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Les cinq présidents de parti, des Vert.e.s (à gauche) à l’UDC (à droite). keystone

Le chaos afghan fait réagir les partis politiques suisses

Tous les partis du pays ont leur petit avis sur la politique de la Suisse dans le cadre du chaos qui se déroule en Afghanistan.



La prise de pouvoir éclaire des talibans en Afghanistan ne laisse personne indifférent. Mercredi, le Conseil fédéral a profité de sa conférence de presse hebdomadaire pour annoncer ses intentions, notamment dans l’éventuel accueil de migrant. Il a d’ailleurs déjà annoncé offrir l’asile en Suisse aux employés de la Confédération sur place et à leur famille, soit 230 personnes.

La société civile se mobilise ici et là, comme avec cette pétition en ligne destinée au Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM). Elle demande en substance que la Suisse transfère chez elle et à titre humanitaire davantage de personnes (5000). Les formations politiques ne sont pas en reste et ont aussi leur avis sur la question. Pas de surprise dans les prises de position, avec ces partitions au plus proches de leur vision du monde. Petit tour d’horizon, de gauche à droite.

Les Vert.e.s

Un Conseil fédéral «insensible»: c’est le mot choisi par le parti écologiste pour fustiger «l’attentisme» de l’Exécutif. Les Vert.e.s estiment que ce dernier devrait suivre l’exemple du Canada et de la Grande-Bretagne, deux pays ayant annoncé leur intention d’accueillir 20 000 réfugiés chacun en provenance d’Afghanistan.

«De surcroît, la Suisse doit garantir à tous les Afghans vivant ici un titre de séjour sûr et faciliter la venue de leurs proches au nom du regroupement familial»

Balthasar Glättli, président des Vert.e.s suisses et consseiler national zurichois.

Parti socialiste (PS)

Le parti à la rose est peut-être le plus virulent à l’encontre du Conseil fédéral. Avant même la conférence de presse de l’Exécutif de mercredi, il s’est fendu d’un communiqué demandant que la Suisse soutienne un quota international de réfugiés. Le parti socialiste a également lancé un appel à l’accueil de 10 000 «personnes vulnérables».

«Toutes les personnes originaires d’Afghanistan en Suisse ont immédiatement besoin d’un statut de protection. En outre, la Suisse doit secourir les familles de ces personnes ainsi que d’autres personnes en provenance de l’Afghanistan dont la vie est en danger, sans aucune formalité administrative»

Carlo Sommaruga, conseiller aux Etats genevois.

Le PS organise aussi une conférence de presse ce vendredi

Le Centre (ex-PDC)

Le parti du Centre se montre lui plus mesuré et se limite à saluer la décision du Conseil fédéral d’accueillir les employés de la Direction du Développement et de la Coopération suisse (DDC) en Afghanistan ainsi que les membres de leur famille.

«En ce qui concerne l'admission de contingents de réfugiés, Le Centre ne veut pas que la Suisse fasse cavalier seul, mais considère que la participation de la Suisse à une initiative internationale, par ex. du HCR, est une meilleure solution»

Le Centre

Parti libéral-radical (PLR)

La PLR est dans une position un peu délicate: les deux conseillers fédéraux au front dans ce dossier, Ignacio Cassis et Karin Keller-Sutter, sont libéraux-radicaux. Ils sont même un peu concurrents quand on connait le risque de voir le PLR perdre un siège au Conseil fédéral, selon le résultat des élections fédérales de 2023.

Peu étonnant dès lors que le parti leur témoigne du plus grand soutien. Leur communicante, Floriane Wyss, renvoie aussi vers la position du PLR sur la politique de migration. On peut notamment y lire:

«Il est important que la Suisse puisse continuer de pouvoir compter sur une main-d'œuvre étrangère hautement qualifiée. Nous voulons, dans un même temps, résolument lutter contre les abus et les effets négatifs : combattre le tourisme social, limiter l'immigration en provenance d’Etats tiers et remédier aux abus dans le domaine de l'asile»

Union démocratique du centre (UDC)

L’UDC réagit au chaos afghan en craignant une vague migratoire qui passerait par la Suisse. «Ce que l’UDC rejette catégoriquement, ce sont les réfugiés contingentaires. Ce serait une invitation pour des centaines de milliers d’Afghans à venir en Europe et donc en Suisse», écrit le premier parti du pays dans un communiqué. Elle se dit aussi vigilante à la sécurité de la population suisse en demandant d’éviter à tout prix «des flux d’asile incontrôlés» qui «inciteront également des islamistes, des auteurs de violences et de non-intégrables d’entrer en Suisse».

Il veut aussi laisser passer un peu de temps:

«L’asile ne doit être obtenu que pour les réfugiés menacés de mort. Il est préférable d’apporter de l’aide sur le terrain et dans les pays voisins. À l’heure actuelle, la situation en Afghanistan n’est pas claire. Il faut attendre de voir comment se déroule le changement de pouvoir et ce qui résultera des négociations internationales»

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source: sda / khwaja tawfiq sediqi
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