Les fans de Zelda vont se régaler avec ce jeu d'aventures
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Si The Legend of Zelda: Ocarina of Time reste mon opus préféré de la série Zelda de tous les temps, j’avoue nourrir une profonde nostalgie pour les épisodes en 2D. Je pense notamment à A Link to the Past ou encore à Link’s Awakening.
Alors, quand j’ai vu que Square Enix allait nous proposer un titre reprenant les codes des Zelda-like en 2D, je me suis dit «bingo!», d’autant qu’avec un peu de chance, on y retrouverait également des rémanences d’action-RPG cultes de l’époque, à l'instar de Secret of Mana et Chrono Trigger.
Vous l’aurez compris, c’est avec de grandes attentes que je me suis lancé dans The Adventures of Elliot: The Millennium Tales sur Nintendo Switch 2. Le jeu est, par ailleurs, disponible sur toutes les plateformes.
Voici la bande-annonce:
Une aventure en HD-2D
Le jeu est un véritable bonbon visuel pour quiconque apprécie le style HD-2D popularisé par d'autres titres de Square Enix comme Octopath Traveler ou Triangle Strategy. L’ensemble visuel est très soigné, sublimé par de superbes artworks lors des phases de dialogue. La bande-son n’a pas à rougir face aux grandes productions et se voit magnifiée par des doublages japonais de grande qualité et une excellente traduction française.
Sur Switch 2, le jeu brille par sa fluidité, dénué de tout bug ou ralentissement notable. On regrettera simplement la présence de micro-temps de chargement lors de l’entrée dans certains bâtiments ou zones, qui brisent un peu l’immersion sans pour autant être excessifs.
L’aventure de Elliot: The Millennium Tales commence par une intrigue à la fois classique et mystérieuse. On y incarne Elliot, un jeune aventurier dont les origines restent totalement inconnues au début du jeu. Sa vie bascule le jour où il est convoqué par le roi Hichard, qui lui confie la mission d’aller explorer de mystérieuses ruines ancestrales.
Lors de sa première exploration, Elliot met la main sur un artefact particulièrement intrigant appelé la Porte du Temps, qui relie le passé et le présent. Un objet, qui, dans de mauvaises mains, pourrait bien être utilisé pour réécrire l’histoire à son propre avantage.
Eliott est acompagné d'une fée nommée Faie. Ce personnage secondaire est l’un des plus grands atouts du titre, apportant un charme et un plaisir de jeu indéniables. Elle possède une véritable histoire, une personnalité travaillée, et le joueur découvre l’étendue de ses capacités de manière organique au fil de l’aventure.
Dotée de pouvoirs magiques extraordinaires, elle évolue à mesure que l’on visite des sanctuaires magiques à travers le monde. Elle apprend ainsi à s’embraser pour infliger des dégâts aux ennemis, faire fondre la glace ou allumer des torches. En plus d’attaquer directement et de ramasser des objets à distance, elle s’avère d’une aide précieuse pour résoudre les différentes énigmes du jeu.
Pour couronner le tout, les développeurs ont intégré un mode coopératif fort sympathique où un second joueur peut en prendre le contrôle, et on peut également participer à des mini-jeux d’entraînement liés à ses aptitudes pour débloquer des CD de musique à écouter en jeu.
Prenant mais un brin répétitif
Du côté de la structure et de la durée de vie, il est important de noter que le jeu propose plusieurs conclusions distinctes, et le post-game s’avère indispensable pour les amateurs de scénario. La première fin se révèle assez abrupte, provoquant immédiatement un sentiment d’inachevé qui vous poussera à continuer.
La deuxième fin, atteignable après une bonne dizaine d’heures de jeu, apporte une certaine satisfaction, mais laisse encore de côté plusieurs mystères majeurs concernant le scénario. En réalité, si vous souhaitez lever le voile sur l’intégralité du lore, comprendre les véritables enjeux de l’histoire et découvrir la face cachée des différents personnages, il faudra impérativement poursuivre votre partie jusqu’à la troisième fin.
Que les joueuses et joueurs se rassurent, cette quête de vérité ne se perd pas dans un océan de quêtes secondaires génériques mais dans un véritable ode à l’exploration spatiale et temporelle. Le contenu annexe reste limité, ce qui évite d’essouffler le rythme. Il se montre toujours gratifiant car il permet d’approfondir l’histoire, d’obtenir des accessoires spécifiques ou d’augmenter ses capacités de transport pour les bombes et les flèches.
Le tableau aurait pu être parfait, mais le jeu souffre d’un recyclage massif de son contenu qui finit par provoquer une vraie sensation de lassitude. A force de revoir en boucle les mêmes structures de donjons et de réutiliser les mêmes éléments de gameplay, l’aventure bascule malheureusement dans la répétitivité pure et simple.
L'héritage de Zelda
Les amateurs de Zelda en 2D se retrouveront d’ailleurs en terrain connu, car le jeu partage une structure globale très similaire à la franchise de Nintendo. La progression se fait de zone en zone, rythmée par l’avancement du scénario et l’acquisition de nouveaux objets ou compétences. On y retrouve des donjons traditionnels truffés d’ennemis, d’énigmes, de pièges, de coffres, ainsi que des clés classiques et des clés de boss.
Le titre s’amuse de ces similitudes évidentes, reprenant à son compte les herbes à couper ou les bombes, qui servent autant à combattre qu’à détruire des murs fissurés pour révéler des passages secrets.
La jauge de vie délaisse les cœurs pour des gouttes de sang, mais le principe reste identique: on augmente sa santé maximale en trouvant quatre fragments de vie. Sur ce point, les développeurs se sont aussi inspirés des épisodes plus récents comme Breath of the Wild, puisque certains fragments s’obtiennent dans des Autels de vie, des sortes de mini-sanctuaires proposant un défi ou un objectif précis à relever.
Malgré cet héritage évident qu’il assume totalement, Elliot: The Millennium Tales parvient à s’émanciper de son modèle en allant notamment beaucoup plus loin dans sa narration et l’épaisseur de son univers. L’histoire du monde s’étale sur plusieurs années et les personnages profitent d’une écriture soignée. Contrairement à Link, qui reste un héros muet souvent perçu comme une coquille vide stéréotypée, Elliot possède une vraie voix, une histoire propre et exprime de véritables émotions au fil des événements.
Malgré cet héritage évident qu’il assume totalement, Elliot: The Millennium Tales parvient à s’émanciper de son modèle en allant notamment beaucoup plus loin dans sa narration et l’épaisseur de son univers. L’histoire du monde s’étale sur plusieurs années et les personnages profitent d’une écriture soignée. Contrairement à Link, qui reste un héros muet souvent perçu comme une coquille vide stéréotypée, Elliot possède une vraie voix, une histoire propre et exprime de véritables émotions au fil des événements.
Le gameplay gagne également en verticalité grâce à l’ajout d’un bouton de saut qui donne lieu à des phases de plateforme simples mais rafraîchissantes. Enfin, le jeu propose d’excellentes options de confort visuel, permettant par exemple de choisir d’afficher ou de masquer les objectifs des quêtes secondaires sur la carte du monde.
Du meilleur et du moins bon
Elliot: The Millennium Tales reste une expérience extrêmement solide et plaisante. C’est un savoureux mélange d’influences prestigieuses, empruntant sa structure à The Legend of Zelda, sa narration à Final Fantasy, et sa gestion du temps à Chrono Trigger, tout en apportant d’excellentes idées que la licence Zelda elle-même ferait bien de lui envier.
Il est dommage que le voyage dans le temps ne soit finalement qu’un prétexte scénaristique plutôt qu’une vraie mécanique de jeu. Le titre reste trop frileux et n’exploite pas assez ses différentes époques pour transformer sa carte, proposer des énigmes interconnectées ou lier les âges entre eux. Même constat mitigé pour le bestiaire: si certains boss offrent des affrontements intéressants, les ennemis communs manquent de diversité, que ce soit dans leur design ou dans les mécaniques de gameplay.
The Adventures of Elliot: The Millennium Tales s’impose comme un vibrant hommage aux fleurons de l’action-aventure en 2D, transcendé par une technique fluide et une direction artistique de toute beauté.
S’il parvient ponctuellement à surpasser ses modèles grâce à une narration politique plus incarnée, son système de magie inspiré du RPG et l’intégration géniale de la fée Faie, il se prend malheureusement les pieds dans le tapis sur la longueur. Il se pénalise tout seul par des donjons moins inspirés que ceux d’un Zelda canonique, un manque d’audace flagrant dans ses mécaniques temporelles et un recyclage de contenu qui frise l’indigestion si vous visez le 100%.
Il n’en demeure pas moins une aventure extrêmement solide et plaisante avec un savoureux mélange d’influences qui mérite amplement le détour, ne serait-ce que pour l’amour de la nostalgie bien faite.
Les plus et les moins:
+ La bande-son est magistrale
+ La fée Faie aussi utile qu'attachante
– Ennemis qui manquent de variété
– recyclage massif des donjons
