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Image: shutterstock / keystone

Report des tests payants: «Un cadeau pour les repentis de la dernière heure»

PLR, Les Vert.e.s, Le Centre… Personne n’est content avec la décision très helvétique du Conseil fédéral de repousser de quelques jours la fin de la gratuité des tests Covid.
24.09.2021, 17:0724.09.2021, 17:56

Le Conseil fédéral a finalement choisi de rétropédaler (un tout petit peu) en reportant au 10 octobre (au lieu du 1er) la fin de la gratuité des tests Covid donnant accès au certificat. De fait, il ne satisfait personne. Ceux qui réclamaient le maintien de la gratuité comme ceux qui appelaient à la fermeté.

Dans le camp des premiers, les Vert.es parlent d’une «demi-mesure». «C’est incompréhensible que le Conseil fédéral ignore ainsi la volonté de la Commission de la santé du Conseil national», qui s’était prononcé pour le maintien de la gratuité. Pour le parti écologiste, il est pourtant «important qu’un maximum de personnes puissent se faire tester pour protéger leur entourage».

Du côté du Centre, on se montre mitigé, saluant d’un bord la flexibilité offerte à ceux qui n’ont reçu qu’une dose de vaccin, regrettant de l’autre la fin annoncée de la gratuité le 10 octobre.

Quant au PLR, il se dit «déçu» et appelle l’Exécutif fédéral à ne plus reculer.

Le Parti libéral-radical (PLR), justement, était le seul parti sous la coupole à être fermement opposé à la gratuité des tests. watson a donc lancé un coup de fil à son conseiller national valaisan, Philippe Nantermod. Interview express!

Vous qui êtes le plus bruyant défenseur des tests Covid payants, comment interprétez-vous les dernières décisions du Conseil fédéral?
Philippe Nantermod: D'abord, je maintiens ma position initiale: le Conseil fédéral n’avait pas à revenir sur sa décision. Il n’a, encore aujourd’hui, aucune raison valable de changer de fusil d’épaule. Cela dit, c’est le moins mauvais des changements que je pouvais redouter.

Ne pas pénaliser les citoyens qui ont fait un premier pas vers le vaccin, ça devrait vous plaire un minimum, non?
Disons que c’est un cadeau pour les repentis de la dernière heure, voilà tout. Ce qui ne change pas dans la gestion de la crise Covid, c'est que le Conseil fédéral continue d'infantiliser la population.

«On ne peut pas éternellement prendre une décision pour ensuite y glisser des arrangements, histoire que personne ne se sente trop bousculé»

On sait depuis longtemps maintenant que la vaccination est une solution, que l'hiver va être rude et qu'il faut prendre ses responsabilités. Il faut être conscients de ses actes et de ses choix à un moment donné.

Le Conseil fédéral était sous pression, de toute part d'ailleurs, pour qu'il maintienne la gratuité des tests. Quelle pression fut la plus forte selon vous?
Ah, ah, d'abord: je sais que le PLR est un parti qui compte, mais je doute que nous soyons suffisamment forts pour avoir permis, à nous seuls, que les tests deviennent tout de même payants. Je pense que ces multiples pressions politiques ont été suffisantes pour que le Conseil fédéral mette simplement un peu d’eau dans son vin.

Dans le fond, c'est très suisse ce qui s'est passé aujourd'hui: maintenir une décision, mais l'adoucir dans la foulée.
Oui et c'est une bonne nouvelle! Ce qui devrait être très suisse aussi, c'est un peu plus de rationalité: les soins intensifs abritent majoritairement des patients non-vaccinés. Encore une fois, prenons nos responsabilités.

Vous pensez que les dernières manifestations, notamment à Berne autour du Palais fédéral, ont eu une influence sur le report des tests payants?
Pas du tout. Si la taille des manifestations avait vraiment le pouvoir de faire basculer une décision politique, nous n’aurions plus besoin de la démocratie directe. Ce ne sont pas quelques milliers de personnes en colère dans les rues qui doivent faire trembler ceux qui décident. Les manifestants sont minoritaires au sein de la population.

Minoritaires, mais bruyants! Au point de pouvoir influencer ceux qui hésitent en silence?
Non, je ne pense pas. On a une prise de conscience assez large aujourd'hui en Suisse. Si les anti-vaccins crient de plus en plus fort, c'est qu'ils sont justement de plus en plus minoritaires.

(fv/gch)

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