Suisse
Santé

Le cannabis en pharmacie favorise une consommation moins risquée

Vendre du cannabis en pharmacie produit un effet concret en Suisse

Distribuer du cannabis de manière réglementée en pharmacie n'augmente pas la fréquence de consommation et favorise le recours à des modes de consommation potentiellement moins risqués, selon une étude suisse.
07.09.2026, 11:1207.09.2026, 11:14

Après six mois, l'accès au cannabis en pharmacie n'a pas poussé les participants à en consommer plus fréquemment. L'expérience menée à Berne, Bienne et Lucerne a en revanche produit un autre effet: elle a modifié leur manière de consommer. Davantage de participants ayant accès aux produits réglementés se sont tournés vers la vaporisation, la consommation orale ou ont combiné plusieurs modes de consommation.

C'est le principal enseignement des premiers résultats de l'étude Script, présentés lundi à Berne par les villes de Berne, Bienne et Lucerne. L'étude porte sur 1177 consommateurs, âgés de 34 ans en moyenne. Tous étaient déjà consommateurs réguliers: pratiquement la moitié consommait chaque semaine et l'autre moitié quotidiennement.

Ils ont été répartis aléatoirement en deux groupes: 588 ont pu acheter immédiatement du cannabis dans neuf pharmacies participantes, tandis que les 589 autres ont dû continuer à se fournir par leurs voies habituelles pendant six mois avant d'obtenir le même accès.

La vente réglementée de cannabis réduit les risques sans augmenter la consommation.
La vente réglementée de cannabis réduit les risques sans augmenter la consommation.Image: Shutterstock

Et c'est dans la manière de consommer qu'une différence apparaît.

  • Au début de l'étude, 78% des membres du premier groupe fumaient exclusivement leur cannabis.
  • Six mois plus tard, cette proportion était tombée à 58%.

Dans le même temps, davantage de participants se sont tournés vers des formes sans fumée, comme la vaporisation ou la consommation orale, ou ont combiné plusieurs modes de consommation.

Selon le rapport Script, cette évolution est «vraisemblablement due à la distribution régulée par les pharmacies», puisqu'elle n'a été observée que dans le groupe qui y avait accès. Ces alternatives sont considérées par les chercheurs comme potentiellement moins risquées que le cannabis fumé.

Pas davantage de cannabis

En revanche, l'accès légal n'a pas conduit les participants à consommer plus souvent. Après six mois, la fréquence de consommation avait peu évolué et les différences entre les deux groupes étaient négligeables. Les chercheurs ne constatent donc aucun effet perceptible de la distribution en pharmacie sur ce point. La consommation de tabac est elle aussi restée globalement stable.

Les pharmacies ne servent d'ailleurs pas uniquement de points de vente. Leur personnel a été formé pour conseiller les participants. Après six mois, 71% des personnes du groupe autorisé se disaient satisfaites des conseils reçus et 87% jugeaient l'expérience d'achat agréable.

Et le marché noir?

Le marché noir n'a toutefois pas disparu de leurs habitudes. Après six mois, 40% du groupe autorisé avait encore consommé, durant les sept jours précédents, du cannabis à fumer provenant du marché illicite, contre 51% ayant consommé du cannabis à fumer obtenu via l'étude.

Le rapport met également en lumière l'incertitude entourant les produits illicites. Sur 69 échantillons pour lesquels les consommateurs avaient estimé la concentration en THC, une seule estimation correspondait à la mesure en laboratoire. Dans 27 cas, la teneur avait été sous-estimée et dans 41, surestimée. Neuf des 127 échantillons illicites analysés présentaient par ailleurs des anomalies concernant des cannabinoïdes synthétiques.

Ces résultats restent préliminaires: le rapport Script précise qu'ils n'ont pas encore fait l'objet d'une évaluation scientifique par les pairs. L'étude doit se poursuivre jusqu'en 2029. (jah)

Le musée du papa de Star Wars va ouvrir ses portes
Video: watson
Ceci pourrait également vous intéresser:
Avez-vous quelque chose à nous dire ?
Avez-vous une remarque ou avez-vous découvert une erreur ? Vous pouvez nous transmettre votre message via le formulaire.
4 Commentaires
Comme nous voulons continuer à modérer personnellement les débats de commentaires, nous sommes obligés de fermer la fonction de commentaire 72 heures après la publication d’un article. Merci de votre compréhension!
4
Qui peut utiliser la croix suisse? La Berne fédérale rouvre le dossier
La croix suisse posée sur les chaussures de la marque On, fabriquées en Asie, continue de faire polémique. Face aux critiques de députés de divers partis, le Conseil fédéral refuse de modifier la loi dans l’immédiat.
Des députés de plusieurs groupes parlementaires expriment leurs critiques. Le Conseil fédéral a fait savoir, jeudi à Berne, en réponse à plusieurs interventions, qu'il allait toutefois examiner les dispositions relatives au «Swissness».
L’article