A 28 ans, j'ai reçu ma première injection et le résultat m'a surprise
J'ai du bol. A moins de 30 ans, je ne traîne pas un terrible complexe avec mon nez, mes lèvres ou mes pommettes. J'ai été gratifiée d'une peau plutôt clémente, sans traces de l'acné d'adolescence et encore préservée par les signes de l'âge.
J'avais donc assez peu de raisons de m'intéresser à la médecine esthétique, au-delà d'une curiosité pour un phénomène de société qui prend chaque année plus d'ampleur, en particulier chez les jeunes. Voire les très, très jeunes.
Longtemps réservées aux quadragénaires en quête de rajeunissement, les injections séduisent désormais toutes les générations. Selon plusieurs études, notamment publiées dans Aesthetic Surgery Journal, les 20–30 ans y ont recours de plus en plus tôt, dans une logique de prévention plutôt que de correction. Portée par Instagram et TikTok, cette «génération filtre» banalise les visages lissés et les lèvres repulpées, transformant des gestes médicaux en routines presque ordinaires.
Suis-je à la traîne? Sans doute. Des notions telles qu'«acide hyaluronique», «rétinol», «collagène», voire même «Botox» me semblaient assez abstraites, associées aux influenceuses beauté de Miami et de Dubaï. Une préoccupation que je reléguais à un futur plus ou moins lointain.
Il va donc sans dire que la seule aiguille qui s'est jamais approchée de mon visage, c'est celle du dentiste au moment de me retirer les dents de sagesse, il y a dix ans. (Un traumatisme.)
Direction Teoxane
Je suis sortie de mon ignorance par une belle matinée d'avril, sur l'invitation de la société Teoxane, firme genevoise spécialisée dans l'acide hyaluronique. Si cette molécule vous est étrangère, petite leçon de chimie: présente naturellement dans le corps, elle a tout pour faire rêver. C'est la promesse d'une peau hydratée, souple et rebondie comme celle d'un nouveau-né. Utilisée dans les injections pour combler les rides, redonner du volume aux lèvres ou aux pommettes, on la trouve aussi dans les sérums et les crèmes antiâges pour rebooster une peau sèche en mal d'hydratation.
En trottinant vers le siège de Teoxane, un intimidant bâtiment de verre situé 105, Rue de Lyon, je n'ai alors pas encore tout à fait conscience que je suis sur le point de céder à mon tour aux sirènes des injections et de cette fabuleuse molécule, désormais dégainée à tout-va dans l'industrie cosmétique comme un mot magique.
C'est ici, à Genève, que la fondatrice de Teoxane, Valérie Taupin, a entamé en 2003 sa prodigieuse success story médicale et entrepreneuriale. Figure aussi discrète que respectée, elle nous gratifie de quelques mots de bienvenue avant que nous entamions la visite, aux côtés d'autres journalistes de la presse internationale conviés à l'occasion du lancement de son dernier protocole.
Affublée d'une combinaison blanche et de lunettes de protection, il est l'heure pour moi de partir à la découverte des laboratoires, aux étages inférieurs, dans lesquels la quinzaine de formulations de Teoxane ont été conçues et produites. Les locaux, répartis sur sept étages, font plus de 10 000 mètres carrés et rassemblent tous les départements: recherche, marketing, vérification de la qualité.
Tandis que notre groupe passe devant une alignée de laborantins penchés sur leurs microscopes, travaillant à l'élaboration des fillers et de technologies qui ne rejoindront pas le marché avant plusieurs années, l'un des directeurs de la recherche, le Dr Jimmy Faivre, me glisse dans la main les trois composantes d'une seringue Teoxane.
L'an dernier, il s'en est vendu plus de 41 millions d'exemplaires à travers le monde. Je soupèse les fioles avec délicatesse, en songeant que c'est ce précieux liquide qui coule dans l'épiderme de milliers de visages. Pourquoi pas le mien?
Perspective plutôt alléchante: la spécificité de la molécule mise au point dans les laboratoires de Teoxane repose dans son résultat ultra naturel insoupçonnable. Contrairement au Botox, qui fige les traits et s'avère très facilement repérable, l'acide hyaluronique comble mécaniquement les ridules.
Et si personne n'est censé remarquer un quelconque recours aux injections, Teoxane assure en revanche que tout mon entourage remarquera une différence. D'où son intérêt pour des patients aussi jeunes que moi, de plus en plus nombreux à rêver d'une peau façon filtre Instagram.
Test en direct
La visite terminée, place à la partie pratique: une injection en direct filmée depuis une pièce adjacente. Sous les yeux mi-intrigués, mi-ébahis des journalistes rassemblés dans la pièce, une patiente est sur le point de recevoir le Teoxane BabyGlow™, dernier protocole tout juste lancé par l'entreprise dans une poignée de pays, dont la Suisse, l'Espagne et l'Italie.
En moins de sept minutes, c'est plié: l'injection, divisée en seize points sur le visage, est d'une rapidité et d'une efficacité redoutables. La patiente, 35 ans, ressort avec un sourire timide - et une peau qui, en effet, semble déjà rayonner. «Contrairement à d'autres interventions esthétiques, qui peuvent impliquer plusieurs jours de convalescence, les résultats du Teoxane BabyGlow™ sont immédiats et discrets», nous explique la docteure en médecine esthétique Silvia Caboni, qui a travaillé sur le traitement.
A mon tour
La démonstration terminée, me voilà définitivement rassurée. Mais pas seulement. Au fond, ne suis-je pas, comme tout le monde, attirée par le fantasme d'un visage radieux et d'une peau parfaite, le tout sous bonne supervision médicale et avec une garantie presque absolue de résultat?
Evidemment, que je le suis.
Direction le cabinet partenaire de Teoxane, la Clinic IO, à Genève, où la Dre Meral Saglam me prendra en charge pour ma toute première injection.
qui officie à la Clinic IO, à Genève
Face à cette spécialiste en charge de patientes à peine majeures, je rougirais presque de mes 28 ans. «Votre peau est déjà très bien», me rassure la docteure en esquissant avec délicatesse des repères au crayon sur mon visage, afin de garantir une parfaite symétrie et de déterminer les angles à mettre en valeur.
La spécialiste achève également de dissiper mes craintes de novice en matière d'interventions esthétiques: elle est formelle, ce protocole ne changera strictement rien à l'architecture ni à la forme de mon visage. Seule la qualité globale de la peau se trouvera modifiée. Et ce, pour quelques semaines. A moins d'être renouvelée avec un skinbooster, identique à la première dose, l'injection sera totalement résorbée au bout d'environ deux mois.
Mais gare à ceux qui choisiraient leur spécialiste à la hâte ou sans précaution... Car l'acide hyaluronique a beau se résorber naturellement, mal injecté, il peut avoir des effets irréversibles. Je déglutis à cette pensée.
«Vous allez rayonner!», me promet la Dre Saglam, avant de m'inviter à respirer profondément. Je m'exécute.
Première piqûre.
Bon, ok. Aucun rapport avec le massacre à la tronçonneuse des dents de sagesse. La sensation de l'aiguille aux coins de mon visage est si infime et si brève que j'aurais pu tout aussi bien la confondre avec une piqûre de moustique.
Plus étrange, en revanche, est celle du léger fourmillement sous ma peau. Impossible de ne pas songer à The Beauty, la série d'horreur futuriste de Ryan Murphy sur les dérives de la chirurgie esthétique - et dont la médecin me confirme avoir vu les premiers épisodes.
Heureusement pour moi, je ne connaîtrai pas le même sort tragique que le mannequin Bella Hadid dans les premières minutes de la série (je vous laisse regarder pour vous en assurer). L'intervention terminée, mon visage reste inchangé et...
Est-ce psychologique? Il me semble qu'un halo se dégage déjà de mon front et mes pommettes. J'observe le résultat avec un mélange de ravissement - et de soulagement.
Ce joli teint qui se confirmera les jours suivants, malgré la fatigue accumulée de la semaine et une gastro express qui, d'ordinaire, aurait achevé de m'arracher toute trace de vie (et de bonne mine).
C'est encore plus net dans les deux semaines après l'injection. Et si personne ne m'a arrêtée sur le trottoir pour me complimenter sur ma qualité de peau exceptionnelle, la différence est visible dans mon miroir. En espérant que cela dure. Je ne suis pas certaine que mon budget m'autorise le «skinbooster», la seconde injection, qui garantit au produit des effets vraiment durables.
En écrivant cet article et méditant sur «l'or liquide» qui coule désormais entre les couches de mon épiderme (comptez 400 francs suisses l'injection), je songe que c'est sans doute ça, le génie suisse: mettre au point un produit aussi haut de gamme et luxueux qu'une montre suisse, et convaincre une clientèle de tous âges et tous genres confondus qu'il lui est indispensable. Moi compris.
