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Vous aimez les fruits? En voici 9 méconnus à cultiver vous-même

Voici 9 fruits méconnus à avoir dans votre jardin.
Les pommes et les poires c'est sympa, mais un peu de variété, c'est encore mieux!Image: Imago / Shutterstock, montage watson

Vous aimez les fruits? En voici 9 méconnus à cultiver vous-même

Qu'il s'agisse de fruits ou de légumes, nos paniers et nos assiettes manquent bien souvent d'originalité. Pour sortir des sentiers battus, voici quelques essences fruitières indigènes et méconnues à ajouter dans votre jardin.
18.07.2026, 16:0018.07.2026, 16:00

Avec la surabondance de denrées à laquelle nous ont habitués nos supermarchés, il faut bien l'admettre: nous avons perdu la notion de ce qui fait d'un fruit quelque chose de remarquable. Fraises hors-saison, baies parthénocarpiques (sans pépins) et pommes Golden disponibles toute l'année nous ont, malgré leur praticité, leur profusion et leur absence de défauts, paradoxalement retiré quelque chose.

A parcourir des allées où s'entassent presque jusqu'au plafond des produits parfaits, on en vient à oublier le plaisir simple de déguster, à l'occasion par exemple d'une randonnée, quelques mûres sauvages éparpillées sur un mur ancien ou une poignée de mirabelles, pour certaines trop acides, pendantes aux branches d'un arbre rustique.

Si vous avez le sentiment, saison après saison, de graviter inlassablement autour des mêmes saveurs, alors cette liste est faite pour vous.

L'Arbousier

🥭 Arbutus unedo

Commençons par un grand classique des fruits oubliés: l'Arbousier. Aussi appelé Arbre à fraises, ce persistant est originaire du bassin méditerranéen (principalement occidental), où il pousse en plein soleil sous forme de buisson puis d'arbrisseau pour finalement devenir un arbre pouvant dépasser les 10 mètres dans des conditions favorables. Son fruit, l'arbouse, n'a cependant aucun rapport avec le faux-fruit qu'est la fraise.

En latin, son espère «unedo» fait référence à l'expression latine «unum edo», qui signifie «je n'en mange qu'un seul». En effet, bien qu'agréablement décorative, l'arbouse ne brille ni par la richesse de son goût ni par la délicatesse de sa texture. Légèrement acidulée à sucrée et farineuse, elle contient de nombreux petits pépins. Elle est néanmoins malléable et peu astringente. Elle se récolte entre octobre et décembre, ce qui en fait un sympathique et ponctuel mets d'automne.

Il est à noter que ce fruit possède une très faible toxicité. Ingéré en trop grande quantité, il peut causer vomissements et troubles gastriques.

Arbutus unedo, Argousier.
L'Arbousier a la particularité de se parer parallèlement de sa floraison annuelle et de sa nouaison de l'année précédente. Ses fruits sont commercialisés en Afrique du Nord, et servent aussi à la préparation de certains alcools.Image: Imago

L'Argousier

🥭 Hippophae rhamnoïdes

Second immanquable des arbres à fruits méconnus, l'Argousier, dont le nom vernaculaire ressemble à s'y méprendre à celui de l'Arbutus, est très apprécié dans nos régions pour ses qualités ornementales, notamment pour son feuillage, rappelant celui des saules et des oliviers. Ses baies ont pourtant bien plus de qualités que leur seule apparence.

Pleines de vitamines et d'une couleur remarquable rappelant celle de célèbres bonbons, les argouses se caractérisent par leur goût se rapprochant de celui de l'ananas, du fruit de la passion et du citron. Relativement acides, elles sont bien plus couramment utilisées dans la confection de confitures, gelées, sorbets, sauces, sirops et compotes que consommées crues. Elles possèdent un noyau (ou akène) et peuvent être récoltées de septembre à octobre. Elles sont également très appréciées des oiseaux et de la petite faune.

Hippophae rhamnoïdes, Arbousier.
Indigène en Eurasie et donc très résistant au froid, l'Argousier produit au bout de 2 à 4 ans ses premiers fruits. Attention, les branches piquent!Image: Imago

L'Aubépine

🥭 Crataegus laevigata & monogyna

Contrairement aux deux précédentes essences, la cenelle (c'est ainsi que s'appelle le fruit de l'Aubépine) ne se consomme pas directement après cueillette. Petites et peu juteuses, elles n'ont que peu à offrir fraîches. En revanche, après cuisson ou infusion, elles sont capables de rehausser délicatement un plat ou une boisson avec leur saveur rappelant celle de la pomme. L'élaboration de gelées et de confitures est tout aussi commune.

Pour ce qui est de la distinction entre les espèces laevigata et monogyna, seul le nombre de noyaux change pour les cenelles: 2 à 3 pour laevigata contre un seul pour monogyna. Pour cette dernière, le feuillage est également plus profondément ciselé.

Splendide arbuste hérissé, le Crataegus est très commun en lisière de forêt. Sa nouaison a lieu en été pour une récolte dès septembre jusqu'à fin octobre (sur fruits bien rouges).

Crataegus laevigata, Aubépine.
D'un aspect ravissant, l'Aubépine peut vivre des siècles et se plaire même à 1500 mètres d'altitude. Son utilisation par l'homme remonte à l'ère des chasseurs-cueilleurs. Ses fleurs peuvent elles aussi être récoltées pour en faire des infusions. Attention, ça pique aussi.Image: Imago

L'Amélanchier

🥭 Amelanchier alnifolia

Beaucoup moins connues, les amélanches ont pourtant tout pour plaire; une belle coloration, un goût proche de la pomme et de la myrtille et une période de récolte estivale, entre juin et juillet. Si les espèces alnifolia et ovalis sont particulièrement appréciées pour leurs baies, il est important de souligner que tous les amélanchiers produisent des fruits comestibles.

Crues, en gelée ou en confiture, les amélanches conviennent à toutes les envies. L'Amélanchier, lui, est apprécié en pépinière, pour l'esthétique de son port (en tige ou sous forme buissonnante) et de son feuillage, dont l'ovale et la nervuration rappellent les majestueux Aulnes. Si vous n'en avez pas déjà un dans votre jardin, foncez!

Amelanchier alnifolia, Amélanchier.
La floraison blanche de l'Amélanchier, entre avril et mai, vaut elle aussi le détour.Image: Imago

L’Airelle et la Canneberge

🥭 Vaccinium vitis-idaea & macrocarpon

Appartenant au même genre, les airelles et les canneberges ont de nombreux points communs visuels, mais tout autant d'éléments distinctifs lorsqu'il s'agit de les manger. Les premières sont acides, les secondes deux fois plus grosses et largement plus portées sur l'astringence, à la façon de la groseille. Les airelles se récoltent d'août et octobre selon l'altitude et la variété et les canneberges, légèrement plus tardives, de septembre à octobre.

Côté cuisine, toutes les déclinaisons sont aussi possibles que communes, même si, en Europe, on connaît surtout la canneberge pour sa présence dans de nombreux jus de fruits. En cultiver dans son jardin nécessitera toutefois quelques précautions. Ces sous-arbrisseaux nécessitant de la mi-ombre et un sol acide, humide et bien drainé, une mise en pot ou en bac avec de la tourbe constitue sans doute la meilleure approche.

Vaccinium vitis-idaea, l'Airelle.
A ne pas confondre avec le Raisin d'ours (Arctostaphylos uva-ursi, en latin), dont les fruits, également comestibles, sont parfaitement insipides et farineux.Image: Imago

L'Eglantier

🥭 Rosa canina

C'est le moment d'être attentif, car l'églantine (plus communément appelée «gratte-cul» ou cynorhodon), ne se consomme pas n'importe comment. Crue et sans précaution, elle peut vous faire passer un sale quart d'heure avec de sévères démangeaisons anales (aussi appelées prurit).

En cause: une myriade de poils urticants entourant les graines (ou akènes, qui sont en réalité les vrais fruits de l'Eglantier). Les enlever minutieusement relève donc d'une nécessité absolue, pour ne garder au final que la chair.

Pour ceux qui estiment que le risque n'en vaut pas la chandelle (et on vous comprend, surtout quand on sait que les poils d'églantines sont très efficaces aussi sur la peau des doigts), vous serez heureux d'apprendre que cuire ce fruit neutralise son potentiel de nuisance. Ensuite, en avant les confitures, les tisanes et les sirops! Les églantines se récoltent principalement entre octobre et novembre.

Rosa canina, le cynorhodon.
En raison de leurs propriétés irritantes, les fruits de Rosa canina sont considérés comme faiblement toxiques. En juin-juillet, l'Eglantier se pare de ses belles roses.Image: Imago

Le Cornouiller mâle

🥭 Cornus mas

Si votre espace vert comporte une haie vive ou un coin d'espace forestier, il y a de grandes chances pour que vous soyez l'heureux propriétaire d'un cornouiller mâle, surtout sur l'arc lémanique, où cet arbre est très commun. Ses fruits, appelés cornes ou cornouilles, se consomment blettes (ou fraîchement tombées sur le sol), et se rapprochent, en termes de saveurs, de la griotte du cerisier acide. Attention, il y a un noyau. Les cornes murissent d'août à septembre.

Outre ses fruits, cette essence brille par sa floraison hivernale jaune pâle et son feuillage caractéristique.

Cornus mas, le Cornouiller mâle.
En plus d'être goûteuses, les drupes du Cornus mas sont belles.Image: Imago

Le Cormier

🥭 Sorbus domestica

La corme (ou sorbe), qui ressemble à une petite pomme jaune de 3 centimètres à maturité, peut se cueillir entre septembre et octobre. Elle peut notamment se manger blette après être tombée de l'arbre. Son goût fait écho à celui de la nèfle. Le Sorbus domestica est utilisé pour la confection d'une ancienne et désormais rare boisson gazeuse faiblement alcoolisée, le cormé.

Si la corme est spécifique au domestica, l'espèce aucuparia, aussi appelée «Sorbier des oiseleurs», possède elle aussi des fruits comestibles. Rassemblés en grappes denses et appréciés des oiseaux à l'instar du Pyracantha (qui ne se mange pas), ils peuvent être consommés sans danger cuits, ou crus en petite quantité. Ils sont en effet faiblement toxiques et peuvent occasionner des troubles du système digestif.

Sorbus domestica / aucuparia.
Sorbus domestica / Sorbus aucuparia. On préfèrera tout de même manger les fruits de gauche.Image: Imago, montage watson

Bonus: le Leycesteria

🥭 Leycesteria formosa

Pour cette dernière entrée bonus, autorisons-nous une petite entorse à la règle des essences indigènes pour nous intéresser à un arbuste caduc et fruitier himalayen. L'Arbre aux faisans, comme on l'appelle également, ne peuple certes pas nos sous-bois, mais il n'est cependant pas rare d'en croiser en garden center. De fait, nous avons à tort pour habitude de ne le trouver attrayant que pour ses qualités ornementales. Et pourtant…

Son fruit, adoré des oiseaux, est très sucré et convient parfaitement à l'élaboration de desserts. De quoi surprendre vos convives avec un mets qu'ils n'auront sans doute jamais goûté! La récolte a lieu de juillet à octobre.

Leycesteria formosa.
Les grappes de fruits ne mûrissent pas uniformément. Usuellement, les baies du haut blettissent avant celles du bas.Image: Imago
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