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Image: Shutterstock

Se faire vacciner sur son temps de travail, problème?

L'employeur doit-il libérer l'employé pour la vaccination comme si c’était un banal rendez-vous chez le médecin? Et le salaire, est-il perçu? Les réponses sont (presque) unanimes: c'est oui.



On me propose enfin un rendez-vous pour me faire vacciner contre le Covid-19! Je ne suis visiblement pas le seul et les choix sont restreints: En milieu de matinée ou de l'après-midi, qui plus est en semaine. Ce qui m’oblige à quitter mon poste de travail le temps d’une piqûre (et d’un trajet aller/retour).

Une question légitime se pose alors: Est-ce que je dois prendre congé quelques heures? Ou est-ce que mon employeur doit me libérer et m’«offrir» ce temps, car «c’est dans l’intérêt de tous de se faire vacciner», si l’on en croit la Confédération? En conférence de presse ce mercredi, cette dernière ne s’est pas positionnée.

Alors on a posé la question à Marco Taddei, responsable pour la Suisse romande à l’Union patronale suisse. Il nous répond: «Juridiquement, le code des obligations oblige l’employeur à libérer l’employé. On parle de congé usuel, similaire à celui donné pour un rendez-vous chez le médecin». Par congé usuel, on entend le temps nécessaire pour les activités personnelles qui ne peuvent pas être effectuées en dehors du temps de travail.

Mais qu’en est-il du salaire?

«Ce sont principalement les règlements internes d’entreprise qui tranchent cette question et non pas la loi. Par contre, ces absences sont comprises dans le salaire s’il est mensuel. Ce n’est pas le cas si l’employé est rémunéré à l’heure»

Marco Taddei

Pas cool pour ceux qui galèrent dans des petits boulots. Mais la situation est exceptionnelle et la tolérance est de mise. «Il faut faire preuve de bon sens», estime Marco Taddei. «Il est dans l’intérêt général de se faire vacciner et donc de donner à l’employé le temps de le faire. Participer à l’effort commun, c’est la volonté de l’Union patronale suisse».

Marco Taddei, responsable de l'antenne romande de l'Union Patronale Suisse, parle lors d'une conference de presse de l'UPS, Union Patronale Suisse, sur le theme,

Marco Taddei. Image: KEYSTONE

Pour chercher un autre avis, on a posé la question à Virginie Pilault, porte-parole du syndicat Unia. Elle va en fait dans le même sens et s’interroge: «Que seraient 30 minutes d’absence d’un employé qui va se faire vacciner par rapport à ses deux semaines d’arrêt maladie – au bas mot – s’il est contaminé par le virus?»

Elle renchérit:

«Si le rendez-vous tombe pendant les heures de travail, Unia recommande de compter le temps du vaccin comme du temps de travail. Le syndicat demande aux employeurs de faire preuve de flexibilité»

Virginie Pilault

«De plus, il est bien évident que l’employeur profitera, comme tout le reste de la société, de l’immunité de son employé-e après la vaccination», conclut-elle.

Tout cela semble confirmé du côté du canton de Genève. «Sous l'angle de l'Etat employeur, les collaboratrices et collaborateurs de l'Etat de Genève peuvent se rendre à un rendez-vous de vaccination durant leur temps de travail, sur le même principe qu'un rendez-vous médical», indique ainsi Philippe Dunant, secrétaire général adjoint et chargé de communication au Département des finances et des ressources humaines

Au bout du lac Léman, on demande quand même d’essayer de prendre le rendez-vous sur ses congés si on travaille à temps partiel.

Bref, tout le monde semble d’accord: Un petit effort des uns et des autres est le bienvenu en ces temps troublés. Tout le monde? Pas vraiment, en fait. «Le canton de Bâle-Campagne est moins souple», écrit ainsi Arcinfo, citant un article de la Basler Zeitung. Contrairement à la fédération patronale de ce même canton, il estime que la vaccination ne fait pas partie du temps de travail, au même titre qu’un rendez-vous chez le médecin.

Et une vaccination sous la neige? En tout cas, le 2 mai, il y en avait

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Retour de la neige en Suisse ce 2 mai
source: sda / urs flueeler
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