Il ne connaissait rien aux montres et devait en acheter pour 180 000 francs
Un Ukrainien a été intercepté en 2017 par les douaniers à l'aéroport de Kloten (ZH) avec une valise remplie de petites coupures. Il comptait blanchir ces 145 000 livres sterling de provenance fort douteuse en achetant des montres suisses. Il a été déclaré coupable de tentative de blanchiment d'argent, a confirmé le Tribunal fédéral dans un arrêt publié lundi. La somme correspondait, à l'époque, à environ 184 000 francs suisses.
L'Ukrainien avait d'abord fait escale à Düsseldorf en Allemagne, où son commanditaire lui avait remis une valise remplie de billets de banque de 5, 10 et 20 livres sterling. Il avait pour instruction de prendre un autre vol vers Zurich afin d'y acheter des montres suisses.
De la drogue et des explosifs sur les billets
La mule n'a pas eu le temps de procéder à ses emplettes, car il a été pincé par les douaniers. Ces derniers ont constaté que les liasses de billets contenaient non seulement des traces de nombreuses drogues (cocaïne, du MDMA, de la kétamine notamment), mais également des traces d'explosifs.
L'homme a été blanchi en 2024 par le Tribunal de première instance, qui a toutefois ordonné la confiscation des billets de banque. Admettant le recours du Ministère public, le Tribunal cantonal zurichois l'a déclaré coupable de tentative de blanchiment d'argent en mars 2026. Il a été condamné à une peine pécuniaire avec sursis de 150 jours-amende à 30 francs le jour.
Aucune connaissance dans l'horlogerie
Le Tribunal fédéral confirmé ce verdict, en suivant sur toute la ligne les juges zurichois. Ces derniers avaient retenu que l'homme savait qu'il transportait des petites coupures. Il n'en ignorait pas non plus la devise ni le montant approximatif. Il n'avait pas pu fournir d'explication convaincante sur l'origine de cette somme.
Les juges avaient constaté que l'homme ne connaissait par ailleurs rien à l'horlogerie et ne disposait d'aucune expérience dans le commerce des montres. La devise transportée n'a aucun lien avec son pays d'origine, le pays où il a transité ou sa destination finale.
Les juges en ont conclu qu'il était irréaliste que le commandaitaire ait envoyé une connaissance ukrainienne traverser la frontière juste pour acheter des montres. Tout plaide au contraire pour l'origine criminelle de l'argent ainsi transporté. (arrêt 6B_363/2026 du 12 août 2026) (jah/ats)
