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5 raisons qui expliquent la hausse des primes maladie en 2023

5 raisons qui expliquent la hausse des primes maladie en 2023
C'est avec beaucoup d'assurance qu'Alain Berset est venu annoncer, mardi, une augmentation moyenne de 6,6%.keystone / confédération (montage watson)

Primes: les 5 raisons qui vous font passer à la caisse

6,6%: voici de combien augmenteront — en moyenne — nos primes d'assurance maladie l'année prochaine. Ça pique. Petit tour d'horizon des raisons qui expliquent cette hausse subite et massive, la plus grande depuis douze ans, avec deux spécialistes.
28.09.2022, 09:1228.09.2022, 17:27

Après quatre ans d'augmentation légère des primes maladie (voire de diminution en 2021), voici le grand retour des chiffres à la hausse.

C'est avec beaucoup d'assurance qu'Alain Berset est venu annoncer, mardi, une augmentation moyenne de 6,6%. Dans certains cantons, la note est salée, comme à Neuchâtel: 9,5%.

«Les primes sont le reflet des coûts de la santé»
Alain Berset
«Les coûts ont augmenté de 4,5% en 2021, la tendance s’est poursuivie au cours du premier semestre 2022»
Département fédéral de l'Intérieurcommuniqué

Comment expliquer cette augmentation des coûts qui part en flèche, et où pourrait-on économiser? Décryptage des points les plus importants avec deux experts: Christophe Kaempf, porte-parole de Santésuisse, l'association faîtière des assurances maladies, et Anne-Sylvie Dupont, avocate et professeure à l'Université de Genève (Unige), spécialiste des questions d’assurances sociales.

Le report des opérations à cause du Covid

Si la pandémie de Covid a forcé à repousser bon nombre d'opérations, ce qui a notamment expliqué la baisse de 0,2% des coûts l'année dernière, celles-ci «ont été rattrapées en grande partie au deuxième trimestre de 2021 déjà», explique Christophe Kampf, porte-parole de Santésuisse, la faîtière des assureurs maladie. Toutefois:

«Le rattrapage était plus court que ce à quoi l'on s'attendait»
Christophe Kampf, porte-parole de Santésuisse

Autrement dit, cette part de l'augmentation des coûts devrait être plus faible l'année prochaine. Une bonne nouvelle, donc. Même si la tendance ne va pas s'arrêter pour autant:

«L'augmentation des coûts de la santé est un phénomène conjoncturel — à cause du Covid — et structurel, car les coûts de la santé augmentent sans discontinuer depuis les années 1950»
Anne-Sylvie Dupont, spécialiste des questions d’assurances sociales

Les offres médicales excessives

Que se cache derrière le terme «offre médical excessive», ou comme indiqué par Alain Berset, les «prestations médicales pas nécessaires»?

Car selon lui:

«Une certaine maîtrise des coûts est possible»
Alain Berset

Il ne s'agit pas ici de réduire les prestations ou d'empêcher les gens d'avoir accès aux soins, mais bien de choisir le traitement et surtout les examens les plus adaptés. Car certains sont chers et peu efficaces.

«Il y a une prise de conscience du milieu médical pour éviter la surmédicalisation. Avant, il y a avait une croyance dans le "tout-technique", soit beaucoup examens avec des appareils lourds. Maintenant, on prend du recul par rapport à certaines techniques.»
Christophe Kampf, porte-parole de Santésuisse

Christophe Kaempf donne ainsi en exemple certaines arthroscopies pas forcément nécessaires ou des utilisations à long terme de somnifères. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que les sommes en jeu sont gigantesques:

«L'ensemble des prestations peut être évalué à environ 20% des coûts à charge de la LAMal»
Christophe Kampf, porte-parole de Santésuisse

Les traitements ambulatoires

Ils sont en augmentation, aussi en partie à cause du Covid. Il n'empêche, leur diminution permettrait de faire baisser les coûts. Ceux-ci concernent notamment — mais pas que — les personnes âgées.

«Nous avons une population vieillissante qui a aussi besoin de plus en plus de soins, en EMS comme à domicile»
Anne-Sylvie Dupont, spécialiste des questions d’assurances sociales

Alain Berset a notamment proposé de mettre en place une tarification forfaitaire, qui permet de rémunérer les prestations similaires avec un prix fixe.

Une solution également mise en avant par Santésuisse, qui note que «cette solution a fait ses preuves depuis des années dans le domaine stationnaire».

Le prix des médicaments

C'est un sujet sensible mais qui revient régulièrement sur le devant de la scène: le prix des médicaments. Ainsi, selon Santésuisse:

  • Le prix des génériques est deux fois plus élevé que ce qu'il devrait être.
  • Les même médicaments protégés par un brevet sont 9% plus chers en Suisse que dans l'Union européenne (UE).
  • Les mêmes médicaments dont le brevet est échu sont 15% plus chers en Suisse que dans l'UE.
«Le prix des médicaments est un vrai problème. Il n'y a pas de raison objective pour que cela coûte plus cher, si ce n'est l'influence politique des pharmas»
Anne-Sylvie Dupont, spécialiste des questions d’assurances sociales

Des efforts ont déjà été faits sur ce sujet. Alain Berset a ainsi noté une économie sur le prix des médicaments d'un milliard depuis 2012.

La guerre en Ukraine

Ici, difficile de chiffrer précisément en quoi la guerre en Ukraine provoque une augmentation du prix de la santé. S'agit-il d'une augmentation du prix des matériaux nécessaires à la fabrication de médicaments ou d'appareils? Peut-être. Mais pas que.

Selon Alain Berset, la guerre en Ukraine a déstabilisé les marchés financiers, ce qui influence le taux des assurances et donc la solvabilité des assureurs. Il va falloir faire confiance au conseiller fédéral sur ce coup, même si l'excuse peut sembler facile...

Et, pour lancer le débat, notre experte donne le mot de la fin:

«On réfléchit de manière conjoncturelle à la viabilité du système de santé à chaque mois de septembre, mais je regrette qu'il n'y ait jamais de réflexion de fond sur la longévité de celui-ci»
Anne-Sylvie Dupont, spécialiste des questions d’assurances sociales

Copin comme cochon: les «djeunes» qui hurlent

Video: watson
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