Cette pénurie est de retour chez Migros et Coop
La succursale Migros de la Marktgasse à Berne est bondée entre les fêtes, mais le rayon des œufs est en revanche presque vide. Il ne reste que quelques œufs durs colorés. Un panneau explique la situation:
Toutefois, une prochaine livraison était annoncée pour l’après-midi, précise encore le message. Celle-ci est effectivement arrivée, tout comme celle du lendemain. Mais pas dans les quantités souhaitées, apprend-on sur place. Une situation similaire est rapportée à la Migros de Wil (SG), où les œufs durs ont manqué juste avant et après Noël. Les rayons ont ensuite pu être à nouveau approvisionnés.
L'an dernier le géant orange avait déjà été touché. 👇
Migros n’est pas la seule à faire face à cette «pénurie d’œufs». Le phénomène touche l’ensemble du commerce de détail.
Une alternative saine à la viande et meilleur marché
Les raisons de ces rayons temporairement vides sont multiples. D’une part, la demande en œufs suisses et importés a fortement augmenté. Celle-ci a progressé de manière supérieure à la moyenne au cours des deux dernières années, explique Prisca Huguenin-dit-Lenoir, porte-parole de Migros.
Depuis l’automne 2024, la production ne parvient plus à couvrir entièrement la demande, en particulier lors des périodes de fêtes comme Pâques ou Noël. La porte-parole n’est pas en mesure de préciser combien de magasins ont été touchés cette fois-ci:
La situation n’est cependant pas critique, ajoute-t-elle. Des restrictions n’ont eu lieu que «ponctuellement», notamment pour les œufs bio suisses et ceux vendus sous le label «De la région».
Selon Prisca Huguenin-dit-Lenoir, la hausse de la consommation s’explique par le fait que les œufs sont perçus comme «une source alternative de protéines animales à la viande» et comme un produit «sain». Elle ajoute:
Des difficultés d’auto-approvisionnement
En Suisse, le taux d’auto-approvisionnement en œufs indigènes se situe entre 60 et 65%, explique Daniel Würgler, président de la coopérative des producteurs suisses d’œufs Gallosuisse, qui représente les intérêts d’environ 720 exploitations de poules pondeuses et d’élevage. La demande, fortement saisonnière, est la plus élevée entre octobre et Pâques. La période précédant Noël est «toujours très intense». Il peut donc arriver qu’un rayon se vide. Il ajoute:
Il n’est par ailleurs pas possible d’augmenter ponctuellement l’offre durant les fêtes. Würgler souligne:
De manière générale, la production ne peut pas non plus être étendue facilement en raison des «exigences et prescriptions actuelles», ajoute le président de Gallosuisse. Un projet d’augmentation de la production d’œufs constitue une décision majeure et nécessite entre trois et six ans, depuis l’idée initiale jusqu’au moment où «les premiers animaux peuvent être installés».
Traduit de l'allemand par Tim Boekholt
