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Réfugiés ukrainiens: A quoi ressemble leur arrivée en Suisse?

Arrivée des réfugiés ukrainiens à la frontière polonaise
Arrivée des réfugiés ukrainiens à la frontière polonaiseKeystone

A quoi ressemble l'arrivée d'un réfugié en Suisse? Réponse en 3 points

Ils ont fui la guerre et se retrouvent, quelques jours plus tard, en Suisse. Quelles sont les étapes à traverser pour se loger et pour obtenir le fameux permis «S»?
17.03.2022, 17:3821.02.2023, 14:37
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A quoi ressemblent les premières minutes sur notre territoires pour les Ukrainiens qui ont fui la guerre? «À ma connaissance, il n'y a pas de stands particuliers qui dispensent les informations aux personnes réfugiées», explique Erich Dürst, directeur de l'établissement vaudois d'accueil des migrants (EVAM). Sans «comité d'accueil» spécifique à l'arrivée en gare, que doivent-ils faire? Où peuvent-ils se rendre? Explications en 3 points.

Trouver un logement

«Des policiers ont remarqué que des personnes avaient l'air perdues et leur ont proposé spontanément leur aide. Elles ont trouvé refuge dans un hôtel qui leur a offert la chambre. Le lendemain, on leur a expliqué comment se rendre à Boudry», raconte Denis Pittet, délégué à la communication du Département de l'économie, de l'innovation et du sport du canton de Vaud. Pour rappel, Boudry abrite l'un des six Centre fédéraux d’asile.

A l'arrivée en Suisse, la priorité est donc de trouver un logement, du moins pour quelques jours, en attendant de pouvoir se rendre dans l'un des six centres fédéraux.

Premier obstacle: Il n'y a, pour l'instant, pas de listes ni de plateformes étatiques en libre accès permettant aux réfugiés, eux-mêmes, de réserver un logement auprès des particuliers. Si bien que pour connaître les hébergements disponibles, vous devez vous rendre à l'un des centres fédéraux d'enregistrement où vous pourrez vous inscrire sur les listes de l'Organisation suisse d'aide aux réfugiés (OSAR) ou de l'association Campax. Les plateformes, mises en place par les deux organismes, comptent déjà des milliers de propositions de logements mis à disposition par les particuliers.

À titre d'exemple, l'association Campax dispose même d'une liste d'hôtels proposant des réductions pour les réfugiés. Sans solution de logement à court terme, les réfugiés peuvent généralement compter sur la capacité d'accueil des centres fédéraux.

«Les réfugiés trouveront toujours un lit dans les centres fédéraux même si leur objectif est d'enregistrer leurs données et non de les loger. On proposera toujours une solution, on ne laissera personne dormir dans la rue»
Anne Césard, porte-parole du secrétariat d'état aux migrations

Se rendreà Boudry

Une fois logés, les réfugiés doivent régulariser leur situation auprès de l'administration. La Suisse compte six centres d'enregistrement pour l'obtention du permis S, mais un seul en Suisse romande: à Boudry.

«Nous avons conscience que débarquer dans un pays étranger dont vous ne connaissez pas la langue, prendre les transports en commun et se rendre à Boudry n'est pas une mince affaire»
Denis Pittet, délégué à la communication DEIS

Bonne nouvelle toutefois pour les Ukrainiens qui arrivent en Suisse: ils peuvent se déplacer gratuitement en transports publics pour traverser notre pays ou pour se rendre à leur destination finale sur notre territoire (aller au centre d'enregistrement par exemple). La question d'un abonnement général gratuit pour tous les réfugiés (ukrainiens ou non) est aussi en discussion sous la Coupole.

Mais une fois à Boudry, les Ukrainiens devront prendre leur mal en patience. Les centres fédéraux d'accueil, effectuant des enregistrements pour le permis S, sont actuellement surchargés. La RTS a récolté plusieurs témoignages dont celui d'une mère de famille ukrainienne qui a attendu plus de cinq heures au centre de Boudry et qui a fini par abandonner ses démarches d'enregistrement.

Pour pallier ce type de désagrément, le secrétariat aux migrations (SEM) mettra en place, dès le vendredi 18 mars, une plateforme de prise de rendez-vous en ligne pour les personnes qui bénéficient déjà d'un logement et qui peuvent patienter avant de faire leur demande de permis «S». Dans le canton de Vaud, on souligne que le demandeur, qui dispose déjà d’un hébergement mais qui a besoin d’une assistance matérielle, peut s’inscrire auprès du Service de la population pour obtenir une décision d’aide temporaire.

S'enregistrer pour un statut «S»

Finalement, les réfugiés pourront s'enregistrer dans la base de données de la Confédération en vue de l'obtention du permis «S». Ce statut permet de bénéficier des assurances sociales, d'un permis de travail et la scolarisation des enfants. Une étape importante après les 90 jours de séjour légal en Suisse.

Au centre fédéral d'asile, après le relevé de leurs empreintes et la constitution de leur demande de permis, ils sont envoyés directement au canton qu'on leur a attribué.

«Tous les réfugiés ukrainiens qui vont à Boudry sont, en principe, attribués aux cantons romands. Une fois enregistrés, ils seront pris en charge par les cantons respectifs»
Denis Pittet, délégué à la communication DEIS

Dans la capitale vaudoise, par exemple, les réfugiés devront se rendre à l'établissement vaudois d'accueil des migrants (EVAM), qui proposera des hébergements à long terme, en foyer ou chez des particuliers. L'EVAM aide également à prendre rendez-vous au Centre de biométrie pour la fabrication du statut «S» et pour la suite des démarches administratives communales à suivre.

Les réfugiés ukrainiens
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Les réfugiés ukrainiens
Dans un centre d'accueil improvisé en Moldavie.
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