Divertissement
Etats-Unis

Big Chicken sur Netflix: il a risqué sa vie pour du poulet frit.

Vidéo: watson

«Tu vas crever»: il a risqué sa vie en mangeant du poulet frit

L’humoriste anglais Mo Gilligan a enquêté sur les scandales de l’industrie du poulet tout en avalant des fried chicken du matin au soir, 28 jours durant. Un documentaire à la fois choc, drôle et plutôt bien fichu, vingt ans après l’inoubliable Super Size Me.
10.08.2026, 18:4710.08.2026, 18:47

Mo Gilligan a deux passions dans la vie: «faire marrer les gens et le poulet frit». En introduction de Big Chicken: le complot de la malbouffe, sur Netflix, le Britannique avoue que l’expérience qu’il s’apprête à dégoupiller a des airs de «job de rêve pour n’importe quel kid».

Pendant 28 jours, ce comédien de stand-up s’est exclusivement nourri de «fried chicken de fast-food», du matin au soir, de Londres au sud des Etats-Unis. Objectif? Constater les dégâts sur sa santé et son moral, tout en essayant de découvrir par lui-même comment l’industrie du poulet «exploite et tue des gens tous les jours».

Si le documentaire ne révèle rien qu’on ne sache déjà, sa forme originale et la sincérité avec laquelle Mo Gilligan réalise l’ampleur du désastre qui se planque derrière son plat préféré font de Big Chicken un digne petit frère du célèbre Super Size Me, qui a choqué la planète il y a plus de vingt ans.

La bande-annonce de Big chicken:

Vidéo: watson

Une expérience qui démarre logiquement par une visite médicale durant laquelle l’humoriste apprendra non seulement qu'il est en excellente santé, mais qu’il va vivre un véritable enfer.

«Si j’étais vous,
je le ferais pas»
Dr. Enam Abood à son célèbre patient

Si la doctoresse Enam Abood se montre aussi réticente, c’est parce que le fried chicken de fast-food est gorgé de produits chimiques et, plus pernicieux encore, fabriqué pour «être absolument délicieux». C’est d’ailleurs ce qui frappe d’emblée dans ce documentaire: Mo Gilligan a beau, au fil de son enquête, se rendre compte qu’il bouffe de la merde, ça ne l’empêchera pas de lâcher des «putain, ce que c’est bon» jusqu’à la fin de son défi.

Du poulet frit ultra-transformé au petit-déjeuner, au dîner et au souper?

«Mo n’a aucune idée du mal qu’il va faire subir à son corps et à sa santé mentale»
Dr. Enam Abood

Burgers, wings, tenders, tout y passe, tant que c’est du poulet de mauvaise qualité, emballé dans une épaisse panure. Tourné en mode journalisme gonzo, ce film rappelle les formats que l’on dévore aujourd’hui sur YouTube, avec des confessions face-caméra et un montage aussi dynamique que malin. Qu’il croque ou craque, on est au plus près de ce trentenaire habité d’une certaine naïveté communicatrice.

Lorsqu’il tombe sur le fried chicken préféré de Beyoncé à Houston, sur des vidéos choquantes tournées dans les entrepôts des plus puissants producteurs de poulet des Etats-Unis ou sur son propre reflet rebondi au vingtième jour d’un régime de plus en plus difficile à tenir, l’humoriste n’est jamais au bout de ses surprises. Un matin, il va même fondre en larmes, se réjouissant de pouvoir remanger un fruit ou un légume.

Encore une fois, pas de scoop dans ce Big Chicken, mais des rappels qui ont le mérite d’être martelés à la nouvelle génération fana de fried chicken. Les déserts alimentaires qui privent familles les plus pauvres de nourriture saine, la volonté de l’industrie «de faire enfler les volailles aussi vite que possible», les additifs qui imitent le goût du poulet en bout de chaîne, alors que le produit est imbibé d’antibiotiques, ou encore les dégâts sur l’environnement et le fait qu’il y a désormais plus d’enfants en surpoids qu’en sous-nutrition dans le monde.

Histoire de rendre ce documentaire de 90 minutes le plus digeste possible, Mo Gilligan a jalonné son road-trip horrifique d’un humour bien senti et d’experts ou d’activistes capables de vulgariser suffisamment leur science et leurs chiffres pour atteindre un public qui n’a peut-être pas encore tout à fait conscience de ce qui se cache derrière les alléchantes publicités de KFC, Popeyes, Chick-fil-A et consorts.

A regarder en sirotant un jus de carotte, comme celui que l’humoriste-enquêteur s’est dépêché de commander quand il a appris que le diabète et l’obésité toquaient déjà à sa porte, après seulement un petit mois de poulet frit H24.

- Bande-annonce Big chicken
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