DE | FR

Les hospitalisations d'enfants augmentent en Suisse, que se passe-t-il ?

De plus en plus d'enfants positifs au Covid-19 doivent être hospitalisés. C'est ce que montrent des données provenant de Suisse et du Danemark. Faut-il s'inquiéter? Voici comment interpréter ces chiffres.
Diese Story ist auch auf Deutsch verfügbar. Zur Story
28.01.2022, 18:5331.01.2022, 06:31
Petar Marjanović
Petar Marjanović
Petar Marjanović
Suivez-moi

Les graphiques qui sont partagés ces jours-ci sont inquiétants. Ils montrent une forte augmentation du nombre d'enfants hospitalisés positifs au Covid. Ce sont des données mesurées au Danemark et en Suisse. Ces dernières se rapportent au groupe d’âge le plus jeune, c’est-à-dire aux enfants âgés de neuf ans ou moins.

Les tweets ou les publications Facebook à ce sujet sont repartagés des milliers de fois, généralement accompagnés de commentaires furieux à l'égard des politiciens, selon lesquels ceux-ci ne font rien pour protéger les enfants. Mais quelle est la pertinence de ces chiffres?

Une forte augmentation est un fait

Regardons pour cela les chiffres de l’OFSP. L’Office publie les chiffres des nouvelles hospitalisations par âge hebdomadairement. Les données publiées dernièrement confirment ce qui a été repartagé sur les réseaux sociaux: les enfants en bas âge sont plus nombreux à être hospitalisés et sont positifs au Covid.

Cependant, ces données doivent être interprétées d’une certaine façon. Toutes les hospitalisations ne sont pas dues aux symptômes graves du Covid. Si un enfant est hospitalisé pour une fracture de la jambe et est testé positif au Covid, il sera enregistré dans les nouvelles hospitalisations Covid, même s’il ne présente pas de symptômes graves dus à la maladie. C’est justement ce qui se passe actuellement avec les données des enfants en bas âge: dans la majeure partie des cas, ils sont hospitalisés pour d’autres raisons que leur infection au Covid.

Alors comment faut-il gérer les commentaires critiques sur ces statistiques? Quelle est la pertinence des tweets d'indignation à ce sujet, qui sont actuellement partagés non seulement par des parents effrayés, mais aussi par des virologues de renom comme par exemple Isabelle Eckerle? Quel est le rapport avec Omicron et quelles conclusions la politique pourrait-elle en tirer?

Ce que dit la recherche

Rappelons tout d’abord les dernières découvertes de la science. Une équipe scientifique américaine a publié le 12 janvier 2022 une étude portant sur quelque 80 000 jeunes enfants de moins de cinq ans infectés par le Covid.

La question de recherche était la suivante: y a-t-il une différence entre les enfants ayant contracté le variant Omicron et ceux ayant contracté le variant Delta? La conclusion a démontré que c’était le cas. Là où Omicron était plus contagieux, les premières infections étaient moins graves qu'avec le variant Delta.

Cette évolution se confirme, presque jour pour jour, avec les données suisses. A partir du 21 décembre, des échantillons de séquençage ont montré que le variant Omicron dominait en Suisse. Cette domination s'est rapidement renforcée. Trois semaines plus tard, plus de 90% des séquençages du Covid indiquaient les types de gènes Omicron.

Depuis, le variant Omicron se montre extrêmement contagieux. Le nombre de cas a rapidement augmenté, pour atteindre par exemple jeudi plus de 40 000 nouvelles infections en une journée. Les enfants en bas âge ont été particulièrement touchés. Depuis la rentrée scolaire, c'est le groupe d'âge 0-19 ans qui a subi la plus forte augmentation du nombre de cas.

Le casse-tête de la prévalence

Actuellement, le rapport entre les enfants en bas âge infectés et ceux qui sont hospitalisés diminue, comme le suggère la recherche sur Omicron. Et c'est ce qui est invoqué comme valeur indicative dans l'observation épidémiologique.

De telles valeurs de prévalence ont fait leurs preuves et sont également utilisées pour illustrer l'effet de la vaccination. On entend alors des phrases comme: «Oui, il y a plus de personnes vaccinées que de personnes non vaccinées dans les hôpitaux, mais proportionnellement, les personnes vaccinées causent moins de problèmes pour le système de santé».

Mais la forte augmentation des hospitalisations d'enfants en bas âge renverse cette interprétation: le danger décroissant d'Omicron n'est pas pris en compte dans l’indignation des parents. Chaque enfant supplémentaire hospitalisé est élevé au rang de scandale.

En conséquence, plus il y a d'enfants touchés par le Covid, plus ils doivent s'attendre à être hospitalisés – même si le risque de maladie grave diminue progressivement avec Omicron.

Toutefois, comme le nombre d’hospitalisations hebdomadaires est plutôt bas (malgré l’augmentation rapide à 44 enfants en bas âge la semaine dernière), cela n’émeut guère la Task Force. Dans son rapport de situation de cette semaine, elle écrit: «Le nombre de cas a augmenté de manière significative dans les groupes d'âge 0-9, 10-19, 30-39 et 40-49 ans. Avec un taux de 74% (95% UI : 54-96%), l'augmentation a été la plus forte dans la tranche d'âge 0-9 ans».

La hausse ne déclenche pas non plus de réactions dans la politique. Le médecin et scientifique de la Task Force, Urs Karrer, espérait certes qu’avant Noël les cantons élaboreraient une meilleure protection pour les enfants.

Les idées à ce sujet existent depuis longtemps: le canton des Grisons étudie, par exemple, depuis novembre que des indicateurs de qualité de l'air dans les salles de classe peuvent prévenir l'apparition d'infections. Au niveau national, l’autorisation de vaccination chez les enfants en bas âge est entrée en vigueur au début de l’année. Cette possibilité n’est pas encore très utilisée. Pourtant, ces mesures devraient permettre de réduire le risque de contracter une forme grave du Covid.

Les cantons n'ont, quant à eux, pas beaucoup de pression pour agir. Au vu de la vitesse de propagation et du taux de positivité élevé chez les jeunes enfants et les adolescents, les gouvernements cantonaux ont dû se poser la question: quelles sont les mesures encore utiles? La réponse à cette question existe déjà dans certains cantons: Zurich supprime les tests réguliers dans les écoles, Berne retire la quarantaine de contact, et plusieurs cantons romands n’imposent plus le masque aux enfants dans les salles de classe.

Traduit de l'allemand par Charlotte Donzallaz

Rien à voir, mais voici des châteaux «à la Française» clés en main au Vietnam

1 / 12
Des châteaux «à la Française» clés en main au Vietnam
source: source : akisa.vn / akisa.vnquelle: akisa.vn / akisa.vn
partager sur Facebookpartager sur Twitterpartager par WhatsApp

Le vaccin et les enfants

Si vous avez des enfants, vous avez plus de risques d'attraper le Covid

Link zum Artikel

Du Covid plein les bras, les enfants vont-ils gâcher Noël?

Link zum Artikel

Ana, 11 ans: «Si je me vaccine, je déçois maman, sinon je déçois papa»

Link zum Artikel

«On devrait vacciner les enfants de manière ciblée et individualisée»

Link zum Artikel
0 Commentaires
Comme nous voulons continuer à modérer personnellement les débats de commentaires, nous sommes obligés de fermer la fonction de commentaire 72 heures après la publication d’un article. Merci de votre compréhension!
La variole du singe est arrivée en Suisse
C'est officiel, le premier cas de variole du singe a été déclaré en Suisse. Cette maladie se retrouve désormais partout en Europe et en Amérique du Nord déclare l'OFSP.

L'Office fédéral de la santé publique vient d'annoncer le premier cas officiel de variole du singe en Suisse, plus précisément dans le canton de Berne. Il assure aussi que l'infection est présente dans toute l'Europe et en Amérique du Nord.

L’article