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La série noire se poursuit dans les Alpes et touche aussi les guides

Un helicoptere de la Rega survol la zone lors d'un exercice avalanche organise par Rega et le Secours alpin romand (SARO) sur le Glacier 3000 le vendredi 6 decembre 2019 aux Diablerets. (KEYSTONE/Jean-Christophe Bott)

Image: KEYSTONE

Le danger d'avalanche reste élevé dans une partie des Alpes, même si le printemps est déjà bien avancé. Plusieurs personnes ont perdu la vie ces dernières semaines, et les accidents n'épargnent pas les guides. Explications.



Vendredi 14 mai, durant une descente à ski, une personne perd la vie lors d’une chute dans une crevasse au-dessus de Zermatt. Il se déplaçait avec cinq autres randonneurs et un guide. Fin avril, un guide allemand sans client meurt à Bourg-St-Pierre, dans le canton du Valais. Trois semaines plus tôt, un aspirant-guide de montagne et son client décèdent au Finsteraarhorn.

Ces drames sont les derniers épisodes impliquant des guides de montagne. «C'est une situation exceptionnelle», confirme Pierre Mathey, directeur de l'association qui représente ces professionnels alpins en Suisse.

«Cet hiver, il y a eu plus d'accidents avec des professionnels que les autres années»

Pierre Mathey, directeur de l'Association suisse des guides de montagne

Au total, l'Association a dénombré cinq cas. Quatre ont eu lieu alors que le guide exerçait son métier, un autre a été un accident de loisir.

Un hiver «très particulier»

Comment expliquer de tels chiffres? Même s'il faut attendre les résultats des enquêtes ouvertes par le Ministère public, Pierre Mathey estime que cela peut être lié aux conditions atypiques de la neige cet hiver. «La saison a été très particulière. Les températures ont été très variables, et on sait que les refroidissements et les réchauffements soudains augmentent le risque d'avalanche», explique le directeur de l'ASGM.

Et d’ajouter: «Pendant tout l'hiver, le manteau neigeux a été durablement très instable». Une autre piste en étude concerne l'impact du sable du Sahara, qui a recouvert la Suisse en février.

Pierre Mathey

Pierre Mathey Image: Keystone

De toute manière, il est encore trop tôt pour tirer des conclusions. «Cela sera possible si ces conditions instables exceptionnelles devaient se répéter dans les années à venir, mais pour l'instant on n'a a pas assez de recul», précise Pierre Mathey. De plus, l'ASGM n'analyse pas les chiffres d'un seul hiver, mais se penche sur les données et moyennes pluriannuelles.

Beaucoup de neige en montagne

Cette situation ne concerne pas que les guides. L’hiver 2020-2021 a été particulièrement meurtrier. Fin mars, le bilan de la saison (28 personnes mortes dans une avalanche) était nettement plus élevé que la moyenne des 20 derniers années.

Et cela ne s'arrête pas. Ces derniers temps, plusieurs personnes ont perdu la vie en montagne, même si le printemps est déjà bien avancé. Deux alpinistes sont morts la semaine passée dans les Grisons, suite à une avalanche. Mercredi, deux hommes ont été emportés par deux coulées en France voisine.

Les températures inhabituellement basses, enregistrées en avril et mai, pourraient expliquer ces drames. «Il y a eu beaucoup de neige. Dans certaines parties du pays, et particulièrement en haute montagne, les conditions sont encore hivernales et les gens continuent de sortir», explique Frank Techel, spécialiste de l'institut pour l’étude de la neige et des avalanches (SLF) de Davos. «Par conséquent, le danger d'avalanche en haute montagne reste élevé».

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Le SLF met à jour régulièrement son bulletin d'avalanches. Plus d'informations ici. Image: slf.ch

Trop tôt pour tirer des conclusions

Ce bilan tardif est-il exceptionnel? C'est difficile à dire, car il n'existe pas encore de chiffres concernant les accidents ayant eu lieu en avril et mai. Et même s'ils existaient, ils ne sont pas comparables d'année en année, prévient Emilie Pralong, porte-parole de la Rega. «En principe, le nombre de missions effectuées par les équipages hélicoptère reflètent les conditions météorologiques, les comportements de loisirs et les activités de voyage de la population et des touristes étrangers en Suisse», explique-t-elle.

De toute façon, une chose est sûre: «il y a encore beaucoup de neige, et des coulées sont encore possibles», met en garde Frank Techel. «La saison des avalanches n'est pas encore terminée, au moins en haute montagne. Soyez prudents».

Des icebergs de l'Antarctique, en images

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Des icebergs de l'Antarctique, en images
source: ap mod / cpl phil dye raf
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