Baume-Schneider presse le PS d’agir pour financer la 13e rente AVS
La conseillère fédérale socialiste Elisabeth Baume-Schneider a plaidé pour le financement de la 13e rente AVS lors du congrès de son parti à Thoune (BE). Un an avant les élections fédérales, elle a aussi appelé le PS à occuper le terrain, notamment avec son initiative visant à protéger les femmes contre la violence.
La 13e rente sera versée pour la première fois en décembre de cette année et améliorera le pouvoir d'achat de bon nombre de personnes à la retraite. L'enjeu majeur de son financement n’est pas réglé, a lancé dimanche Elisabeth Baume-Schneider au deuxième jour du congrès, selon la version écrite de son discours.
Sans financement additionnel, l'AVS enregistrera dès cette année un résultat d’exploitation négatif, a averti la ministre socialiste. «Certains acteurs politiques n’attendent qu’une chose: un rejet dans les urnes pour remettre l’augmentation de l’âge de la retraite au sommet de l’agenda politique.»
Initiative contre la violence
Les élections fédérales auront lieu dans une année, a aussi rappelé la Jurassienne. «Il nous appartient dans les prochains mois d’occuper le terrain, de donner le ton et l’élan pour convaincre chaque électrice et électeur.»
Et de faire le lien avec l'initiative populaire contre la violence, lancée samedi par le PS à l'unanimité. Le texte vise à promouvoir la prévention et la collaboration entre la Confédération, les cantons et les services spécialisés. Elle exige qu'au moins 500 millions de francs supplémentaires soient alloués chaque année à la lutte contre les violences sexistes.
Le PS déplore qu’aujourd’hui, l’aide dont bénéficient les victimes dépende trop fortement de leur lieu de résidence et que la lutte contre les violences sexistes n’avance guère. Et ce, alors que 27 femmes ont été tuées en Suisse en 2025 et que 18 l’ont déjà été cette année.
En collaboration avec son collègue socialiste au gouvernement Beat Jans, Madame Baume-Schneider présentera dans les mois à venir la nouvelle stratégie de la Confédération contre la violence sexuelle et la violence liée au genre. Pour faire avancer les choses toutefois, «il faut la pression de la rue», a constaté la conseillère fédérale.
Appel de Beat Jans
Samedi, Beat Jans avait appelé les hommes à assumer leurs responsabilités. Ils ne doivent pas fermer les yeux ni garder le silence, a-t-il soutenu. De plus, la violence domestique n’est pas une affaire privée: «La protection contre la violence est une mission qui incombe à notre Etat de droit et à notre société», a déclaré le ministre de la Justice.
Dans ce contexte, la coprésidente Mattea Meyer a vivement critiqué l’UDC. Selon elle, ce parti souffre d’un problème structurel lié à la violence. Les dirigeants de l’UDC font preuve d’un enthousiasme inquiétant pour l'autoritarisme, allant jusqu’à rendre visite à Vladimir Poutine ou rendre hommage à Donald Trump, a critiqué Mattea Meyer.
Dans le même temps, l’UDC ferme les yeux sur les auteurs présumés de violences dans ses propres rangs, comme dans le cas d’un ancien politicien argovien du parti, accusé d’avoir abusé sexuellement à plusieurs reprises de deux femmes.
Un oui et deux non
Les délégués ont également adopté leurs positions concernant trois votations prévues l’année prochaine. Ils ont recommandé d’accepter l’initiative pour la démocratie, mais de rejeter les référendums sur l’accord de libre-échange avec la Malaisie et l’assouplissement de la réglementation sur le nucléaire. Les positions concernant les votations du 29 novembre ont déjà été arrêtées.
Le PS a encore décidé de soutenir trois initiatives populaires fédérales: sur les abeilles, sur Internet et celle sur les bons de mobilité. Cette dernière entend renforcer les transports publics en Suisse, les liaisons ferroviaires vers les pays voisins et instaurer une taxe sur les billets d'avion et les jets privés. (ats/tib)
