Ce médecin suisse brise un mythe sur la «noyade sèche» des enfants
Sur les réseaux sociaux, les mises en garde contre la «noyade sèche», aussi appelée «noyade différée» ou «noyade secondaire», refont régulièrement surface. Elles affirment qu’un enfant peut mourir brutalement plusieurs jours après un accident de baignade qui semblait sans gravité. Le médecin urgentiste Martin Müller démonte cette idée reçue:
Les spécialistes parlent plutôt de complications liées à l’inhalation d’eau. Lorsqu’un enfant – ou un adulte – respire de l’eau, ses poumons peuvent être endommagés ou subir une réaction inflammatoire.
Dans les cas les plus sérieux, les poumons peuvent être gravement atteints.
Les symptômes qui doivent alerter
Après un accident dans l’eau, il faut surveiller attentivement l’enfant. Une toux persistante, une respiration rapide ou difficile, un essoufflement, des lèvres qui bleuissent, une fatigue inhabituelle, un état de confusion ou des vomissements accompagnés de problèmes respiratoires doivent conduire à consulter un médecin.
Martin Müller se veut toutefois rassurant: inutile de paniquer à l’idée d’une prétendue «noyade retardée». «Un enfant qui ne présente aucun symptôme après un accident dans l’eau, qui respire normalement et se comporte comme d’habitude ne va pas soudainement subir une “noyade secondaire” plusieurs jours plus tard.» Lorsqu’elles surviennent, les complications apparaissent généralement dans les premières heures. Si l’enfant a pu inhaler de l’eau, les médecins recommandent néanmoins souvent de le garder plusieurs heures en observation aux urgences.
Une vaste étude américaine publiée en 2024 a suivi plus de 4200 enfants et adolescents après un accident de noyade. Elle a mis en évidence plusieurs facteurs augmentant le risque de lésions pulmonaires importantes: être resté sous l’eau pendant plus de cinq minutes, avoir dû être réanimé sur place ou présenter, à l’arrivée aux urgences, des troubles respiratoires, circulatoires ou de la conscience.
Martin Müller a déjà rencontré ce type de cas aux urgences. La plupart concernaient des adultes, mais les mécanismes sont les mêmes chez les enfants. Ses observations rejoignent les résultats de l’étude. L’essentiel est donc de repérer rapidement les signes d’alerte et de faire examiner sans attendre un enfant qui présente des symptômes.
