Suisse
Santé

L'activité parallèle d'une cheffe des douanes fait grincer des dents

Alors que les employés de l'office des douanes sont déstabilisés par une vaste réorganisation, une responsable propose ses services pour «accompagner les changements».
Alors que les employés de l'office des douanes sont déstabilisés par une vaste réorganisation, une responsable propose ses services pour «accompagner les changements».Image: Dlovan Shaheri

Une coach mentale fait polémique chez les douaniers suisses

Des employés éprouvés par la réorganisation des douanes en cours depuis plusieurs années jugent particulièrement cynique l'activité parallèle d'une de leurs responsables.
16.07.2026, 05:3016.07.2026, 05:30
Henry Habegger

«Il fallait oser.» C'est la réaction de certains employés des douanes lorsqu'ils ont découvert la nouvelle activité d'une responsable de poste de douane. Cette cadre, réputée en interne pour son style de management peu conciliant, a lancé une entreprise de coaching. Sur son site internet, elle explique proposer, en parallèle de son travail aux douanes, du «coaching mental» destiné aux personnes «sous pression, qui se sentent bloquées, souhaitent renforcer leur confiance en elles ou emprunter de nouvelles voies».

Cette reconversion passe mal auprès d'une partie du personnel de l'Office fédéral de la douane et de la sécurité des frontières (OFDF). Depuis plusieurs années, l'administration est engagée dans une vaste réorganisation, lancée par l'ancien directeur des douanes Christian Bock. Souvent décrite comme chaotique et insuffisamment préparée, elle continue de peser sur les quelque 4500 collaborateurs de l'office, dont beaucoup restent déstabilisés et inquiets.

Pour certains, le contenu du site internet de la cadre relève presque de la provocation. Sur fond de paysage paisible, entre sapins et lac de montagne, elle promet de renforcer «les fondations intérieures» de ses clients, de manière «durable et personnalisée». Elle affirme les aider à améliorer leur «gestion du stress et leur résilience», à «lever leurs blocages» ou encore à «accompagner les processus de changement».

Or, un processus de changement est précisément ce que vivent actuellement presque tous les employés des douanes. Les régions douanières sont une nouvelle fois redécoupées, des procédures sont modifiées et des unités changent encore de nom. Le nouveau directeur, Pascal Lüthi, tente à bien des égards de revenir sur les réformes engagées sous Christian Bock, mais ce retour en arrière génère lui aussi de nouvelles incertitudes.

Autre élément que le personnel n'a pas oublié: cette cheffe aujourd'hui devenue coach mental était considérée en interne comme une proche et une fidèle de l'ancien directeur des douanes, à l'origine de cette réorganisation controversée.

Comment réagit la coach?

Cette activité annexe alimente les conversations parmi les employés et suscite aussi des commentaires en dehors des douanes. Un ancien employé, qui connaît bien la situation du personnel, résume la situation ainsi:

«D'un côté, on pousse des collaborateurs au burn-out. De l'autre, on crée des sociétés privées de coaching pour aider ce même type de personnes»

Interrogée, la cadre concernée n'a pas souhaité commenter cette activité parallèle, ni sa réputation de fermeté dans la gestion du personnel, alors que l'OFDF traverse toujours une profonde transformation qui fragilise de nombreux employés. Nous lui avons également demandé si son offre de coaching s'adressait aux collaborateurs de l'office.

«Je ne fais aucun commentaire sur mes activités privées», a répondu l'intéressée. «Pour toute question en lien avec l'OFDF, je vous invite à vous adresser à notre service de presse officiel à Berne.»

Que disent les responsables?

Selon David Venetz, porte-parole de l'Office fédéral de la douane et de la sécurité des frontières, cette activité de coaching mental a bien été déclarée et autorisée, conformément aux exigences de l'ordonnance sur le personnel de la Confédération. La responsable concernée travaille à un taux d'activité de 80%.

L'ordonnance fixe précisément la procédure à suivre. Son article 91 prévoit que «les employés annoncent à leur supérieur toutes les charges publiques ainsi que toutes les activités rémunérées qu'ils exercent en dehors de leurs rapports de travail». Une autorisation n'est accordée que si aucun conflit d'intérêts avec l'activité exercée pour la Confédération n'est constaté.

Quand on lui demande si cette coach mental travaille, par l'intermédiaire de son entreprise, pour les douanes ou pour d'autres cadres de l'office, le porte-parole répond sans ambiguïté:

«Il n'existe aucun mandat de ce type et il n'en a jamais existé»

Selon un employé des douanes, d'autres responsables exercent également des activités annexes autorisées. De nombreux cadres ne travaillent en effet pas à plein temps.

David Venetz le confirme et avance des chiffres: «Au total, environ 2,6% des collaborateurs de l'OFDF, soit près de 120 personnes, ont déclaré une activité annexe soumise à autorisation. Parmi elles figurent également d'autres cadres.» (adapt. tam)

Haaland a ramené un objet improbable des Etats-Unis
Video: watson
Ceci pourrait également vous intéresser:
Avez-vous quelque chose à nous dire ?
Avez-vous une remarque ou avez-vous découvert une erreur ? Vous pouvez nous transmettre votre message via le formulaire.
0 Commentaires
Comme nous voulons continuer à modérer personnellement les débats de commentaires, nous sommes obligés de fermer la fonction de commentaire 72 heures après la publication d’un article. Merci de votre compréhension!
Le PLR a de nouveau des soucis avec sa comptabilité
Les dernières données montrent quel parti disposait du plus gros budget en 2025. Mais au-delà des chiffres, les partis manœuvrent de manière très différente.
Près de 25 millions de francs. C’est la somme dont les partis ont disposé l’an dernier, selon les derniers chiffres du Contrôle fédéral des finances.
L’article