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Plus des trois quarts des Suisses utilisent l'IA: voici comment

Trois quarts des Suisses utilisent déjà un assistant IA.
L'usage de l'IA est devenu, pour beaucoup, un réflexe quotidien.Image: Imago / Comparis, montage watson

Plus de la moitié des Suisses refusent d'aborder ce sujet avec l'IA

L’intelligence artificielle s’impose dans le quotidien des Suisses en devenant un outil incontournable pour chercher des informations ou travailler. Une étude Comparis révèle une adoption rapide, des usages variés et des attentes élevées en matière de fiabilité.
02.04.2026, 00:3002.04.2026, 05:30

Selon une enquête représentative de Comparis, l'intelligence artificielle s'est imposée à grande vitesse dans le quotidien de la population suisse. La part des utilisateurs de chatbots tels que ChatGPT, Google Gemini ou Perplexity a progressé de manière spectaculaire dans la population: 49,7% en 2024, contre 62,4% en 2025, et 76,1% en 2026. Jean-Claude Frick, expert numérique Comparis, analyse:

«L’IA est passée du battage médiatique au quotidien. Pour un grand nombre d’utilisateurs, elle est déjà aussi évidente que le smartphone.»

L'usage est nettement plus répandu en Suisse romande qu'en Suisse alémanique. Plus de 70% des sondés acceptent que ces outils les assistent dans leurs recherches en ligne ou le suivi de livraisons, mais plus de la moitié refusent catégoriquement d'y partager des informations relatives à leur santé mentale. Frick ajoute:

«Avec les fonctionnalités d’IA de Google, pratiquement tous les internautes sont aujourd’hui automatiquement en contact avec l’IA.»

Les profils qui ressortent le plus

L'usage des chatbots varie sensiblement selon les profils. C'est sans surprise chez les 18-35 ans que le taux est le plus élevé (90,1%), devant les 36-55 ans (81,6%) et les plus de 56 ans (52,1%).

La formation joue également un rôle: 82,5% des personnes hautement qualifiées utilisent ces outils, contre 69,4% pour les niveaux de formation inférieurs. Les ménages de trois personnes ou plus affichent un taux de 83,0%, contre 71,4% pour les personnes seules.

Le niveau de revenu suit la même logique: 85,9% des ménages gagnant plus de 8000 francs par mois recourent à l'IA, contre 76,6% pour les revenus intermédiaires (4000-8000 francs) et 55,7% pour ceux sous le seuil des 4000 francs. Enfin, la Suisse romande devance la Suisse alémanique (81,6% contre 74,1%).

Une évolution des tendances d'utilisation

Parmi les utilisateurs de chatbots interrogés, 41,6% s'en servent pour effectuer des recherches sur Internet en lieu et place des moteurs de recherche traditionnels, contre 27,2% en 2024.

L'usage professionnel progresse lui aussi: la rédaction de textes ou la création de résumés concerne désormais 31,4% des utilisateurs, contre 26,6% en 2025. Frick prédit:

«Les moteurs de recherche classiques, qui ne font que proposer des liens, sont sous pression et vont disparaître.»

Une préférence pour les messages écrits

La communication écrite via un champ de discussion intégré à un site web ou une application reste de loin la modalité préférée, avec une attractivité en légère progression: 59,2% en 2024, 61,6% en 2025 et 61,9% en 2026.

L'interaction téléphonique suit à distance, avec des chiffres stables autour d'un tiers des sondés (31,4% en 2024, 34,0% en 2025, 33,8% en 2026). La vidéoconférence avec avatar reste quant à elle marginale et sans réelle percée (22,4% en 2024, 24,3% en 2025, 22,8% en 2026). Frick explique:

Les erreurs les moins bien acceptées

Les utilisateurs se montrent peu indulgents envers les chatbots: environ deux tiers des sondés (62,9%) n'acceptent pas qu'un assistant IA commette davantage d'erreurs qu'un interlocuteur humain, une proportion qui est restée stable au fil des ans. Pour Jean-Claude Frick:

«Les attentes envers l’IA sont élevées. Dans le même temps, les hallucinations restent un risque réel. Dans le contexte professionnel, cela peut rapidement engendrer un problème.»

La santé mentale comme ligne rouge

Les réticences sont particulièrement marquées dès qu'il s'agit de données de santé. Plus d'un sondé sur deux (55,5%) refuse de partager des informations sur sa santé mentale avec un chatbot, qu'il s'agisse de ChatGPT ou des robots de prestataires de soins et d'assureurs.

Les femmes se montrent plus prudentes que les hommes sur ce point (58,8% contre 52,1%). Le refus est presque aussi fort concernant l'usage d'un chatbot comme coach santé (52,5%) ou le partage d'informations sur des problèmes physiques (49,4%). Frick commente:

«La réticence à partager des données personnelles est justifiée, et ne devrait pas concerner uniquement les informations relatives à la santé.»

A l'inverse, l'IA recueille une nette préférence pour les interactions courantes: 70,4% des sondés les plébiscitent pour suivre l'état d'une livraison, 58% pour des questions sur des produits ou services, et 51% pour une première inscription en ligne. (ysc)

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ChatGPT: Quand la réalité dépasse la fiction
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