Transports: le Conseil fédéral fixe sa vision 2045
En novembre 2024, le peuple suisse a rejeté six projets d’extension d’autoroutes. À peu près au même moment, on apprenait que la phase d’aménagement du réseau ferroviaire déjà décidée coûterait quatorze milliards de francs supplémentaires environ, notamment à cause de nouveaux besoins.
Le Conseil fédéral a donc dû fixer des priorités. Pour ce faire, il s'est appuyé sur une expertise de l'EPFZ publiée l'automne dernier et sur des évaluations internes. Le gouvernement entend procéder par étapes. Il présentera un premier message au Parlement en 2027, puis un suivant en 2031.
Aménagement du rail
RETENUS: Parmi les projets retenus figure une amélioration de la ligne ferroviaire Bienne-Lausanne/Genève. Elle nécessite des investissements de quelque 50 millions dans la région de Renens. D'autres projets concernent le trafic régional entre Genève et Lausanne, la ligne directe entre Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds ainsi que l'extension de la gare de Genève Cornavin. Le projet Morges-Perroy qui prévoit la construction d'une double voie additionnelle et d'un tunnel, fait aussi partie des priorités, mais ne sera inclus que dans le message 2031. Des questions juridiques et techniques doivent être clarifiées.
Outre-Sarine, il est notamment prévu d'augmenter la cadence sur certaines lignes, entre Berne et Zurich, entre Berne et Lucerne ou encore entre Bâle et Zurich. La première étape de la gare de passage de Lucerne et le tunnel du Grimsel ont aussi été retenus.
FINANCEMENT: Environ 24 milliards de francs sont nécessaires pour l'aménagement du réseau ferroviaire jusqu'en 2045, indique le Conseil fédéral. Il manque actuellement quelque 10 milliards.
Pour y remédier, l'exécutif prévoit une prolongation du pour mille de la TVA temporaire après 2030, comme source de revenus pour le Fonds d'infrastructure ferroviaire (FIF). De quoi générer huit milliards de recettes supplémentaires jusqu'en 2045. Le Conseil fédéral examine différents scénarios pour couvrir les deux milliards restants.
ABANDONNES: Berne avait indiqué en janvier ne pas pouvoir poursuivre l'ensemble des projets approuvés. Il a listé vendredi les 68 projets d'aménagement de petite ou moyenne envergure qui passeront à la trappe. Ils étaient devisés à environ 2,5 milliards.
Aménagement des routes
RETENUS: Dans l'étape d'aménagement 2027, l'élargissement à six voies entre Perly et Bernex (GE) doit permettre de supprimer un goulet d'étranglement. Un autre élargissement est prévu en Argovie. Ces deux projets sont devisés à environ 1,6 milliard de francs. Par ailleurs, huit projets routiers sont prévus pour 2045 pour un montant de 9,3 milliards.
FINANCEMENT: par le Fonds pour les routes nationales et le trafic d'agglomération (FORTA). Pour l'alimenter, le Conseil fédéral part du principe que la redevance sur les véhicules électriques entrera en vigueur comme prévu en 2030.
ABANDONNES: 31 projets représentant environ 16 milliards de francs ont été abandonnés. En font notamment partie les projets d'aménagement entre Le Vengeron (GE) et Nyon (VD) et entre Schönbühl et Kirchberg (BE), rejetés en votation populaire. Pour ces tronçons, la Confédération examine des mesures d'exploitation, par exemple la réaffectation temporaire de la bande d'arrêt d'urgence, pour fluidifier le trafic aux heures de pointe.
Trafic d'agglomération
RETENUS: Le gouvernement entend aussi soutenir un développement coordonné des transports et de l'urbanisation dans les grandes agglomérations. Il a retenu plus de 100 projets dans 40 d'entre elles. En Suisse romande, l'interface multimodale Grand-Saconnex (GE)/Aéroport, le prolongement de la ligne de tram à Saint-Genis-Pouilly près de Genève et les bus électriques dans l'agglomération de Lausanne-Morges devraient notamment bénéficier d'un soutien.
FINANCEMENT: L'ensemble des projets retenus sont évalués à 1,68 milliard de francs. Ils devraient être financés via le fonds FORTA.
Suite de la procédure
La consultation court jusqu'au 9 octobre. Le Conseil fédéral transmettra ensuite un message au Parlement au début de l'année prochaine. Le Parlement se saisira alors du dossier. (ats/vz)
