Le Grand Conseil bernois réclame 2% du PIB pour la défense
Le Grand Conseil bernois s'engage pour une augmentation des dépenses pour la défense militaire. Il a accepté jeudi par 86 voix contre 50 et 16 abstentions une motion chargeant le gouvernement de déposer auprès de l'Assemblée fédérale une initiative cantonale demandant que les dépenses pour l'armée s'élèvent à au moins 2% du PIB pendant dix ans.
Pour les motionnaires issus du PLR, de l'UDC et du Centre, la dotation financière actuelle de la défense nationale est loin d'être suffisante pour lui permettre de remplir sa mission de sécurité du pays et de la population. A l'appui de leur intervention, ils ont mentionné la situation géopolitique qui s'est dégradée.
Depuis 1990, l'armée s'est vu retirer des moyens financiers à grande échelle avec pour conséquence qu’elle n’est plus en mesure de se défendre, ont affirmé des élus bourgeois. Selon leurs estimations, le besoin de rattrapage s’élève aujourd’hui à environ 140 milliards de francs.
2% du PIB
Ils préconisent une enveloppe financière correspondant au standard européen en matière de politique de sécurité, soit 2% du PIB au moins.
Les partisans de la motion constatent que nombreux pays investissent aujourd’hui entre 1,8% et 4,7% de leur PIB dans leur défense. Les Etats présentant des conditions sociales et de sécurité comparables comme les pays scandinaves visent la valeur de référence de 2% du PIB consacrés à la défense. En revanche, la Suisse se situe en deçà de ce niveau, avec moins de 1%, soit 0,72% du PIB en 2024.
Appui du gouvernement
Les députés de l'UDC, du PLR et du Centre estiment que rien ne bouge dans la «Berne fédérale». Il est uniquement prévu de consacrer 1,0% du PIB à la défense militaire d’ici 2032. La gauche a voté contre cette motion, soulignant que la droite détenait la majorité sous la Coupole fédérale et pouvait donc augmenter les dépenses militaires.
Pour le Conseil-exécutif, qui soutenait la motion, ce projet permet de renforcer la défense nationale en lui consacrant un budget fédéral minimal sur une durée déterminée. Il estime que cette démarche soutient la capacité de la Suisse à assurer de façon crédible une défense nationale. (dal/ats)
