Les retraites psychédéliques secrètes se multiplient en Suisse
Des retraites promettant guérison, éveil spirituel ou développement personnel grâce à des substances psychédéliques se multiplient en Suisse. Problème: elles sont totalement illégales, rappelle l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) dans une enquête du Matin dimanche.
En quelques clics, il est possible de réserver des séjours dans plusieurs cantons, notamment Vaud, Berne, Neuchâtel ou Bâle. Les participants y consomment de l'ayahuasca, un breuvage hallucinogène d'Amazonie, ou du 5-MeO-DMT, un puissant psychotrope contenu dans les sécrétions du crapaud Bufo alvarius. Les prix varient de quelques centaines à plusieurs milliers de francs, rapporte les journaux de Tamedia.
L'OFSP rappelle pourtant que ces substances ne peuvent être utilisées que dans un cadre médical ou scientifique très strict, sur autorisation exceptionnelle accordée à un médecin pour un patient précis. Des retraites ouvertes au public ne peuvent donc pas être autorisées.
Alertées par le média vaudois, plusieurs plateformes de réservation ont retiré ces annonces. Les organisateurs continuent toutefois de les promouvoir sur leurs propres sites internet. Les polices cantonales indiquent être au courant de ce phénomène, mais expliquent que ces événements sont difficiles à localiser avant leur tenue.
Les thérapies psychédéliques autorisées vivent un boom
En parallèle, les traitements psychédéliques encadrés connaissent un essor spectaculaire en Suisse. Selon les chiffres de l'OFSP, les autorisations médicales pour la MDMA sont passées de 6 en 2016 à 231 en 2025. Pour le LSD, elles sont passées de 6 à 134, tandis que la psilocybine, autorisée depuis 2021, a déjà fait l'objet de 410 dérogations l'an dernier.
Pour plusieurs spécialistes interrogés par le média payant lausannois, les critères d'accès restent toutefois très restrictifs. Certaines personnes souffrant de dépression sévère ou de stress post-traumatique se tourneraient ainsi vers des retraites clandestines.
Les associations de patients mettent en garde contre ces pratiques. Sans encadrement médical, les participants s'exposent à des risques d'abus, à des substances potentiellement frelatées et à des complications psychologiques. Elles rappellent que le potentiel thérapeutique des psychédéliques est réel, mais uniquement lorsqu'ils sont utilisés dans un cadre médical et accompagnés d'un suivi adapté. (hun)
