Le président du nouveau parti de Dittli vit en Espagne 120 jours par an
Luigi Mancini, le président du Mouvement libéral, ce nouveau parti vaudois dédié aux ambitions électorales de Valérie Dittli, vit une partie de l’année à Barcelone. Il est même socio du Barça, membre du mythique club catalan, depuis 17 ans, nous apprend-il au téléphone. Actuellement dans la cité barcelonaise, il devait assister mardi à 20 heures par visioconférence à une séance du bureau du conseil communal de Romanel-sur-Lausanne, commune dont il est l’un des élus.
Des «rumeurs» circulaient sur sa domiciliation. «Luigi Mancini vit en Espagne», murmurait-on dans son village situé sur les hauteurs du chef-lieu. Eh bien maintenant, c’est officiel. Lorsqu’il était intervenu par écran interposé lors de la conférence de presse de lancement du Mouvement libéral, le 24 septembre à Ropraz, dans le district de la Broye-Vully, les journalistes se demandaient où il pouvait bien être. Voici sa réponse aujourd'hui:
«Si je n’avais pas été en vacances à ce moment-là, je serais revenu en Suisse pour la conférence de presse», assure-t-il.
Luigi Mancini tient à préciser les points suivants pour éviter les méprises à son sujet:
Agé de 63 ans, cet installateur électricien titulaire d’une maîtrise fédérale, partage donc sa vie entre le canton de Vaud et l’Espagne, où il mène depuis près de vingt ans une partie de ses affaires, dans le secteur photovoltaïque. Sa réussite professionnelle lui permet d’avoir du temps libre.
Luigi Mancini dit vivre environ 120 jours par année à Barcelone, le maximum autorisé par l’administration barcelonaise étant 180 jours, après quoi il faut payer des impôts sur place.
Binational italo-suisse – ses parents ont émigré en Suisse venant des Abruzzes et Molise –, Luigi Mancini a fait son service militaire sous le drapeau à croix blanche.
Dans le parti, ils savent
Dans le parti qu’il préside, les gens, à commencer par Valérie Dittli, savent qu’il réside une partie de l’année à Barcelone, affirme-t-il.
On se souvient des polémiques entourant la domiciliation fiscale de la Zougoise lorsqu’elle se lança dans le grand bain de la politique vaudoise. Elle payait encore ses impôts dans le canton de Zoug au moment de sa nomination à la tête du PDC Vaud, en 2020, au nez et à la barbe des «machos» d’une section jugée moribonde, avait-on chroniqué à l’époque. La jeune femme était encore étudiante en droit à l’Université de Lausanne et déjà pleine d’aplomb.
On ne pourra pas reprocher à Luigi Mancini d’être fiscalement domicilié ailleurs que dans le Pays de Vaud. Pas plus qu’on ne trouvera chez lui le moindre défaut d’intégration. Il confie être membre de Hockey 2000, une association d’entreprises versant leur obole au LHC.
Est-ce bien raisonnable?
Mais est-il bien raisonnable de présider un parti dont on est physiquement éloigné un tiers de l’année? Le président du Mouvement libéral veut le croire:
«Je n’imagine pas ne pas être présente physiquement»
Qu’en pensent les dirigeants des trois grands partis vaudois, le PLR, le PS et l’UDC, qui découvrent la domiciliation partielle de Luigi Mancini à Barcelone?
Florence Bettschart-Narbel, la présidente du PLR, «n’imagine pas ne pas être présente physiquement». Il lui paraît «très difficile» de présider un parti politique à distance, par visioconférence. «Je vois ce que je fais en tant que présidente: je suis très régulièrement sur le terrain, auprès des sections locales», relate-t-elle.
La dirigeante du Parti socialiste, Oriane Sarrasin, se veut respectueuse du choix de chacun en politique. La présidence à distance de Luigi Mancini ne la laisse pas moins dubitative:
Les statuts du PS Vaud ne mentionnent pas une obligation de de résidence, en Suisse et dans le canton.
«A titre personnel, ajoute Oriane Sarrasin, je me verrais mal prendre la présidence d’un parti en vivant une partie de l’année à l’étranger.»
Le président de l'UDC, Sylvain Freymond, va au plus court:
Vers la fin de la double affiliation partisane?
Formation atypique, le Mouvement libéral autorise pour l’heure la double affiliation partisane. Son président, Luigi Mancini, qui fut encarté au PLR dans les années 2000 avant de le quitter, est ainsi membre également de «10-32 notre village», un micro-parti reprenant le code postal de Romanel-sur-Lausanne, où il compte quatre élus. Cette particularité a surpris dans les autres partis vaudois, où elle n’est pas de rigueur.
Luigi Mancini n’écarte pas qu’il puisse y être mis fin si les membres du Mouvement libéral devaient en décider, déclare-t-il à watson. Ce point devrait être abordé courant novembre lors de la prochaine assemblée générale de cette formation, qui ne cesse d’étonner.
