Des jeunes défient une ville romande depuis d’anciens abattoirs
Sur leur compte Instagram, ils prévoyaient un «apéro» ce jeudi 11 juin à 17 heures, avec au programme un «jam», une séance d’improvisation musicale.
«Besoin de monde», car c’est peut-être la dernière fois que le collectif ABAL (Association bénévole autogérée du littoral) se réunit aux anciens abattoirs de Serrières, une commune de la banlieue ouest de Neuchâtel, où le cigarettier Philip Morris a son usine. Fermés depuis 1994, les anciens abattoirs de Serrières doivent être démolis cet automne sur décision du conseil communal (exécutif) de Neuchâtel.
«Insalubres, pollués, dangereux»
Pas de chance pour ABAL qui vient de les investir. Selon nos informations, les membres du collectif sont arrivés sur place samedi dernier, dans l'intention de faire de cet endroit à l’abandon un centre culturel et social autogéré. Or, l’exécutif neuchâtelois, où la gauche est majoritaire, leur a demandé de partir définitivement. Ils ont jusqu’à vendredi 17 heures pour plier bagages, indiquaient jeudi nos confrères d’ArcInfo.
Les anciens abattoirs de Serrières sont insalubres et pollués, affirme le conseil communal, dont une «délégation» a rencontré mercredi le collectif ABAL sur son lieu d’occupation. Ils n’occupent que la cour, non les locaux des abattoirs, «dangereux» selon la Ville.
CARAC, comme la patisserie
ABAL, qui se fait aussi appeler CARAC dans un visuel à l'aspect de la célèbre pâtisserie de couleur verte fourrée au chocolat, rehaussée de rouge et de blanc comme le drapeau palestinien, demande des «preuves» de l’insalubrité du bâtiment. «Nous n’avons pour l’instant par pu analyser avec des professionnels du bâtiment les expertises de la ville qu’elle nous a pas encore envoyé (sic)», peut-on lire sur une publication Instagram du collectif datée du 10 juin.
«Grande force de travail bénévole»
ABAL-CARAC s’oppose à l’argument selon lequel il n’aurait pas assez d’argent pour rénover les anciens abattoirs en faisant valoir leur «grande force de travail bénévole».
De son côté, le POP Littoral «appelle le Conseil communal de la Ville de Neuchâtel à continuer les négociations pacifiquement avec le collectif à l’origine du projet afin de créer un accord sur l’utilisation des lieux».
Mais l’affaire semble entendue. Le collectif ne pourra pas rester. La Ville de Neuchâtel lui propose de déployer ses activités dans d’autres lieux gérés par elle, comme la Villa Béthanie, proche des anciens abattoirs. ABAL-CARAC n'est pas enchanté à cette idée.
«Opportuniste»
Selon un membre du PS neuchâtelois, le collectif aurait un aspect «opportuniste». Comptant peut-être une dizaine de membres, tous jeunes, il se serait constitué très récemment, «aux seules fins d’occuper un lieu promis à la démolition». Nous avons tenté sans succès de le joindre via Instagram.
Le jour de son installation, il s'est présenté dans les termes suivants:
