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Pauvreté

Caritas a un plan pour vous aider à boucler vos fins de mois

Pauvreté et précarité: Caritas a un plan pour vous aider
Image: KEYSTONE

Caritas a un plan pour vous aider à boucler vos fins de mois

Pour lutter contre la pauvreté, Caritas veut bouleverser le système des prestations sociales. A l'avenir, toutes les personnes dans le besoin devraient recevoir des prestations complémentaires, et ce indépendamment de leur lieu de résidence, de leur situation ou de leur statut de séjour.
12.07.2023, 11:5512.07.2023, 13:27
Chiara Stäheli / ch media
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En Suisse, les prestations vont de l'assurance-invalidité à l'AVS, en passant par l'assurance-chômage, les allocations pour perte de gain et les prestations complémentaires. Le système de protection sociale est complexe et présente, du point de vue de Caritas, de nombreux points faibles et lacunes:

«D'une part, certains risques et groupes de personnes sont mal couverts, d'autre part, la subsistance de nombreuses personnes ne peut pas être assurée avec les prestations en vigueur»
Aline Masé, responsable du domaine de la politique sociale chez Caritas Suisse.

A cela s'ajoute le fait que certaines prestations obligatoires sont réglées de manière très différente selon les cantons.

Même en Suisse, un revenu suffisant pour vivre ne va pas de soi. Selon les données de l'Office fédéral de la statistique, près de 750 000 personnes sont touchées par la pauvreté dans notre pays, et la tendance est à la hausse. Par exemple, une famille de quatre personnes qui, après déduction des primes d'assurance maladie et des impôts, dispose d'à peine 4000 francs par mois pour les biens de consommation courante et les frais de logement est considérée comme pauvre.

Plus de prestations complémentaires

Les assurances sociales ont été introduites afin d'offrir une sécurité financière à tous en Suisse. Ceux qui ont peu d'argent ont en outre droit à des prestations dites de besoin, comme la réduction des primes maladie. Mais cela ne suffit pas dans tous les cas, explique Alina Masé:

«Dans le système actuel, il y a toujours des gens qui passent à travers les mailles du filet parce que les prestations ne sont pas suffisantes ou que le droit n'existe que dans certaines circonstances»
Alina Masé de Caritas. Pauvreté et précarité: Caritas a un plan pour vous aider
Alina Masé souhaite une refonte du système actuel. Image: Caritas

Alina Masé cite l'exemple de l'assurance chômage: celui qui a cotisé suffisamment longtemps reçoit 70 à 80% de son salaire pendant deux ans au maximum après la perte de son emploi. Mais cela ne suffit pas toujours, surtout pour les bas salaires. Les personnes concernées doivent alors recourir à l'aide sociale. Une situation qui peut être perçue comme honteuse par certains. Sans compter que «les prestations suffisent à peine à couvrir les besoins vitaux», souligne Alina Masé.

C'est pourquoi Caritas Suisse demande désormais un abandon du système actuel. C'est ce qui ressort d'une prise de position dont CH Media a eu connaissance. A l'avenir, toutes les personnes qui ne peuvent pas financer seules leur subsistance devraient recevoir des prestations complémentaires. Ou comme le dit Alina Masé:

«Si l'argent ne suffit pas pour vivre, le revenu sera complété jusqu'à concurrence des besoins nécessaires»

Ce modèle est déjà appliqué aujourd'hui pour l'AVS et l'AI: si la rente AVS et les revenus de la caisse de pension et de la prévoyance privée ne suffisent pas, une personne retraitée reçoit des prestations complémentaires. Des prestations complémentaires similaires existent également pour les familles, mais uniquement dans les cantons de Vaud, Genève, Soleure et du Tessin. Le montant est fixé individuellement et dépend de nombreux facteurs: notamment la situation familiale, les revenus et de la fortune disponible.

En 2023, le montant annuel pour la couverture des besoins vitaux généraux — sans le logement et la caisse maladie — s'élève à 20 100 francs pour une personne seule. En comparaison, les prestations de l'aide sociale sont nettement inférieures.

Hausse des coûts prévue

Si Caritas parvient à imposer son nouveau modèle, les prestations complémentaires ne devraient donc plus seulement profiter aux bénéficiaires de l'AI et de l'AVS, mais à toutes les personnes dont les revenus sont inférieurs aux dépenses nécessaires pour vivre, «et ce, quelle que soit la raison du besoin, comme l'invalidité, les obligations de prise en charge, le chômage ou la maladie», affirme Alina Masé.

De même, le statut de séjour et le lieu de résidence ne devraient plus jouer de rôle. L'objectif est qu'à l'avenir, la couverture financière soit la même dans toute la Suisse.

Alian Masé ne conteste pas que cela pourrait entraîner une augmentation des coûts. Elle est toutefois convaincue que les «frais administratifs diminueraient nettement» si les prestations étaient à l'avenir fournies par une seule et même entreprise, comme le demande Caritas.

L'œuvre d'entraide considère sa prise de position comme une source de réflexion. En fin de compte, c'est au monde politique de décider ce qu'il faut faire pour «permettre aux habitants du pays d'avoir une existence digne», selon Masé.

Traduit et adapté par Noëline Flippe

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