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Votations: tout savoir sur l'initiative contre les feux d'artifice

Les feux d'artifice à usage privé pourraient bientôt être interdits en Suisse.
Les feux d'artifice à usage privé pourraient bientôt être interdits en Suisse.Image: Keystone

Voici ce qui changerait en Suisse si les feux d'artifice étaient interdits

Des amis des animaux et des défenseurs de l’environnement ont lancé une initiative contre les feux d’artifice en Suisse. Le texte a de bonnes chances de remporter une majorité. Voici ce qu'il faut savoir.
01.11.2026, 16:1101.11.2026, 16:11
Michael Graber

Sur quoi votons-nous?

L’initiative veut interdire la vente et l’utilisation de pièces d’artifice qui font du bruit. Cette interdiction serait inscrite dans la Constitution. De fait, cela signifierait la fin de la grande majorité des feux d’artifice du 1er Août et du Nouvel An. Les détonations lors des mariages et des fêtes d'entreprises seraient elles aussi interdites.

Des exceptions sont cependant prévues pour les «manifestations d’importance suprarégionale». On pense par exemple à un grand feu d’artifice lors d’une fête annuelle de ville. Les exceptions possibles ne sont toutefois pas définies avec précision.

En cas d'acceptation, les autorités compétentes pour délivrer les autorisations seraient les cantons. Les feux d’artifice peu bruyants, comme les volcans et les allumettes de Bengale, resteraient, eux, autorisés.

Quid des interdictions communales?

Effectivement, ces dernières années, diverses interdictions locales ont été décrétées, surtout dans les cantons des Grisons, de Zurich et d’Argovie. C'était notamment le cas dans une majeure partie du pays cette année, avec la sécheresse record que l'on a connue.

Lors des référendums locaux, ce sont généralement (mais pas toujours) les opposants aux feux d'artifice qui l'ont emporté.

Pourquoi faut-il alors une interdiction nationale?

C’est l’un des grands points de discorde de l'initiative: les opposants aux feux d’artifice font valoir que le bruit et la pollution ne connaissent pas de frontières communales et qu’un patchwork de réglementations ne fait qu’engendrer davantage de problèmes, comme des reports vers d’autres communes.

Pour le camp adverse, en revanche, une interdiction nationale va trop loin et empiète sur l’autonomie communale. Une culture de l’interdiction de plus en plus marquée est donc crainte.

Qui veut d'une interdiction?

L’idée est née d’une exaspération face au bruit et à la pollution des feux d’artifice. Quinze personnes se sont réunies en comité et ont lancé l’initiative populaire. Toutes s’engagent «sans agenda politique partisan pour la protection des êtres humains, des animaux et de l’environnement», écrivent les initiants.

Forts du soutien de diverses organisations de protection des animaux et de la nature, ils ont réussi à réunir près de 138 000 signatures. Lors du lancement de la campagne, ils ont aussi renoncé au soutien de personnalités politiques connues, même si, entre-temps, le PS ou Les Verts, par exemple, se sont ralliés à la cause.

Et qui s’y oppose?

Il existe une large alliance d’opposants. Le Conseil fédéral, de même que tous les partis bourgeois, se sont prononcés contre l’interdiction lors du débat parlementaire. Mais, là aussi, les grands noms de la politique étaient absents du lancement de la campagne pour le «non».

Les Jeunes libéraux-radicaux étaient présents, de même que l’Union suisse des arts et métiers. Ceux-ci s’opposent surtout à une «vague d’interdictions galopante» et à un «Etat-nounou». L’industrie pyrotechnique se bat en première ligne contre l’interdiction. Elle estime que sa liberté économique serait restreinte et qu’environ 300 emplois à plein temps seraient menacés.

N’y a-t-il pas eu une proposition de compromis?

Si. Et le Parlement l’a coulée à la toute dernière seconde. Le point central du contre-projet aurait été une interdiction stricte des pétards, c’est-à-dire des pièces d’artifice sans effets visuels. Alors que, pour les partis bourgeois, c’était déjà aller trop loin, Les Verts jugeaient cela insuffisant.

Ils ont ainsi fait échouer le compromis, de manière surprenante, lors du vote final. Le corps électoral n’a donc plus le choix qu’entre une interdiction étendue et le statu quo.

Que disent les sondages?

Pour l’instant, les partisans de l’interdiction bénéficient d'une avance confortable. Selon un récent sondage, 68% des personnes interrogées veulent accepter le texte, contre seulement 30% qui le rejettent.

Pour les initiatives, ce n’est toutefois pas exceptionnel: elles sont souvent en tête au départ, mais perdent ensuite en popularité au cours de la campagne. Dans ce cas, l’écart entre les deux camps est cependant si important que ce serait une surprise si les opposants à l’interdiction parvenaient encore à rattraper puis à dépasser leurs adversaires.

Comment explique-t-on cette avance?

Le sujet est extrêmement émotionnel. Les partisans d’une interdiction font campagne avec des animaux et des enfants qui se bouchent les oreilles. Ce sont surtout les amis des animaux, tous partis confondus, qui soutiennent la cause. Ils font valoir que les feux d’artifice privés ont massivement augmenté ces dernières années dans de nombreux endroits.

Ce constant est toutefois difficilement mesurable de manière objective. D’autant que, ces dernières années, les feux d’artifice ont régulièrement été interdits dans de nombreuses régions suisses le jour de la fête nationale en raison d'épisodes météorologiques extrêmes. (trad. ysc)

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source: keystone / peter schneider
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