«Rima, go home!» L'UDC ne veut pas de la propalestinienne au Parlement
La venue annoncée de Rima Hassan au Parlement fédéral, en principe entre le 8 et le 12 juin, crée des remous dans les rangs politiques. Pour l’heure, seules des voix UDC se sont opposées publiquement à cette visite, souhaitée par le conseiller aux Etats socialiste genevois Carlo Sommaruga. L'une d'elles, le conseiller national Manfred Bühler, a déposé ce lundi une question écrite au Conseil fédéral, qui devrait rendre sa réponse «le 8 juin à 14h30», indique l'élu du Jura bernois à watson.
Titre de la question posée:
Le conseiller national du parti national-conservateur rappelle les propos tenus le 27 février 2025 par l’eurodéputée de La France insoumise (LFI): «Le Hamas a une action légitime du point de vue du droit international». Il mentionne aussi sa prochaine comparution devant un tribunal français pour «apologie du terrorisme» à la suite d’un tweet de sa part publié cette année et depuis supprimé, où elle semblait rendre hommage au terroriste japonais Kozo Okamoto, lequel avait participé à un attentat anti-israélien le 30 mai 1972 à l'aéroport de Lod-Tel Aviv. L’attaque avait fait 26 morts, dont un Canadien, huit Israéliens et 17 citoyens américains de Porto Rico.
Le tweet valant comparution devant un tribunal👇
Manfred Bühler pose dès lors deux questions au gouvernement:
Sur son compte Instagram, le conseiller national est plus «cash»:
C’est le SonntagsBlick qui a révélé dimanche l’invitation faite à Rima Hassan par Carolo Sommaruga, le président du groupe parlementaire Suisse-Palestine.
L'eurodéputée sera accompagnée par l'ex-maire de Genève Rémy Pagani, qui avait participé à la flottille pour Gaza en 2025. D'autres membres suisses revenus il y a une dizaine de jours de la dernière expédition pour le territoire palestinien seront également présents, a indiqué Carlo Sommaruga. Rima Hassan a, elle aussi, été arrêtée en mer en 2025, transférée en Israël, puis expulsée, rappelait ATS-Keystone dimanche dans une dépêche.
Toujours cité par ATS-Keystone, le sénateur genevois indique «Rima Hassan n’a jusqu’à ce jour pas été condamnée en France».
Carlo Sommaruga ajoute avoir avisé les services de sécurité du parlement comme pour toute personnalité exposée.
De son côté, Manfred Bühler «croit savoir que les services du Parlement sont inquiets».
Joint par watson, le Franco-Suisse Rémy Pagani, ex-maire de Genève, conseiller municipal et par ailleurs fraîchement élu au conseil des Français de l’étranger, livre quelques détails au menu de sa visite conjointe à celle de Rima Hassan à Berne.
Lancée il y a un jour sur le site change.org, une pétition initiée par un «influenceur patriote valaisan» ne révélant pas son nom a déjà recueilli plus de 1700 signatures.
Le texte de la pétition dit, entre autres:
De son côté, la Fédération suisse des communautés israélites (FSCI) juge la venue de Rima Hassan au Parlement fédéral «incompréhensible». Dans un communiqué, la FCSI entre autres:
Les socialistes divisés
On ne le découvre pas, le Parti socialiste est divisé en Suisse sur la question palestinienne et l'attitude à adopter vis-à-vis d'Israël. Les socialistes romands, certes pas tous, passent pour plus «radicaux» que leurs camarades alémaniques. Joint par watson, le conseiller national socialiste argovien Stefan Dietrich, auteur d’une résolution au sein du PS condamnant l’antisémitisme, notamment celui venant de la gauche, considère ainsi cette invitation à Rima Hassan «comme une erreur».
Stefan Dietrich développe son point de vue:
En décembre 2024, Carlo Sommaruga avait été le seul conseiller aux Etats à voter contre l’interdiction du Hezbollah et du Hamas en Suisse. A l’époque, le sénateur genevois avait condamné «l'abomination des actes » du Hamas. Mais il appelait à adopter «une approche de raison». La Suisse doit maintenir le dialogue même avec des organisations «extrêmement agressives et problématiques», affirmait-il. Au moment de la parution du présent article, Carlo Sommaruga n'avait pas répondu à nos sollicitations.
Ce n'est pas la première fois qu'une institution importante reçoit ou donne abris à une personnalité propalestinienne devant comparaître en France pour apologie du terrorisme. En février, l'Université de Genève avait autorisé Omar Alsoumi, invité par le syndicat étudiant des lieux, à donner une conférence.
