«Je n'avais plus de vie sexuelle»: elle raconte la vie après le cancer
C'est avec une énergie débordante que Magda, 47 ans, arrive à la clinique de médecine esthétique Forever Institute, en plein cœur de Genève. Nous la rencontrons aux côtés de sa collègue, la doctoresse Lydie Chevriaux, à l'occasion d'octobre rose, un mois dédié à la sensibilisation du cancer du sein. Chaque année, environ 6000 nouveaux cas sont détectés en Suisse.
Nous sommes en 2022 lorsque Magda, en rémission après un cancer du sein, entend pour la première fois parler de l'établissement. A la recherche d'un nouvel emploi, elle tombe sur une offre pour un poste de réceptionniste. Un élément va la convaincre de postuler: parmi les traitements proposés par Forever Institute figure la réjuvénation intime.
Comprenez: l'hydratation en profondeur du canal vaginal via des injections d'acide hyaluronique. Depuis 2018, en effet, elle souffre de sécheresse vaginale en raison de l'hormonothérapie, une médication qu'elle doit prendre quotidiennement pour éviter une récidive de la maladie.
Ni une ni deux, dès son engagement, la pimpante Romande teste le traitement. «J'étais désespérée», se souvient-elle. Le résultat sera au rendez-vous. L'acide hyaluronique – une molécule qui contient de l'eau – est injecté directement dans la muqueuse vaginale. «Nous sommes anesthésiées localement, c'est donc indolore», promet-elle. Durée de l'intervention? 30 minutes. Comptez environ 500 francs pour une séance, deux minimum sont recommandées à six mois d'intervalle. Et puis, au fil du temps, le corps réapprend à s'hydrater naturellement.
Il aura toutefois fallu à Magda de nombreuses années avant de trouver cette solution miracle. En cause? Contrairement à la prévention et au suivi durant la maladie, la vie après un cancer du sein et les effets négatifs de l'immunothérapie sur la sphère intime sont encore passés sous silence. «Ce sujet reste tabou», dénonce-t-elle.
Errance médicale
La Romande a 38 ans lorsque son cancer du sein est détecté. Une chimiothérapie, une mastectomie, une opération pour retirer la métastase – la propagation du cancer dans le corps – ainsi qu'une radiothérapie vont rythmer sa vie pendant près d'une année. Malgré ce contexte, la Romande ne perd pas sa joie de vivre:
Contre toute attente, c'est la période de rémission qui va le plus l'affecter, physiquement comme mentalement. «Vous pouvez mettre une croix sur vos quarante ans», lui lance sa doctoresse de l'époque en lui prescrivant l'hormonothérapie. «J'avais l'impression d'être davantage malade après que pendant le cancer, se souvient Magda. Je ressemblais à une dame de 80 ans.»
L'un des effets secondaires les plus handicapants est l'absence d'humidification du vagin, ce qui le rend particulièrement douloureux. Elle ne peut plus faire de vélo, par exemple, et a affreusement mal durant un rapport sexuel. Elle dénonce l'errance médicale à laquelle elle a été confrontée:
La doctoresse Lydie Chevriaux déplore cette absence de remède. Médecin généraliste, elle a travaillé en gynécologie et propose depuis un certain temps déjà la réjuvénation intime à ses patientes. «Il est fréquent pour le corps médical de culpabiliser les patientes, regrette-t-elle. Le message envoyé est le suivant: "Vous êtes en vie, soyez contente. Votre sexualité, on s'en fiche. Il vous faudra vivre avec cela."»
Solution miracle
Pourtant, la réhydratation du canal vaginal via l'injection d'acide hyaluronique s'avère extrêmement efficace, selon différents témoignages, dont celui de Magda. D'ailleurs, sur son initiative, plusieurs médecins de Forever Institute ont été formés à la réjuvénation intime. Et son engagement ne s'arrête pas là:
La communication est également essentielle pour la doctoresse Lydie Chevriaux. Elle met un point d'honneur à présenter ce traitement à celles qui pourraient en bénéficier. «Dès que j'apprends qu'une patiente a eu un cancer du sein, je pose des questions sur la sécheresse vaginale, les douleurs, l'absence de vie sexuelle. Souvent, elles m'assurent qu'elles ne sont pas touchées. Elles ont intégré le discours du corps médical selon lequel aucune solution n'existe. A ceci s'ajoute le fait qu'elles n'osent pas en parler.»
Néanmoins, une fois que la graine est plantée, elles ont tendance à s'intéresser à la proposition et s'ouvrent à la discussion. Des efforts qui portent gentiment leurs fruits: en 2026, de plus en plus de femmes en rémission se tournent vers la réjuvénation intime proposée par la clinique genevoise.
