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Ces comportements «menacent l'ensemble du système de soins»

Ces comportements «menacent l'ensemble du système de soins»
Les cas de violence dans les hôpitaux ont doublé en Suisse depuis 2021.Image: Getty / Shutterstock

Ces comportements «menacent l'ensemble du système de soins» en Suisse

Les actes de violence à l’encontre du personnel de santé se multiplient en Suisse, dans les hôpitaux comme au domicile des patients. Pourtant, peu de cas sont étudiés ou documentés. Une conseillère nationale demande un changement rapide.
18.06.2025, 16:5418.06.2025, 18:57
Léonie Hagen / CH Media

Coups, insultes, crachats, menaces: les patients ou leurs proches se montrent de plus en plus violents envers les soignants suisses. Depuis 2021, le nombre d’infractions violentes enregistrées par la police dans les hôpitaux suisses a doublé. La moitié des professionnels de la santé ont été confrontés à une forme de violence au cours des douze derniers mois. Sur l’ensemble de leur carrière, 90% d'entre eux affirment avoir déjà vécu ce type d’incidents.

Le secteur de la santé concentre à lui seul un quart des agressions sur le lieu de travail, à tel point que seuls les corps de police et les agents de sécurité sont plus souvent concernés.

Augmentation de la sécurité dans les hôpitaux

Les violences touchent tous les domaines des soins, mais les services de psychiatrie, les EMS ainsi que les urgences sont particulièrement exposés. Les hôpitaux réagissent: ils installent davantage de caméras et engagent du personnel de sécurité. A l’Hôpital universitaire de Bâle, des interventions du service de sécurité sont désormais nécessaires plusieurs fois par jour à cause de patients violents.

Cette montée de la violence ajoute une pression supplémentaire sur un personnel déjà à bout. Pour certains, c'est même une raison de quitter son poste, voire de changer de métier. Et quand il manque du personnel, la charge s’intensifie et le stress augmente, tout comme le risque d’escalade.

Une conseillère nationale monte au créneau

La conseillère nationale Soleuroise Farah Rumy (PS) connaît bien cette réalité. Elle raconte avoir été attaquée au cours d’une garde de nuit par un patient armé d’une potence à perfusion. Elle évoque aussi des collègues étranglées avec des tuyaux médicaux. Ces cas extrêmes restent rares, précise-t-elle, mais, pour le personnel médical, les coups, les insultes et les crachats font désormais partie de leur quotidien. Rumy explique:

«Les patients vivent souvent une perte de contrôle. Ce sentiment d’impuissance peut provoquer des comportements agressifs. Dans les services de soins à domicile, de nombreuses professionnelles travaillent seules, ce qui augmente les risques en cas de débordement. Dans les EMS, les troubles cognitifs des patients peuvent également entraîner des réactions imprévisibles.»

Mais ces incidents sont rarement signalés. Selon Farah Rumy, seuls les plus graves font l’objet de rapports.

Face à cette situation, Farah Rumy veut forcer la Confédération à agir. Dans un postulat, elle demande au Conseil fédéral de produire un rapport sur les moyens de mieux protéger le personnel de santé face à la violence. Cela implique, selon elle, des mesures de prévention, une protection juridique renforcée, et des dispositifs plus efficaces dans les hôpitaux et établissements de soins.

Le recensement des cas fait défaut

Surtout, il est urgent de collecter les données de manière systématique. Aujourd’hui, il n’existe aucun recensement national ni norme uniforme pour documenter ces cas. Or, sans données fiables, les mesures ciblées sont impossibles à mettre en place, comme le déplore Farah Rumy:

«Nous avançons à l’aveugle»

Bien que la gravité de la situation choque, il est peu probable que le Parlement prenne des mesures fortes: les coûts de la santé sont en hausse, et la prévention a un prix.

Pour Farah Rumy, il est pourtant impensable d’économiser sur la sécurité du personnel. Elle affirme:

«A défaut, c’est l’ensemble du système de soins qui est menacé. Si rien n’est entrepris, le problème va s’aggraver au détriment de celles et ceux qui se dédient chaque jour à soigner les autres»

Adapté de l'allemand par Tanja Maeder

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