Emirates «améliore considérablement la classe éco», Swiss attend
Huit heures dans le même siège, voire neuf, dix heures ou davantage: pour tous les passagers qui ne peuvent s’offrir le confort des classes avant sur les vols long-courriers, c’est une épreuve incontournable. Au faible espacement entre les sièges s’ajoute l’absence d’un véritable soutien pour la tête. Le petit coussin intégré maintient certes l’arrière du crâne, mais dès que l’on s’assoupit et que la tête bascule sur le côté, il devient quasiment inutile.
La compagnie aérienne Emirates entend désormais y remédier. Elle lance un nouveau concept destiné à la classe économique, baptisé U-Dream. Il s’agit d’un appuie-tête réglable à plusieurs niveaux, conçu pour soutenir efficacement la tête et la nuque pendant le sommeil ou les moments de détente. Il équipera tous les sièges Economy de la flotte d’Airbus A350 d’Emirates, ainsi que la plupart des Boeing 777 et des Airbus A380. Selon la compagnie, il s’agit d’une première mondiale dans le secteur.
Dans un communiqué, Emirates précise que cet appuie-tête en cuir est réglable en hauteur et inclinable, afin de s’adapter aux passagers de différentes tailles et morphologies et d’offrir un confort personnalisé tout au long du vol. Il répond en outre aux exigences strictes de sécurité de l’Agence de l’Union européenne pour la sécurité aérienne (AESA).
Mauvaise nouvelle pour les boutiques duty free
«Nous avons trouvé un moyen d’améliorer considérablement le confort des passagers en classe économique, en particulier sur les vols long-courriers», explique Tim Clark, président d’Emirates. Il souligne aussi un point qui ne fera sans doute pas le bonheur des boutiques duty free:
Car de nombreux commerces présents dans les aéroports réalisent en effet une part de leurs ventes grâce aux coussins cervicaux achetés au dernier moment par les voyageurs. Les modèles les plus simples coûtent parfois une dizaine de francs, tandis que les versions plus sophistiquées peuvent atteindre 50 francs.
Chez Swiss, en revanche, aucun projet similaire n’est à l’étude. Le porte-parole Remo Müller rappelle que la compagnie a récemment lancé un nouveau concept de cabine. Elle continue toutefois à suivre de près les innovations qui apparaissent sur le marché.
Force est de constater que, dans le secteur aérien, les évolutions récentes montrent que la classe économique n’est pas la priorité de nombreuses compagnies, si ce n’est pour installer le plus grand nombre possible de sièges dans un espace restreint. En dehors de l’agrandissement des écrans individuels, les améliorations notables sont restées limitées. Le nouveau concept de cabine de Swiss, déployé depuis quelques mois, ne constitue pas une révolution.
Massage, bar et douche
Interrogé par CH Media, éditeur de watson, lors d’un vol de presse organisé au début de l’année, le directeur général de Swiss, Jens Fehlinger, rejetait toutefois cette critique. «Nous avons aussi fortement investi dans la classe économique.» Il mettait en avant plusieurs nouveautés visibles, comme des écrans plus grands, des sièges plus confortables et un espace accru pour les jambes. «Nous établissons ainsi de nouvelles références.» Les journalistes présents à bord n’ont cependant pas été invités à tester les nouveaux sièges de la classe économique.
Dans les faits, les investissements les plus importants restent concentrés dans les classes premium. Les écrans y sont encore plus grands, les sièges plus confortables, transformables en lits et parfois même équipés de fonctions de massage et de chauffage. A bord des Airbus A380 d’Emirates, les passagers disposent même d’un bar et d’une douche, tandis que Singapore Airlines propose de véritables suites privatives.
Jens Fehlinger ne le conteste pas. Chez Swiss aussi, la demande de personnalisation et d’intimité est en nette progression. «Nous avons répondu à ce besoin de nos clients en First et en Business.» En première classe, les passagers les plus fortunés peuvent même profiter d’un lit double. (trad. hun)
