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L'émission <em>Sept à huit</em> a diffusé dimanche soir un reportage sur le drame de Montreux.
L'émission Sept à huit a diffusé dimanche soir un reportage sur le drame de Montreux. image: capture d'écran

Drame de Montreux: Lui était «agressif», elle, «manipulatrice»

TF1 a consacré 14 minutes de son magazine Sept à huit, dimanche soir, à l'horreur qui s'est déroulée à Montreux (VD) il y a un mois et qui a vu cinq membres de la même famille se jeter dans le vide depuis leur balcon. On en sait (un peu) plus sur la personnalité du père, de sa compagne et de la sœur jumelle de celle-ci.
25.04.2022, 17:0025.04.2022, 17:21
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Dimanche 24 avril 2022, jour d'élection présidentielle, mais aussi d'un triste anniversaire: il y a un mois, cinq membres d'une même famille sautaient de leur balcon à l'aube. Quatre d’entre eux trouveront la mort, instantanément, une fois sur le trottoir de leur rue. L'adolescent, dont la chute a été amortie par un palmier, est toujours dans le coma.

Les autorités du canton parlent encore d'un «suicide collectif» et les députés au Grand conseil vaudois s'apprêtent à briser le silence par l'intermédiaire d'une interpellation qui sera déposée la semaine prochaine. On savait la famille cloîtrée depuis des années, isolée du monde, proche des mouvances sectaires. En gros, on ne sait pas grand-chose. D'autant que le résultat des autopsies se fait furieusement attendre.

Dimanche soir, le magazine d'information Sept à huit, sur TF1, diffusait une enquête sur ce que l'on appelle toujours le «drame de Montreux». Son titre: Défenestrés, les mystères d'une famille recluse. Quatorze minutes de témoignages, en Suisse et en France, qui ne révèlent toujours pas les raisons du geste brutal de la famille, mais qui offrent quelques nouveaux indices sur la personnalité du père, de sa compagne et de la sœur jumelle de celle-ci.

Une soeur «joyeuse», l'autre «manipulatrice»

Au début des années 2000, la sœur jumelle est interne à l'hôpital de Metz. A son sujet, son chef, le chirurgien et ophtalmologiste Jean-Marc Perone, est dithyrambique. Elle aurait été une fille «joyeuse» et «rayonnante». «Il y a des internes qui marquent un peu plus que d'autres. Elle n'avait aucun mot méchant sur personne. Une chic fille», explique-t-il aux équipes de TF1. On rappelle que cette femme, alors ophtalmologue, a été cheffe de clinique universitaire aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG).

A la même période, sa sœur, la mère de famille, aurait fait carrément moins bonne impression. Un ancien professeur de la jeune femme a témoigné pour Sept à huit:

«On sentait une certaine méfiance, une distance vis-à-vis des gens. Elle était déjà dans son monde, très admiratrice de son mari et de sa sœur jumelle, brillants tous les deux. Tous, très fusionnels. Quand vous parlez tout le temps de votre sœur au point de vouloir vivre avec elle, ce n'est quand même pas très courant»
Un ancien professeur de la mère de famille
«Son mari et sa sœur jumelle étaient son unique raison de vivre»

La mère de famille, orthodontiste, avait ouvert un cabinet dentaire dans la commune de Vernon, dans l’Eure, avant de fuir en Suisse en 2014. La rédaction de Sept à huit a pu s'entretenir avec son ex-associé, le chirurgien-dentiste Pascal Margeridon. S'il avoue que les premiers mois étaient «idylliques», elle aurait soudainement changé de personnalité. La femme est allée jusqu’à assigner son ex-associé devant le Conseil de l'Ordre de médecins. Elle sera déboutée en 2013.

Il raconte:

«Elle avait réussi à retourner tout Vernon contre moi. Elle était très forte. Manipulatrice. Elle disait que je détournais la clientèle, que je volais, que je drivais les employés dans l'unique but de lui nuire. Selon elle, on la maltraitait tellement qu’elle était au bord de la dépression. Ce qui est totalement faux»
Pascal Margeridon, chirurgien-dentiste et ex-associé de la mère de la famille, en France
«Elle avait dans l'idée de me laminer professionnellement et personnellement»
Pascal Margeridon, son ex-associé à Vernon, France

A Vernon, le couple avait acheté une maison pour y passer ses week-ends. Une voisine directe, Michèle, les a côtoyés plusieurs années. Elle déclare à TF1: «Elle? Très aimable. Il n'y a rien à dire. Par contre, lui...». Cette habitante parle d'un homme «renfermé» et «très procédurier».

«Lui, il n'était pas aimable du tout. Très agressif»
Cette voisine parle aussi d'un conflit incessant avec le père au sujet d'un mur dont ils partageaient la propriété

Antivax et complotistes

Les équipes de TF1 ont également promené leurs micros à Montreux. Et notamment dans quelques cafés de la place où les deux jumelles passaient visiblement leur temps, inséparables. Selon les journalistes, elles s'étaient plusieurs fois confiées à un serveur. Ce dernier témoigne:

«Elles partaient du principe que tous les vaccinés, à partir de deux ans, normalement, ils allaient mourir»
Un serveur d'un café de Montreux
«Elles voyaient la fin du monde arriver. Comme des famines, la guerre civile, les pillages. Elles pensaient que les gens allaient commencer à devenir fous. A s'attaquer les uns des autres. Qu'il nous fallait un plan B»

Ce serveur explique, ensuite, que les deux sœurs parlaient de réserves de nourriture, d'eau potable et de médicaments. «Un plan de secours avec une communauté.»

Un témoignage qui résonne furieusement avec ce que l'on sait déjà: la famille entassait une quantité importante de colis en carton et de matériels livrés à domicile. L'enquête, elle, est toujours en cours.

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