Suisse
Politique

La situation se tend entre Beat Jans et Albert Rösti

Beat Jans et Albert Rösti ne s'entendent plus
Albert Rösti (à gauche) et Beat Jans se lancent des piques par département interposé.Image: 500px

Ça chauffe entre ces deux conseillers fédéraux

Entre les départements d'Albert Rösti et de Beat Jans, les sujets de discorde ne manqueraient pas. Alors que les juristes de la Confédération auarient tenté de raisonner Rösti, ce dernier n'en ferait qu'à sa tête, et énerverait son collègue socialiste.
22.02.2026, 18:4923.02.2026, 07:17

Les querelles du Conseil fédéral qui parviennent aux oreilles du grand public sont (très) rares. Mais lorsque des informations filtrent, par exemple, on découvre une autre facette de la Coupole: derrière la façade de la collégialité, les affrontements peuvent parfois être vigoureux.

On se souvient notamment du moment où il a été révélé que l’ancien conseiller fédéral Christoph Blocher avait suggéré à son collègue de l’époque, Moritz Leuenberger, de démissionner lors d’une séance du Conseil fédéral.

Et voilà que des documents internes que la NZZ am Sonntag dit avoir pu consulter, en vertu de la loi sur la transparence, suggèrent que des tensions récurrentes existeraient aussi entre le socialiste Beat Jans et l'élu de l'Union démocratique du centre (UDC) Albert Rösti.

Rösti n'en ferait qu'à sa tête

Au centre de l’affaire, il y aurait un schéma récurrent. L’Office fédéral de la justice de Beat Jans aurait, dans plusieurs dossiers, mis en garde contre des problèmes juridiques concernant des dossiers de son département — tandis qu’Albert Rösti poursuivrait ses projets malgré ces couacs.

Selon le journal, les juristes sous l'égide de Jans auraient ainsi critiqué l’ordonnance de Rösti sur les centrales énergétiques de réserve, censées garantir l’approvisionnement en électricité en cas d’urgence.

Dans une expertise interne, l’Office fédéral de la justice aurait remis en question la pertinence de l’ordonnance et qualifié les plans de «délicats», au regard du droit constitutionnel. Albert Rösti aurait rétorqué que le Conseil fédéral dans son ensemble considérait l'ordonnance comme constitutionnelle.

Les désaccords seraient nombreux

Un autre exemple concernerait le pesticide deltaméthrine. À la suite de résultats préoccupants concernant des mesures relevées dans un cours d’eau lucernois, il aurait été question d'imposer des limites plus strictes pour l'utilisation de ce produit.

Mais, d'après nos confrères, Albert Rösti aurait refusé cette option — allant même à l’encontre de la ligne défendue par son propre Office de l’environnement. Dans une prise de position, l’Office fédéral de la justice aurait objecté qu’il serait illégal de renoncer à une adaptation des doses pour des motifs de politique agricole.

Des conflits similaires auraient également éclaté pour des sujets tels que le loup, la protection des eaux ou la taxe sur le CO₂.

Face à tout cela, le département d’Albert Rösti a rétorqué à la NZZ devoir mettre en balance plusieurs intérêts. ll affirme prendre également en compte les «importants avis des spécialistes» de l’Office fédéral de la justice. Les décisions, souligne-t-il, sont toutefois prises en dernier lieu par le Conseil fédéral. (kma)

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