
J’ai montré ma poitrine à une IA suisse et j'en suis ravie
Le soutien-gorge parfait n'existe pas. Il y a toujours un endroit où ça serre, où ça comprime ou où ça gêne. Pourtant, toutes les femmes connaissent en principe leur taille, qu'il s'agisse d'un 75B, d'un 80D ou d'un 90E. Mais d'une marque à l'autre, ces tailles – le nombre correspondant au tour de dessous de poitrine et la lettre au bonnet – semblent interprétées différemment. Résultat: dans les cabines d'essayage, on essaie un modèle après l'autre sans jamais trouver le bon.
Bien sûr, quelques chanceuses finissent par dénicher ce modèle qui leur convient parfaitement. Cela doit être un véritable moment d'illumination. Et puis il y a celles qui ont une petite poitrine et peuvent tout simplement se passer de soutien-gorge. Je les envie. On me répète que je devrais être heureuse d'avoir une poitrine généreuse – ce n'est pas le cas. Je rêve de pouvoir me promener sans ressentir cette impression d'être comprimée. Mais cette liberté m'est refusée, surtout en faisant du sport.
Comment j'en ai entendu parler?
Autant dire que j'ai tendu l'oreille lorsque j'ai entendu parler de Myne. Cette start-up grisonne fabrique des soutiens-gorge personnalisés à partir d'un scan réalisé avec un smartphone et analysé par intelligence artificielle. Chaque pièce est produite à la commande. Myne met en avant un taux de retour inférieur à 1%, alors que, selon l'institut de recherche EHI, le secteur enregistre en moyenne jusqu'à 50% de retours. Linda Durisch, co-fondatrice de la marque, déclare:
Ingénieure textile, elle a fondé Myne l'an dernier avec son mari. D'autres jeunes entreprises, comme la marque allemande Cupped, utilisent des algorithmes similaires. Le couple Durisch, en revanche, se distingue grâce à sa combinaison de scan corporel et de fabrication numérique de précision.
Autre argument particulièrement séduisant: Myne renonce aux traditionnelles armatures métalliques rigides, souvent responsables des points de pression. Elles sont remplacées par des armatures souples renforcées de silicone, fabriquées grâce à l'impression 3D.
Comment ça marche?
Je me lance donc avec enthousiasme dans le processus de prise de mesures. Sur le site internet, je renseigne d'abord mon âge, ma taille et mon poids, puis je sélectionne la silhouette qui ressemble le plus à la mienne. Vient ensuite le tour de la caméra du téléphone. Pendant que je tourne lentement sur moi-même, seize photos sont prises.
Le logiciel anonymise automatiquement mon visage ainsi que l'arrière-plan. Les images sont ensuite enregistrées dans une base de données, sans mon nom, puis comparées à plus de 2000 scans corporels haute résolution. C'est à partir de cette analyse que sont générées mes mensurations pour le soutien-gorge.
Au total, l'opération ne m'a pris que trois minutes. Il ne restait ensuite qu'à choisir la couleur et le modèle. La marque propose six versions, avec ou sans rembourrage, offrant différents niveaux de maintien.
Le slogan de Myne promet: «Mesuré numériquement, confortable dans la vraie vie.» Après avoir reçu mon soutien-gorge dans ma boîte aux lettres, deux semaines plus tard, je peux confirmer que la promesse est tenue. Le modèle me va bien et les armatures ne me gênent absolument pas. Le soutien-gorge est tellement confortable qu'il m'arrive d'oublier que je le porte.
Ce confort a toutefois un prix: 129 francs par soutien-gorge. Mais, à choisir, je préfère en avoir un seul qui me va parfaitement plutôt que dix qui me serrent et me font mal. (adapt. tam)
