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La Corée du Nord veut renouer le dialogue avec la Suisse

La Corée du Nord veut renouer le dialogue avec la Suisse

En visite à Pyongyang, Ignazio Cassis a rencontré son homologue nord-coréenne pour des discussions jugées «fructueuses».
31.10.2026, 08:1031.10.2026, 08:10
Swiss Foreign Minister Ignazio Cassis, center right, is greeted by officials of North Korea's ministry of foreign affairs on the arrival at Pyongyang International Airport in Pyongyang, North Kor ...
Pyongyang et Ignazio Cassis.Keystone

La Corée du Nord s'est montrée très intéressée à la réouverture du bureau diplomatique suisse à Pyongyang, a indiqué samedi le chef de la diplomatie suisse Ignazio Cassis. Il a eu deux heures de discussions «fructueuses» avec son homologue nord-coréenne Choe Son-hui.

Le conseiller fédéral a achevé vendredi une visite de deux jours à Pyongyang, où il a participé notamment à la réouverture du bureau diplomatique suisse à Pyongyang. Il était le premier membre du Conseil fédéral à se rendre en Corée du Nord depuis Micheline Calmy-Rey en 2003.

L'objectif de cette représentation diplomatique permanente est de renouer le dialogue avec les autorités nord-coréennes, a redit samedi Ignazio Cassis, interrogé par l'agence de presse Keystone-ATS. Il s'agit d'«une remise à jour des relations» entre les deux pays, a-t-il ajouté.

Outre des discussions avec la ministre nord-coréenne des affaires étrangères, le conseiller fédéral s'est également entretenu avec un représentant du comité central du parti du travail de Corée, Jo Yong-won, avec qui il a parlé de sécurité. Il n'a en revanche pas rencontré le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un.

Les entretiens ont permis de poser des bases pour de futurs projets liés à l'alimentation et la santé, a précisé Cassis. Face au regain de tension que connaît actuellement la péninsule coréenne, il a également proposé les bons offices de la Suisse, une proposition bien accueillie, selon lui.

Quatre personnes

Le bureau diplomatique de Pyongyang avait été fermé en mars 2020 en raison de la pandémie de Covid-19. Relevant de l'ambassade de Suisse à Pékin, qui reste compétente pour les relations diplomatiques et consulaires avec la Corée du Nord, il a été réouvert le 19 octobre.

Le représentant diplomatique à Pyongyang est Sylvain Astier, l'ancien envoyé spécial de la Suisse pour la Corne de l'Afrique, a encore indiqué le chef de la diplomatie suisse. Il est secondé par trois employés locaux. Le nombre de personnels diplomatiques suisses à Pyongyang est susceptible d'augmenter en fonction des projets, a souligné le ministre suisse.

Après la Corée du Nord, Cassis s'est rendu à Séoul, où il a fait part des entretiens menés à Pyongyang. Les responsables sud-coréens ont montré un «grand intérêt» à la réouverture du bureau diplomatique, a ajouté le conseiller fédéral. Les discussions ont été très cordiales en Corée du Sud, avec laquelle la Suisse entretient d'excellentes relations, a encore précisé Cassis.

Le chef de la diplomatie suisse a rencontré le conseiller à la sécurité nationale Wi Sung-lac et le vice-ministre des affaires étrangères Jeong Yeondoo, a indiqué samedi le Département fédéral des affaires étrangères dans un communiqué. Les échanges ont porté sur la sécurité dans la péninsule coréenne, les perspectives de réduction des tensions régionales et les relations bilatérales entre la Suisse et la République de Corée.

Regain de tensions

La Suisse a des relations diplomatiques depuis 1974 avec la Corée du Nord et depuis 1963 avec la Corée du Sud. Elle mène un dialogue politique régulier depuis 2003 avec Pyongyang.

Depuis 1953, la Suisse participe à la surveillance du cessez-le-feu conclu la même année entre la Corée du Nord et la Corée du Sud. Cinq officiers suisses sont stationnés à Panmunjom dans ce cadre, au sein de la Commission de surveillance des Etats neutres (NNSC), aux côtés de cinq officiers suédois.

La commission accompagne des inspections, observe certaines activités militaires et rend compte de manière indépendante du respect de l'accord. Cassis a indiqué ne pas avoir rencontré les observateurs suisses dans la zone démilitarisée lors de son voyage, comme il l'avait fait il y a quelques années. Il a reçu une «analyse profonde» de la situation par le major général Ivo Burgener, chef de la mission suisse à la NNSC.

La région connaît depuis quelque temps une multiplication des incidents liés à la Corée du Nord.

En septembre, trois soldats sud-coréens ont été blessés par l'explosion de deux mines nord-coréennes dans la zone démilitarisée (DMZ), posées, selon Séoul, de son côté de la frontière, ce que Pyongyang a catégoriquement nié. Une enquête conjointe menée par Séoul et l'ONU au début octobre a conclu que la Corée du Nord avait posé ces mines il y a plus d'un an.

Corée du Nord et Corée du Sud restent techniquement en guerre, leur conflit de 1950-1953 s'étant achevé par un armistice et non par un traité de paix. (dal/ats)

La Corée du Nord lance une chanson de propagande lunaire
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