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Que vaut le remake de Gothic 1? Notre test

Bienvenue dans le monde sans foi ni loi de Gothic, un RPG créé par le studio allemand Piranha Bytes.
Bienvenue dans le monde sans foi ni loi de «Gothic», un RPG créé par le studio allemand Piranha Bytes. ThQ nordic

C'est toujours aussi brutal

Sorti en 2001, Gothic est une légende du jeu de rôle connu pour son exigence. Avec des graphismes désormais mis à jour, le jeu ne fait toujours aucune concession aux joueurs.
28.06.2026, 11:5728.06.2026, 11:57
Igor Rodrigues Ramos

Gothic, c’est typiquement le genre de licence que j’ai toujours observée de loin, avec une certaine curiosité, sans jamais vraiment me lancer. Trop vieille, trop rigide, trop exigeante, et surtout sans aucune nostalgie de mon côté. En clair, si j’y jouais un jour tant mieux, sinon je pouvais très bien passer à côté sans regret.

Mais avec l’annonce de Gothic 1 Remake, quelque chose a changé. Entre une refonte visuelle complète et une sortie sur PlayStation 5, l’occasion semblait idéale de découvrir ce monument du RPG dans des conditions modernes et confortables. Et autant le dire immédiatement: c’est sans doute aujourd’hui la meilleure façon de découvrir ce premier épisode, surtout pour les nouveaux joueurs.

Le titre est développé par le studio Alkimia Interactive et édité conjointement avec THQ Nordic. Sorti initialement le 5 juin 2026, c’est un fier représentant de la philosophie du studio à l’origine de la série, Piranha Bytes. Il est disponible sur les plates-formes PlayStation 5, Xbox Series et Microsoft Windows, et est également accessible via le service de cloud gaming GeForce Now. Et c’est la version PlayStation 5 qui a servi de support pour ce test.

Voici mon avis après plusieurs dizaines d’heures à suer du sang… volontairement et avec plaisir.

Bienvenue en prison

Avant d’aller plus loin, précisons que ce test ne s’adresse pas aux puristes en quête de comparaison avec l’original. Ici, le regard est celui d’un joueur qui découvre entièrement l’expérience. Et de ce point de vue, Gothic 1 Remake pose des bases particulièrement solides, à commencer par son univers. On incarne un prisonnier jeté dans une colonie pénitentiaire entourée d’une barrière magique. On peut y entrer, mais personne ne peut en sortir. A l’intérieur, trois factions coexistent dans un équilibre fragile, chacune avec ses ambitions et sa vision du monde.

La bande-annonce:

Vidéo: youtube

L’Ancien Camp exploite un minerai magique vital pour le royaume, le Nouveau Camp cherche à s’échapper grâce à l’aide des mages de l’eau, tandis que le Camp des Marais s’enfonce dans une forme de mysticisme inquiétant. Très vite, le contexte politique se révèle particulièrement intéressant, notamment à travers la dépendance du roi à ce minerai, lui qui ne peut envoyer son armée sans la condamner. Cette tension donne immédiatement de la crédibilité à l’ensemble, et il ne faut que quelques heures pour être happé par cet univers.

Un RPG qui ne vous aime pas

Malgré sa refonte, Gothic reste un jeu profondément ancré dans une philosophie old-school. Le héros est imposé, peu charismatique au départ, et le jeu ne fait absolument aucun effort pour séduire le joueur dans ses premières heures.

Gothic 1 remake
L'ambiance du jeu a un petit air de The Witcher.Image: THQ Nordic

Même en difficulté facile, l’expérience est rude. Le moindre ennemi peut vous mettre à terre, et le jeu ne propose ni mini-carte ni véritable guidage. Il faut observer, comprendre, expérimenter, échouer et recommencer. Cette approche rappelle immédiatement les RPG du début des années 2000 comme Morrowind, avec cette sensation d’être lâché dans un monde qui ne vous attend pas et qui ne vous fera aucun cadeau.

Une beauté… sous conditions

Techniquement, le remake fait le travail sans pour autant impressionner, malgré la richesse de ses détails. C’est en le comparant avec l’original que l’on est bluffé: il est indéniablement plus beau, avec une direction artistique cohérente et un monde crédible, dense et habité. Chaque lieu semble avoir une fonction, chaque personnage une place, ce qui renforce énormément l’immersion.

Les changements techniques et graphiques sont considérables entre l’original et ce remake.
Les changements techniques et graphiques sont considérables entre l’original et ce remake. ppe

Le principal problème vient surtout de la lisibilité. Là où l’original, par sa simplicité, rendait chaque élément immédiatement identifiable, cette version plus détaillée rend parfois les objets difficiles à repérer, même si une option permet d’atténuer ce défaut.

Ce remake ne se contente d’ailleurs pas d’une simple amélioration visuelle. Il modernise de nombreux aspects, comme les menus, les déplacements ou encore l’interface, tout en ajoutant des éléments initialement prévus mais absents du jeu d’origine. Il s’agit donc d’une véritable relecture, respectueuse mais enrichie.

Malheureusement, l’expérience est aussi entachée de nombreux soucis techniques. Entre les bugs visuels, les ralentissements et les crashs qui obligent à relancer le jeu, la frustration peut rapidement s’installer. A cela s’ajoutent quelques incohérences de traduction, avec des dialogues qui basculent parfois en anglais sans raison.

En 2026, ce genre de problèmes reste difficilement excusable, surtout pour une production de cette ampleur. N’ayant pas pu tester le jeu sur PC, je me base sur les retours de la communauté qui pointent du doigt une optimisation pour l’instant très laborieuse sur cette plate-forme.

Un éternel recommencement

Les dialogues sont nombreux, souvent bien écrits et bien interprétés en anglais, même si certains échanges conservent une dimension très fonctionnelle, typique des RPG de l’époque. Malgré cela, l’ensemble reste solide, notamment grâce à une bande-son réussie qui renforce efficacement l’atmosphère médiévale, même si elle peut devenir répétitive sur la durée.

L’un des aspects les plus marquants du jeu reste sa progression. Ici, monter de niveau ne suffit pas à devenir plus puissant. Le gain de niveaux améliore principalement la santé, tandis que les compétences nécessitent des points spécifiques et l’intervention de formateurs, souvent contre de précieuses ressources.

Le minerai, qui sert de monnaie, est rare en début de partie, ce qui accentue encore la difficulté. Ajoutez à cela un équipement quasi inexistant au départ et un monde où tout le monde peut vous écraser, et vous obtenez une expérience particulièrement exigeante. Les premières heures sont brutales, au point de donner envie d’abandonner à plusieurs reprises.

Dans ce jeu, vous allez devoir choisir votre camps.
Dans ce jeu, vous allez devoir choisir votre camps.Image: THQ Nordic

Et pourtant, c’est précisément dans cette difficulté que Gothic trouve sa force. Progressivement, en apprenant les mécaniques, en comprenant les règles du monde et en acceptant de prendre son temps, le jeu devient profondément satisfaisant. Chaque amélioration, chaque victoire, chaque nouvelle compétence procure un véritable sentiment d’accomplissement. On ressent et constate réellement la progression de son personnage, ce qui est devenu rare dans les productions modernes.

Le jeu offre également une vraie liberté dans son approche. Les quêtes peuvent souvent être résolues de différentes manières, et les premières heures laissent une grande marge de manœuvre dans la progression. Même si le récit finit par converger vers une trame commune, les débuts peuvent varier fortement d’un joueur à l’autre, ce qui renforce la rejouabilité et les échanges entre joueurs.

Si la progression est votre dada, force est de constater que ce Gothic inflige une véritable correction à bon nombre de productions modernes. On en vient presque à se demander comment d’autres titres ne se sont pas davantage inspirés de sa formule.

Au final, Gothic 1 Remake est une expérience à part dans le paysage vidéoludique actuel. C’est un jeu exigeant, frustrant, parfois injuste, à l’image de son système infernal de crochetage. Mais aussi incroyablement immersif et gratifiant. Les joueurs en quête d’un RPG authentique, qui ne prend pas le joueur par la main et assume pleinement sa difficulté, y trouveront une expérience rare.

Note générale: 7.5/10

Les plus et les moins

+ Un univers immédiatement prenant.
+ Une vraie sensation de progression.
+ Une liberté d’approche dans les quêtes.
+ Une direction artistique solide
– Des problèmes techniques trop fréquents
– Lisibilité parfois brouillonne.
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source: sda / michel euler
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