Un couvre-feu pour les félins vaudois? «Chat va pas le faire!»
Porté par Mathilde Marendaz (Ensemble à gauche – POP) et Sébastien Humbert (Vert'libéraux), ce postulat évoquait «la menace» du chat sur la biodiversité, notamment par ses attaques sur les oiseaux et les batraciens.
Se référant à des études récentes, le texte soulignait ainsi que les 1,7 million de chats recensés dans le pays tueraient chaque année 30 millions d'oiseaux et un demi-million de reptiles et d'amphibiens. On compterait près de 300'00 petits félins dans le canton de Vaud, or 40% d'espèces d'oiseaux sont menacées en Suisse a souligné Nathalie Vez (Les Verts).
Pour les postulants, les chats, et plus précisément leurs litières, posent aussi un problème environnemental. Des litières minérales qui constituent entre 5% et 10% des mâchefers (les résidus des déchets incinérés), ce qui représente entre 40 000 et 80 000 tonnes par année de déchets en Suisse.
Le postulat demandait au Conseil d'Etat d'étudier la faisabilité de diverses mesures, comme l'enregistrement obligatoire des chats ou des limitations en matière d'importation et d'élevage. Il préconisait aussi, entre autres, de promouvoir le recours aux litières végétales.
Pas sérieux
Adopté à l'unanimité (moins une abstention) en commission, le postulat s'est pourtant heurté mardi au bloc PLR-UDC.
Il a mis en doute «le sérieux» et «l'application» des mesures évoquées dans le postulat.
Comme lui, plusieurs élus de droite ont particulièrement tiqué sur l'une des mesures listées dans le texte, à savoir l'instauration de couvre-feux nocturnes pour les chats, ou la tenue d'un registre. Quant au Vert libéral Jacques-André Haury, il a ironisé sur le fait que ce thème sur la «surpopulation» divisait les rangs du Grand Conseil.
Des députés de gauche ont relevé qu'il ne s'agissait que d'une «panoplie de mesures» et qu'il reviendrait au Conseil d'Etat de sélectionner les meilleures solutions, mais la majorité de droite n'a pas été convaincue. Evoquant même «une perte de temps», elle a demandé à abréger les débats et à passer au vote. Celui-ci s'est conclu par un refus du postulat par 63 voix, contre 57 «oui» et huit abstentions. (ats/vz/fnt)
