Le nouveau SUV électrique de Toyota vise juste: on a testé
Plus compact et plus accessible que le Toyota bZ4X, le C-HR+ en reprend pourtant une grande partie de la base technique revue. Reste à savoir si ce positionnement malin suffit à lui donner une vraie personnalité sur un segment devenu hautement concurrentiel. Tour d'horizon.
Ne vous laissez pas piéger par son nom: le Toyota C-HR+ n’a, en réalité, pas grand-chose à voir avec le C-HR que l’on connaît déjà. Sous cette appellation familière se cache un modèle entièrement nouveau, pensé dès le départ comme un SUV électrique et qui s’inscrit dans une offensive bien plus large de Toyota sur le marché européen.
Longtemps en retrait sur l’électrique, le constructeur japonais semble désormais changer de tempo. Après un Toyota bZ4X arrivé presque à pas feutrés dans une nouvelle mouture améliorée, la gamme s’étoffe rapidement et le C-HR+ vient précisément occuper le terrain le plus stratégique aujourd’hui: celui des SUV compacts.
L’idée est simple: reprendre une base technique existante, la rendre plus accessible, plus compacte, et surtout plus polyvalente au quotidien.
Une silhouette entre deux mondes
Visuellement, le lien de parenté existe, mais il ne se situe pas forcément là où on l’attend. Ce C-HR+ évoque davantage un Lexus RZ dans son traitement, notamment à l’arrière, avec cette signature lumineuse qui traverse toute la largeur et cette silhouette de SUV coupé qui cherche autant l’efficacité aérodynamique que l’élégance.
Avec ses 4,53 mètres, il s’intercale habilement entre le C-HR hybride et le bZ4X, trouvant un équilibre assez juste. Rien de spectaculaire dans son dessin, mais une cohérence d’ensemble qui fonctionne, avec cette retenue typiquement japonaise qui évite toute démonstration inutile.
Un intérieur connu, mais bien exécuté
A bord, le sentiment de familiarité est immédiat. La planche de bord reprend presque à l’identique celle du bZ4X restylé, avec cet écran conducteur perché en hauteur, ce volant positionné bas qui ne conviendra pas à toutes les morphologies, et surtout ce grand écran central de 14 pouces qui structure l’ensemble. L’ergonomie est simple, lisible, efficace.
Tout tombe assez naturellement sous la main, et si l’on peut regretter l’absence d’un affichage multitâche (par exemple navigation et musique simultanément) sans passer par Apple CarPlay ou Android Auto, l’expérience globale reste agréable. Ce n’est pas spectaculaire, mais c’est bien fait, assez intuitif et facile à vivre.
Des compromis assumés
C’est en s’installant à l’arrière que les limites apparaissent plus clairement. La ligne de toit plongeante impose ses contraintes, et, malgré des dimensions honorables, l’espace aux jambes comme la garde au toit restent en retrait face à certains concurrents.
Le coffre, avec sa capacité de 416 litres et un plancher abaissable de 5cm, se situe dans la moyenne et l’absence de solutions de rangement annexes, comme un frunk ou même une boîte à gants classique laisse un léger sentiment d’inachevé. Rien de rédhibitoire au demeurant, mais leur absence étonne dans un segment si concurrentiel où chaque détail compte.
Une surprise sur la route
Une fois en mouvement, le C-HR+ séduit dans sa manière de se comporter. Très teinté de dynamisme, l’ensemble apparaît progressif, naturel, sans effet artificiel. La réponse à l’accélérateur est douce mais réactive, la direction inspire confiance, et l’ensemble dégage une vraie sérénité avec un confort de haut vol, habile compromis entre fermeté et souplesse.
L’offre du Toyota C-HR+ reste volontairement lisible, avec deux niveaux de puissance et même batterie (77kWh) qui couvrent l’essentiel des usages. On débute avec la version traction d’une puissance de 224 ch/268Nm, offrant jusqu’à 607 km d’autonomie WLTP, suivie de la déclinaison à traction intégrale (2 moteurs) de 343 ch/338Nm pour jusqu’à 548km d’autonomie.
La motricité de cette dernière variante est irréprochable, la poussée très franche, et l’ensemble se montre agile malgré ses 1,9 tonne et dégage une vraie sensation de maîtrise.
Cela se paie logiquement par une consommation un peu plus élevée et une autonomie en retrait, mais l’équilibre reste cohérent pour qui cherche un SUV électrique capable d’offrir un peu plus que la stricte rationalité. La consommation relevée lors de notre galop d’essai sur un tracé assez exigeant au sud de l’Espagne s’élève aux alentours de 17-19 kWh/100km, plutôt à l’avenant.
Un bel équilibre
Le Toyota C-HR+ ne cherche pas à impressionner, mais à convaincre. On pourrait être tenté de le résumer comme un «mini-Toyota bZ4X», mais ce serait un peu réducteur. Car, derrière cette filiation technique assumée, il y a une proposition plus fine, plus équilibrée, on aurait envie de dire «plus européenne» dans l’esprit.
S’il se montre moins démonstratif que certains concurrents, il frappe en revanche très juste avec l’agrément qu’il procure et sa manière de répondre aux attentes réelles. Dans un marché électrique de plus en plus fourni, cette justesse vaut déjà beaucoup, de même que ses tarifs: à partir de 39'900.- francs en traction et entre 44'700 et 49'900.- (suivant la finition) pour le 4x4.
