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Swiss: Le don de cet avion Suisse à un musée pose problème

Cadeau empoisonné: le don de cet avion Suisse à un musée pose problème
L'Airbus A340 a relié pendant de nombreuses années la Suisse au monde entier, et il est ainsi devenu lui-même un morceau de l'histoire de l'aviation suisse.Image: Verkehrshaus der Schweiz / Markus Guler

Cadeau empoisonné: le don de cet avion Suisse à un musée pose problème

Un Airbus A340-300 de Swiss bientôt exposé au Musée des transports de Lucerne? L'appareil est offert, mais son transport coûtera plusieurs millions.
09.09.2026, 22:3809.09.2026, 22:38
David von Moos / ch media

L'un des musées les plus célèbres du pays devrait accueillir une nouvelle attraction de taille (c'est le moins qu'on puisse dire). La compagnie aérienne Swiss et le Musée suisse des transports de Lucerne veulent préserver ensemble un morceau de l'histoire de l'aviation suisse: le dernier Airbus A340-300 de la flotte de la filiale de Lufthansa doit rejoindre définitivement le musée, après son retrait du service prévu début 2028, ont annoncé les deux institutions.

«L'Airbus A340 a relié pendant de nombreuses années la Suisse au monde entier, et il est ainsi devenu lui-même un morceau de l'histoire de l'aviation suisse», déclare le CEO de Swiss, Jens Fehlinger, cité dans le communiqué.

Il s'agit d'une occasion unique, se réjouit de son côté le directeur du Musée suisse des transports, Martin Ettlinger. L'objectif est de «préserver et de faire vivre un pan important de l'histoire de l'aviation suisse».

Cette «machine majestueuse» viendrait rehausser «considérablement» l'exposition consacrée à l'aéronautique et à l'astronautique, et s'intégrerait précisément dans l'espace extérieur prévu à cet effet, devant le hall correspondant. On y trouve déjà, depuis 1975, un ancien long-courrier de Swissair à quatre réacteurs, le Convair CV-990 «Coronado».

Le dernier appareil de la flotte actuelle de Swiss, symbole d'une période importante du trafic long-courrier suisse, doit désormais le rejoindre.

Long de 64 mètres pour 61 mètres d'envergure, l'Airbus A340-300 immatriculé HB-JMH affiche au compteur près de 108 000 heures de vol et environ 12 000 vols. Une fois exposé, il sera accessible au public.

Une idée un peu folle prend forme

Problème: avant d'en arriver là, de nombreuses questions techniques, financières et administratives doivent encore être réglées.

«C'est une histoire passablement complexe», confirme Beatrice Rüttimann, cheffe de la communication du Musée suisse des transports. Amener un long-courrier de quelque 125 tonnes jusqu'au musée dépasse largement le cadre d'un transport ordinaire.

«C'est un projet passionnant et unique, une idée visionnaire. Il s'agit maintenant de la concrétiser»

L'emplacement exact, où l'appareil sera installé, reste flou, précise Beatrice Rüttimann. «Nous n'en sommes pas encore là. Mais nous avons vérifié qu'il y ait la place nécessaire. Et c'est le cas.» La manière dont l'avion sera intégré et mis en scène dans l'exposition de la cour intérieure reste, elle aussi, à définir.

Des millions pour le dernier vol

Swiss offre, certes, l'avion au Musée suisse des transports. Mais les frais de transport, les travaux d'aménagement et la mise en scène de l'intérieur restent à la charge du musée. «Sur le plan logistique et technique, ce projet représente un véritable défi. Transports spéciaux, autorisations, adaptations du bâti: plusieurs choses nous attendent.»

Selon le mode et l'itinéraire choisis pour le transport, des élargissements pourraient notamment s'avérer nécessaires. «Mais, avant tout, il faut déterminer précisément comment l'avion arrivera jusqu'à nous.»

Et même si cela peut se faire tout court. Car le musée a d'abord besoin de fonds pour financer un tel voyage. «Nous évaluons actuellement les coûts à un montant élevé, de l'ordre de plusieurs millions de francs, sans toutefois atteindre la dizaine de millions», indique Beatrice Rüttimann. La collecte de fonds, à laquelle participe activement Christoph Franz, président de l'association du Musée suisse des transports et ancien CEO de Swiss, est déjà lancée.

«Nous avons déjà reçu des signaux positifs», poursuit-elle. Le musée reste toutefois évasif quant à l'objectif chiffré de la collecte, ou à l'identité des donateurs.

«Les contacts personnels jouent un grand rôle. Nous nous adressons à des fondations, des mécènes, des entreprises et des passionnés d'aviation. En fin de compte, chaque franc compte»

Le financement doit en effet être assuré, insiste Beatrice Rüttimann. Le musée n'est pas en mesure de supporter seul ces coûts. «Si les fonds nécessaires ne sont pas réunis d'ici la fin de l'année, le comité décidera de la suite à donner.» La responsable se dit toutefois confiante. «Si tout se passe bien, l'avion sera transporté à Lucerne après son retrait du service, au printemps 2028, et rendu accessible au public dès que possible.» (aargauerzeitung.ch)

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