Visés par une plainte et prêts à «la poursuite du combat» à Neuchâtel
Le collectif Abal ne campe plus aux anciens abattoirs de Serrières. Après dix jours d'occupation et l'annonce d'une plainte pénale déposée par la Ville de Neuchâtel, les militants ont quitté les lieux dans la nuit de lundi à mardi. Mais loin d'abandonner leur projet de centre culturel autogéré, ils entendent désormais poursuivre leur mobilisation sous une autre forme.
Installé depuis le 6 juin sur cette friche industrielle appartenant à la Ville, le collectif souhaitait créer un espace culturel accessible et autogéré. Comme l'avait relaté watson la semaine dernière, les occupants assumaient alors une présence qu'ils qualifiaient d'«illégale, mais légitime», affirmant vouloir répondre au manque de lieux abordables pour les artistes et les acteurs culturels de la région.
Offensive judiciaire
Le tournant est intervenu lundi soir. Selon ArcInfo, la conseillère communale en charge de la culture, Julie Courcier Delafontaine, a annoncé devant le Conseil général que la Ville avait déposé une plainte pour occupation illégale et violation de domicile.
Les autorités reprochent notamment au collectif d'avoir refusé de quitter les lieux malgré un ultimatum fixé vendredi dernier. La Ville rappelle également que le site est destiné à être démoli dès la rentrée d'août et qu'il présente des risques liés à son état et à sa pollution. Selon ATS, l'exécutif se dit prêt à discuter d'un soutien au projet culturel porté par ABAL, mais uniquement en dehors des anciens abattoirs et dans le respect des procédures habituelles.
La critique des occupants
«Le Collectif Abal quitte les lieux sous la contrainte judiciaire et annonce la poursuite immédiate du combat», face à cette offensive judiciaire, annonce-t-il mardi matin. Abal explique avoir quitté les lieux pour éviter un conflit judiciaire qu'il juge coûteux et anxiogène. Les militants dénoncent toutefois la méthode employée par la Ville, estimant avoir appris l'existence de la plainte par le biais du Conseil général plutôt que par une communication officielle.
Le collectif dénonce également ce qu'il considère comme une communication contradictoire. Il affirme que la Ville a durci le ton en annonçant une plainte pénale avant d'évoquer, selon lui, une ouverture au dialogue sur la question de l'accès à la culture.
Mobilisation mardi soir
Si l'occupation est terminée, le mouvement assure que la mobilisation continue. Dans son communiqué, Abal affirme avoir recueilli 1190 signatures de soutien en quelques jours et bénéficié de l'appui de plusieurs acteurs culturels, associatifs et politiques. Le collectif appelle désormais ses sympathisants à se réunir ce mardi soir devant l'Hôtel de Ville pour discuter de la suite du mouvement.
Autrement dit, la stratégie change, mais le combat pour obtenir un espace culturel autogéré à Neuchâtel se poursuit. (jah)
