force de l'habitude aide. Je peux me diriger vers mes rayons de prédilection les yeux fermés. Et le pire, c'est que j'éprouve même une certaine affection pour nos deux géants nationaux de distribution que sont Coop et Migros. Comme deux bons vieux copains, familiers et rassurants.

En fait, j'éprouve surtout un attachement particulier à certains de leurs produits: la limonade grapefruit M-Budget, les yahourts, les caracs et le thé froid Migros (je ne préciserai pas s'il s'agit du citron ou du pêche, histoire de vous garder jusqu'à la fin de cet article), les pains, les vins bradés de Coop... Je vous épargne la liste complète de mes chouchous, elle est sans fin.

Alors, pourquoi me lancer dans cette aventure périlleuse et qui s'annonce plus pénible qu'autre chose? Malgré moi, poussée par un goût du défi en pantoufles (et la promesse de fromages du marché), je dresse une liste des arguments.

Pour:
- Je vais aider des commerçants locaux, ce qui est un geste honorable et gratifiant.
- Il y a moult petits magasins autour de chez moi qui ne demandent qu'à être découverts.
- J'aime cuisiner, et qui plus est, avec de bons produits.
- Je suis déjà habituée à allouer un certain budget à mon alimentation. Quelques dizaines de francs de plus ou de moins, je ne verrai (peut-être) pas la différence.
- J'aime marcher (argument non-négligeable lorsqu'il s'agira de faire 12 magasins différents pour faire mes courses).
- C'est bien de se lancer des défis.
- Je vais devenir une vraie bobo lausannoise.
Contre:
- Je vais devoir faire l'impasse sur pleins de mes produits préférés, que j'achète tous les jours.
- Ça va douiller financièrement parlant.
- Je vais probablement perdre du temps et de l'énergie.
- Les contraintes, ça va un moment, mais c'est surtout chiant.
- Je vais devenir une vraie bobo lausannoise.

La liste s'allonge, je réalise que c'est décidément une mauvaise idée, et pourtant, je me surprends à procéder déjà à des calculs. De nombreuses questions se posent.

  • Quel est exactement mon budget journalier pour m'alimenter?
  • Est-ce que je gagne vraiment à acheter principalement chez les grands distributeurs?
  • Vais-je devoir me saigner financièrement pour apaiser ma bonne conscience écolo?

Après un calcul rapide, j'estime allouer au minimum 30 francs par jour à mes repas - et ça, c'est quand je mange à la maison. Et que je n'accompagne pas mon repas de quelques verres de vin, ce qui fait monter l'addition.

En tout cas, le site est formel: je ne devrai pas dépenser beaucoup plus:

«De nombreux témoignages de participant.e.s aux premiers défis assurent avoir dépensé moins et mieux. En effet, en remplaçant le jetable par du durable (une gourde à la place de nombreuses bouteilles en PET par exemple) en ne cédant pas au marketing de la grande distribution, mais également en brisant le cliché que seuls les supermarchés pratiquent des prix abordables, on se rend compte qu’écologie rime souvent avec économie.»

Bon, s'ils le disent... alors je ne demande qu'à me laisser convaincre. Hop hop, me voilà adhérente à la page Facebook de l'évènement, et c'est parti pour traverser ce mois de «février sans supermarché». Souhaitez-moi bonne chance, je sens que ça va être infernal.

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