«Ils pourraient se reporter chez nous»: Lausanne se prépare au G7
Des ouvriers qui s'affairent, des panneaux de bois vissés sur les vitrines, des blocs de béton déposés devant certaines entrées… A quelques jours du G7 d'Evian, alors même qu’aucune manifestation n’est annoncée dans la capitale vaudoise, des établissements bancaires ont pris les devants.
La BCV de Saint-François, celle de Chauderon, l'agence située en face de la gare, mais aussi la BCGE de l'avenue de la Gare ou encore l'UBS de la rue du Lion-d'Or ont toutes installé des dispositifs de protection plus ou moins visibles.
Une image qui contraste avec l'atmosphère relativement sereine qui règne ailleurs en ville. Car du côté des commerçants, on est loin de l'ambiance bunker.
Sur la place Saint-François, à proximité de la BCV, des employés de deux kiosques affirment n'avoir pris aucune mesure particulière en vue du sommet. Même son de cloche chez Maxi Bazar, où deux collaborateurs assurent qu'aucun dispositif spécifique n'a été prévu.
Une employée d’une boutique de la rue de Bourg dit espérer que Lausanne sera épargnée, car son employeur n’a rien prévu de particulier.
Une commerçante du quartier évoque bien, elle, une surveillance renforcée du côté des bijoutiers, avec une présence organisée «24 heures sur 24». Mais ces initiatives semblent rester marginales.
Sur l'avenue de la Gare, Marc-Olivier Reymond, patron du restaurant le Bamee, n'envisage pas non plus de bouleverser ses habitudes. «On ne va pas se barricader», explique-t-il, en concertation avec la pizzeria du bout de la rue. «En plus, on diffuse les matchs de la Coupe du monde, on espère que nos clients seront là avec nous pour faire la fête.» Avant d'ajouter avec une pointe de fatalisme:
«On nous a dit de ne pas barricader»
Anne-Lise Noz, présidente de la Société coopérative des commerçants lausannois (SCCL), nous explique avoir directement interrogé la Ville à ce sujet. «On a posé la question aux autorités: est-ce qu'il faut se barricader, ne pas se barricader? On nous a dit de ne pas le faire, pour ne pas devenir des cibles et inciter les déprédations», explique-t-elle. «Les autorités se sont montrées rassurantes. Nous avons toutefois quelques points d'interrogation.»
Car si aucune manifestation n'est prévue dans la capitale vaudoise, la commerçante n'exclut pas un scénario de report.
Elle se dit néanmoins «raisonnablement optimiste», en précisant encore: «C'est clair qu'on se réjouit tous que cette semaine soit derrière nous.»
La Ville appelle au calme
Comment expliquer, dès lors, que les banques aient choisi une stratégie aussi visible? Interrogée par watson, la Ville de Lausanne confirme avoir invité les commerçants à ne pas multiplier les dispositifs trop ostentatoires. «Les informations disponibles ne font état d'aucune manifestation d'ampleur annoncée à Lausanne ou dans le canton de Vaud», indique David Rodriguez, porte-parole de la direction lausannoise de la sécurité.
«Dans ce contexte, il a été indiqué aux acteurs commerciaux lausannois qu'il n'apparaissait pas nécessaire de mettre en place des dispositifs de protection particulièrement visibles dans l'espace public.»
L'objectif est d’«éviter de créer un climat d'inquiétude disproportionné par rapport au niveau de risque identifié à Lausanne.» La Ville insiste, les commerçants peuvent poursuivre leurs activités normalement, tout en restant attentifs à l'évolution de la situation et aux recommandations cantonales. Quant aux protections installées par certaines banques, elles «relèvent de leur propre analyse des risques et de leur responsabilité».
Les banques assument leur prudence
Si UBS n'a pas souhaité commenter les mesures prises dans le cadre du sommet du G7, la BCV assume clairement sa stratégie. «Même si la situation semble différente et le risque plus faible à Lausanne qu'à Genève et qu'en 2003, il ne peut pas être exclu», nous répond Jean-Pascal Baechler, porte-parole de la banque cantonale vaudoise.
Hormis son agence d'Ouchy et «un nombre limité de bancomats», les agences resteront ouvertes selon leurs horaires habituels du 15 au 17 juin. Entre confiance affichée et prudence assumée, Lausanne retient son souffle.
