La diffusion des canaux de la SSR via les canaux FM, c'est terminé. La Société suisse de radiodiffusion, les radios privées et l'Office fédéral de la communication (OFCOM) avaient commencé, il y a une dizaine d'années, à planifier le passage de la FM au DAB+. Ils anticipaient que DAB+ s'imposerait comme nouveau standard radio et ces prévisions se sont confirmées, écrit jeudi la SSR dans un communiqué.
Aujourd'hui, la part des personnes qui écoutent la radio exclusivement via la FM stagne à moins de 10%. Depuis 2020, la branche n'est plus tenue de diffuser les programmes radio via cette technologie et le maintien de trois technologies de diffusion parallèles coûte cher.
L'entretien et le renouvellement des installations de diffusion sont «coûteux» et désormais «disproportionnés», juge la SSR. Au vu de la situation financière tendue de l'entreprise, notamment liée au recul de ses recettes publicitaires, de nouveaux investissements dans une technologie «désuète» ne sont plus justifiables.
Avec la technologie DAB+ ou IP, le public bénéficie de deux possibilités de réception numériques, offrant une meilleure qualité sonore et un plus grand choix de programmes. Ces technologies sont aussi plus efficientes en termes d'énergie et de coûts et permettent de transmettre des informations sous forme de texte et d'image.
Pour pouvoir capter le DAB+, un récepteur compatible ou un adaptateur sont nécessaires, rappelle la SSR. Les nouveaux véhicules mis en circulation en sont équipés depuis plusieurs années. Les installations FM des tunnels autoroutiers seront aussi désactivées d'ici la fin de l'année, au profit de la réception numérique.
En octobre dernier, le Conseil fédéral décidait d'accorder un dernier sursis à la FM jusqu'à fin 2026 en prolongeant de deux ans les concessions de radiocommunication FM arrivant à échéance en 2024. Cette dernière prolongation offre la possibilité de mener à bien, à l'aide de solutions individuelles, le processus de migration de la FM vers la radio numérique, avec la flexibilité nécessaire. Les radios peuvent également décider d'interrompre la diffusion analogique plus tôt.
«Dans le contexte d'économies actuelles, nous comprenons totalement la décision de la SSR, qui joue là un rôle de pionnier», déclare Philippe Zahno, président de l'Association des radios régionales romandes (RRR).
Ce dernier explique que les radios régionales romandes ne peuvent pas se permettre de perdre des parts de marché et des revenus publicitaires, liés au nombre d'auditeurs. Elles veulent profiter du délai supplémentaire pour faire baisser le nombre d'auditeurs écoutant exclusivement la FM et qui suivent des radios françaises.
L'Association suisse des radios privées (ASRP), qui représente les radios privées alémaniques et tessinoises, a également salué la décision «importante et courageuse» de la SSR.
(sda/ats)