Ce célèbre hôtel suisse va enfin être rénové par son propriétaire chinois
Enfin! On a enfin des nouvelles de l’Hôtel Jean-Jacques Rousseau. Cette perle du lac de Bienne, à La Neuveville, dans le Jura bernois, est fermée depuis octobre 2024. Au désespoir des habitués et des touristes des passage, bluffés par la vue enchanteresse sur la cité médiévale d’Erlach, située en face, rive sud, au départ du chemin menant à l’Ile-Saint-Pierre, où le philosophe des Lumières trouva momentanément refuge.
Vendu en 2019 par l’industriel Ernst Thomke, le co-inventeur de la Swatch, le «Rousseau», un hôtel-restaurant milieu de gamme, était en attente de transformations voulues par son nouveau propriétaire, la société Highland International SA, en main du groupe chinois Seewell, notamment spécialisé dans l’énergie solaire.
Il manquait l’essentiel: le permis de construire. Il n’est toujours pas délivré, mais les premiers travaux peuvent à présent commencer sans plus tarder, a appris watson. «Nous allons nous y mettre, ce mois de juillet encore», indique par téléphone Jiumin Lin, le directeur d’Highland International SA, établie à Vallorbe, dans le canton de Vaud.
Le maire PLR de La Neuveville, Luca Longo, confirme:
Pose de panneaux solaires
Le repreneur espère pouvoir rouvrir au public «à l’été 2027», dit-il. La commune n’est pas moins impatiente. «Le Rousseau est notre principale offre hôtelière», affirme le maire, élu il y a deux ans, à l’âge de 24 ans seulement.
Pour tenir les délais, il faudra obtenir rapidement le permis de construire, car les travaux ne devraient pas se limiter à des coups de pinceaux. «La pose de panneaux solaires est prévue», indique encore Jiumin Lin, ainsi que le laisse entrevoir l’une des bâches tendues sur les grilles entourant la demeure hôtelière. Une bâche au nom de Seewell Energies SA, société elle aussi basée à Vallorbe.
L'obstacle de la nappe phréatique
Les choses auraient pu aller plus vite. Mais les ambitions initiales d’Highland International se sont heurtées à un obstacle apparemment infranchissable. Jiumin Lin et ses associés souhaitaient porter la capacité d’accueil du «Rousseau» de 24 à 45 chambres. Cela aurait nécessité d’importants travaux d’agrandissement, à tout le moins de réaménagement du bâtiment, construit au début du 20ᵉ siècle dans un style de maison bourgeoise cossue tout en longueur.
La préfecture du Jura bernois s’est opposée à ce projet. La raison? L’hôtel Jean-Jacques Rousseau, non loin duquel deux femmes et un chien avaient été tués par électrocution en 2017, est situé à proximité d’une nappe phréatique. Les autorités craignent que de lourds travaux faisant intervenir des bulldozers n’endommagent la réserve d’eau. A cet aspect s’ajoute la réglementation sur la préservation des rives. Les autorités, là encore, pouvaient redouter un impact négatif sur ces dernières.
Un prétexte?
Certes, La Neuveville est reliée désormais à une autre nappe phréatique, située sur les hauteurs du massif du Chasseral. Mais, fait-on observer, la nappe se trouvant aux abords de l’hôtel Jean-Jacques Rousseau est-elle-même reliée à la commune neuchâteloise voisine du Landeron, qui pourrait avoir besoin de cette eau à l’occasion.
L’argument de la nappe phréatique aurait-il servi de prétexte à l’opposition au premier projet de 45 chambres? Les pouvoirs publics assurent que non. Résultat: le projet du repreneur en reste à la capacité actuelle de 24 chambres, moyennant des travaux de transformation, plus légers que ceux d’abord envisagés.
«Transition douloureuse»
Le changement de propriétaires avait donné lieu à une «transition douloureuse», écrivait Arcinfo en 2022. A l’époque, les tenanciers du «Rousseau», qui fait aussi restaurant, avaient dû céder la place en cuisine à un nouveau chef, le nouveau propriétaire entendant imposer son équipe et sa patte sur l’établissement.
Mais pas de révolution en vue à la réouverture espérée en 2027, annonce Jiumin Lin:
Le projet de reprise présenté par Highland International avant le rachat de 2019 avait convaincu les autorités communales, rappellent celles-ci. Le nouveau propriétaire compte attirer notamment des groupes de touristes suisses alémaniques.
Si Highland International s’est établi à Vallorbe, en terres vaudoises, «c’est parce que nous étions à l’origine à la recherche d’une affaire hôtelière dans ce canton, mais cela ne s’est pas présenté», relate Jiumin Lin, par ailleurs gérant d’un restaurant asiatique à Bienne.
