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Fusillade à Sion: «Le tireur était un gars nerveux et spécial»

Road closed by police after shooting, in Sion, Switzerland, Monday, December 11, 2023. According to the police of the canton of Valais. An individual fired several shots in Sion on Monday morning, at  ...
Image: KEYSTONE

«Un gars nerveux et spécial»: sur les lieux du double assassinat de Sion

L'auteur du double homicide qui a secoué lundi le Valais a été arrêté sans heurts en milieu d'après-midi par la police. Dénouement d'une chasse à l'homme inédite pour le canton. Reportage.
12.12.2023, 07:3912.12.2023, 08:57
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La conférence de presse organisée par la police et le ministère public valaisan a attiré des dizaines de journalistes à Sion, une affluence extraordinaire pour une affaire hors norme. Lundi matin, aux alentours de 7 heures, un homme abat une femme dans le quartier des Potences, à Sion.

Quelques minutes plus tard, il se rend dans une entreprise de peinture et de gypserie située dans la zone industrielle des Ronquoz, non loin de son premier meurtre: il tue cette fois-ci un homme et blesse grièvement une femme. S'ensuit une chasse à l'homme qui trouvera son épilogue à 15h45, dans la région de Saint-Léonard, où la police de Crans-Montana arrête le meurtrier présumé. Que s'est-il passé ce lundi 11 décembre à Sion? watson s'est rendu sur le lieu du drame.

Ça n'arrive pas qu'aux autres

C'est par une pluie fine et glaciale que nous nous rendons à Sion. A 13h30, deux policiers sont encore en faction devant l'entreprise Sarosa SA, où un homme a été abattu et une femme blessée. Dans le magasin d'outillage Pfefferlé et Cie tout proche, nous rencontrons des employés choqués par les récents événements.

«Mon collègue qui travaillait à notre entrepôt m'a raconté qu'il avait entendu des coups de feu, et il s'est réfugié au magasin»
employé de Pfefferlé et Cie

Dans la petite cafétéria de l'entreprise d'outillage, l'événement est sur toutes les langues. «Tu as entendu, ce matin? J'ai cru que c'était un accident avant qu'on me parle des coups de feu», raconte un homme devant son café en feuilletant le journal local.

«On croit que ça n'arrive qu'aux autres, mais ce genre de passage à l'acte, c'est toujours effrayant, il faut y aller pour tuer quelqu'un.»
Anne*, employée de Pfefferlé et Cie

En ce début d'après-midi, les rumeurs enflent sur l'identité de la victime. Une femme se montre affirmative: «C'est le fils du patron de Sarosa, je l'ai vu il y a une semaine au magasin, très jovial, un gentil garçon. J'ai tellement de peine pour sa famille», lance Fanny*. Cette hypothèse sera confirmée quelques heures plus tard par la police valaisanne: l'homme tué à Sarosa avait 41 ans, il occupait un poste dirigeant dans l'entreprise de son père.

Les événements tragiques de la matinée sont encore dans tous les esprits, le prénom de la victime circule dans le café sous les regards pleins de surprise et de désarroi. Fanny nous explique que deux employés de Sarosa sont passés boire un café au magasin en fin de matinée.

«On voyait qu'ils étaient en état de choc, ils avaient besoin de parler de ce qu'ils ont vu, et écouter, c'est le mieux que l'on puisse faire»

Elle n'a pas souhaité nous raconter le récit des témoins «par respect» pour ce qu'ils ont vécu.

Un gars nerveux et spécial

L'identité du tueur ainsi qu'une photo portrait ont été diffusées en fin de matinée par la police cantonale valaisanne, un certain Sébastien R., âgé de 36 ans. Nous montrons la photo du suspect aux personnes présentes. Pas de réactions. Aucun ne semble l'avoir déjà vu. Sauf ce client, attablé, qui lance à haute voix à son voisin: «Je le connais, moi, j'ai bossé avec lui, c'est bien lui sur la photo!» Nous nous approchons pour en savoir plus.

«Il a bossé avec moi un petit moment, il était très nerveux, un peu spécial»
Franck, client de Pfefferlé et Cie

Qu'entend-il par spécial? «Vous savez, le genre de personne qui ne vous met pas à l'aise, un peu bizarre», poursuit le client. Alors que nous discutons, le profil «psychologique» du suspect est dévoilé par le Nouvelliste. Un «psychopathe» pour un de ses anciens patrons, au comportement problématique, pour cet autre employeur qui l'a eu comme salarié. watson apprendra dans l'après-midi que le suspect avait obtenu un CFC de peintre en 2008 au terme de son apprentissage effectué dans une entreprise valaisanne. Il avait travaillé ensuite chez Sarosa, entre autres.

La police révèle que Sébastien R. était en litige avec les deux personnes tuées, qu'il était connu des autorités judiciaires dans des affaires qualifiées de «mineures», comme des injures, des menaces et des atteintes à l'honneur. Le procureur cantonal Olivier Elsig rapporte que le suspect avait envoyé des vidéos de lui, parlant face caméra, à plusieurs personnes avant son acte.

«Dans ces vidéos, il expliquait sa vie et ses difficultés»
Olivier Elsig, premier procureur de l’office du Valais central

Lors de son arrestation, l'homme n'a montré aucune agressivité et n'a posé aucune résistance, selon la police. A la question de l'arme ou des armes utilisées par l'auteur présumé du double assassinat, la police répond que le suspect possède deux armes enregistrées auprès des autorités. Des analyses balistiques sont en cours pour infirmer ou confirmer leur utilisation dans les homicides perpétrés lundi matin.

À cette heure, le mobile de ce double meurtre n’est pas établi.

Les images de l'opération de police à Sion
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Les images de l'opération de police à Sion
Un individu a tué deux personnes ce lundi matin à Sion.
source: sda / louis dasselborne
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