Rien compris au vote sur le service civil? On vous l'explique en 53 secondes
Le 14 juin, les Suisses voteront sur une modification de la loi fédérale sur le service civil. Un sujet certes plus discret que l'initiative UDC «Pas de Suisse à 10 millions», mais tout aussi débattu.
Le contexte est simple: depuis 2009, toute personne apte au service militaire peut demander à effectuer un service civil à la place, en déclarant unilatéralement un conflit de conscience. Le Conseil fédéral estime que le nombre élevé d'admissions (7211 nouvelles entrées en 2025 et plus de 60 000 personnes astreintes au service civil) fragilise les effectifs de l'armée.
Une votation cruciale pour l'avenir du service civil
La réforme introduit six mesures. La principale prévoit qu'en cas de «oui» le 14 juin, tout passage au service civil entraînera l'obligation d'effectuer au moins 150 jours de service, même pour les personnes ayant déjà accompli une partie de leurs obligations militaires.
En effet, aujourd'hui, un militaire qui passe au service civil après son école de recrue (ou plus tard), n'a qu'un nombre relativement faible de jours supplémentaires à effectuer. Car un facteur de 1,5 appliqué sur le solde restant.
Ce même facteur est appliqué aux civilistes qui accomplissent l'entier de leur obligation de servir. Cette dernière est 1,5 fois plus longue que s'ils avaient choisi l'armée.
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La réforme touche donc les nombreux soldats – selon les partisans du texte – qui quittent les rangs de l'armée, par exemple après leur école de recrues.
Ce que disent les partisans et les opposants
Pour les partisans, Conseil fédéral et Parlement en tête, le principe est clair: le service civil doit rester une exception, non une alternative qu'ils qualifient de «confortable» au service militaire, lequel pourrait se retrouver en manque d'effectifs.
Les mesures visent aussi à éviter que les civilistes ne soient avantagés par rapport aux militaires dans la planification de leurs affectations, ou que ces derniers ne se servent du service civil pour se soustraire au tir obligatoire à la fin de leur cursus.
Les opposants, emmenés par la gauche et plusieurs organisations, dont le Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA), tirent la sonnette d'alarme. Selon eux, la réforme pourrait faire chuter le nombre de civilistes de 40%. De fait, le comité référendaire craint que la Suisse ne vienne à manquer de bras précisément là où ils sont le plus nécessaires, à savoir dans les EMS, les hôpitaux, l'agriculture ou le secteur de l'environnement notamment. (ysc)
