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L’UDC lance une initiative «pour protéger les frontières suisses»

Protéger les frontières suisses, voici la nouvelle initiative de l’UDC

L’UDC lance une initiative «pour la protection des frontières» qui touche notamment l’entrée et la demande d’asile en Suisse.
25.05.2024, 15:35
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Thomas Aeschi, Fraktionspraesident und Nationalrat SVP-ZG, kommt auf die Buehne, vor seiner Rede ueber die Lancierung der Volksinitiative "Asylmissbrauch stoppen", beim Sonderparteitag der S ...
Thomas Aeschi, président du groupe parlementaire UDC et «père de l'initiative».Keystone

L'UDC a accepté à l'unanimité samedi à Bâle le lancement d'une initiative «pour la protection des frontières».

«En protégeant nos frontières, nous protégeons notre patrie.»
Marcel Dettling lors de l’ouverture de l'assemblée extraordinaire du parti à Bâle.

L'initiative, présentée aux délégués par le conseiller national zougois Thomas Aeschi, prévoit que les personnes qui entrent en Suisse soient systématiquement contrôlées aux frontières. Si cette mesure n'est pas compatible avec un accord international, le Conseil fédéral doit le renégocier. Si la négociation n'aboutit pas, la Suisse doit alors dénoncer cet accord.

L'initiative stipule que l'entrée et l'asile ne seront pas accordés à des personnes arrivant en Suisse par un pays tiers sûr. Le texte prévoit aussi d'ancrer dans la Constitution que le Conseil fédéral peut fixer un contingent de 5000 procédures d'asile par année au maximum.

Plus de «droit de rester»

L'admission provisoire est également exclue. Il n'y aura donc plus de «droit de rester», ce qui concerne notamment «les jeunes hommes d'Afrique, d'Afghanistan, d'Irak, de Syrie, de Turquie et des Balkans», a déclaré Thomas Aeschi, président du groupe parlementaire UDC et «père de l'initiative».

L'initiative demande également que la Confédération, en collaboration avec les cantons, s'assure que les personnes en situation irrégulière quittent la Suisse dans un délai de 90 jours. Passé ce délai, les prestations des assurances sociales et les contrats de travail doivent être annulés.

Le lancement de l'initiative a été accepté à l'unanimité des 212 délégués présents.

Accords de Schengen et Dublin

La mise en oeuvre de l'initiative serait en contradiction avec les accords de Schengen et Dublin. Le peuple et les cantons ont approuvé l'association à ces accords en 2005. Ces accords, entrés en vigueur il y a 15 ans, concernent la libre circulation des personnes et le domaine de l'asile. L'espace Schengen compte actuellement 29 Etats membres.

Marcel Dettling, Parteipraesident SVP, spricht beim Sonderparteitag der SVP, am Samstag, 25. Mai 2024 in Basel. (KEYSTONE/Peter Klaunzer)
Marcel Dettling.Keystone

Marcel Dettling a lancé lors de l’ouverture de l'assemblée extraordinaire que «Les frontières ne sont plus protégées» et «le chaos de l'asile se poursuit sans relâche». Cela s'accompagne d'une hausse de la criminalité.

«Nous avons perdu depuis longtemps le contrôle de nos frontières. Nous ne savons plus qui entre dans notre pays.»
Marcel Dettling.

«A la population d'agir»

Les autres partis au Parlement «empêchent nos solutions et ne font rien pour remédier au chaos de l'asile, c'est maintenant à la population d'agir», a déclaré Marcel Dettling. C'est pour cette raison que le parti lance l'initiative populaire «stop aux abus en matière d'asile (initiative pour la protection des frontières)».

Après le discours du président, plusieurs orateurs se sont succédé à la tribune. Christian Bock, ancien directeur de l'Office fédéral des douanes et de la sécurité des frontières (OFDT), a déclaré que les contrôles aux frontières rendent la Suisse «plus sûre». C'est «un des éléments» permettant de maîtriser la migration irrégulière.

Immigration «hors de contrôle»

Pour le conseiller national thurgovien Pascal Schmid, «l'immigration en Suisse est hors de contrôle». «Elle surcharge notre pays, nos écoles, nos infrastructures et notre nature» et «notre population en paie le prix fort». Ceux qui prétendent le contraire sont «soit naïfs, soit ils font partie de ceux qui en profitent».

La conseillère nationale genevoise et vice-présidente de l'UDC Céline Amaudruz a dénoncé «le tourisme criminel qui s'envole» dans les régions frontalières comme Genève. «Les frontières nationales sont délaissées» et «le sentiment de sécurité et la confiance dans la protection étatique disparaissent».

Un important dispositif policier était visible tout autour du Centre des congrès de la Foire de Bâle où se déroulait l'assemblée extraordinaire de l'UDC. Un groupe d'une vingtaine de personnes a protesté devant le bâtiment avec des banderoles critiquant la politique migratoire de l'UDC.

«Attaque frontale»

Les réactions ne se sont pas fait attendre. L'association Operation Libero a annoncé le lancement d'une pétition pour l'invalidation de l'initiative de l'UDC sur la protection des frontières:

«Elle ne contrevient pas seulement à l'Etat de droit, au droit d'asile et à de nombreux accords internationaux, mais aussi aux règles impératives du droit international.»

Pour l'Organisation suisse d'aide aux réfugiés, l'initiative est une «attaque frontale contre le droit suisse et international des réfugiés» et ne pourra pas être appliquée dans la pratique.

La Jeunesse socialiste (JS) abonde dans le même sens: le contenu de l'initiative constitue une attaque frontale contre le droit d'asile et le droit international, écrit le parti. La JS condamne cette attaque avec la plus grande fermeté et s'opposera de toutes ses forces à cette initiative. «L'UDC montre aujourd'hui clairement son glissement collectif vers l'extrême droite et donc sa dangerosité pour notre société». (lal/ats)

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